Les feux qui ont fait la manchette
Pendant la saison estivale, les incendies de forêt sont souvent
à la une des bulletins de nouvelles. La forêt québécoise est une ressource
naturelle précieuse procurant de nombreux emplois et loisirs. Au passage d'un
incendie, en plus des arbres qui disparaissent, des biens matériels souvent
irremplaçables peuvent eux aussi s'envoler en fumée. Le Québec n'est pas
à l'abri de tels événements. Voici d'ailleurs quelques exemples survenus
au cours des dernières années.
Lac Gronick
|
Cliquez pour un agrandissement

Source : SOPFEU |
Vers 15 h, le 20 mai 2003, dans la MRC de Maria-Chapdelaine au
Lac-Saint-Jean, un chalet aux abords du lac Gronick prend feu. En quelques
minutes, le feu se propage à la forêt avoisinante et des chalets sont
également détruits.
Vidéo
(Format avi, 22 Mo)
Source : Réseau de l'information de Radio-Canada |
À certains moments, on pouvait même voir des étincelles qui
allumaient des foyers disséminés sur plus de 1 000 mètres. Pour
éviter des pertes de vies humaines, une équipe
de pompiers forestiers a dû faire l'évacuation de quelques résidants du
secteur. L'incendie à la fin de la journée s'étendait sur près de
10 kilomètres.
Au terme du combat, le 19 juin, le feu du lac Gronick laissera
derrière lui un bilan peu enviable. Au total, 6 538 hectares de forêt ont
été brûlés, une dizaine de chalets ont été rasés par les flammes et les
coûts d'extinction se sont élevés à 1 502 984 $.
Cliquez pour un agrandissement

Source : SOPFEU |
|
Dans sa course, l'incendie a épargné certains chalets. Le
fait que leur toiture était couverte de tôle et qu'il y avait une zone de
dégagement autour des bâtiments aura contribué à leur protection.
|

Parc des Grands Jardins
|

|
Le 30 mai 1999, la foudre frappe dans la MRC de Charlevoix et
allume un incendie dans le Parc des Grands Jardins, au cœur d'une des réserves
mondiales de la biosphère de l'UNESCO. Lorsque ce feu est découvert, il
touche déjà une superficie de 3 hectares dans une forêt de résineux. La
vélocité des vents et la topographie accidentée contribuent à rendre violent
le comportement de cet incendie, lequel progresse sur une distance de 5 kilomètres la première journée, rendant le combat difficile. |
|
Source : Richard Berthiaume |
Deux chalets, un garage et une remise brûlent et des
réservoirs de gaz propane situés à proximité de ces chalets explosent.
Plusieurs résidences secondaires sont épargnées grâce à l'installation d'asperseurs
sur les toits des bâtiments. Au total, 100 pompiers forestiers combattent cet
incendie, avec l'aide d'avions-citernes et d'hélicoptères. Les équipes
ne déclarent victoire que dans la matinée du 25 juin alors qu'elles s'affairent
à éteindre les dernières fumées. L'incendie a terminé sa course après
avoir rasé 5 197 hectares de forêt et engendré des coûts d'extinction de
747 128 $.

Parent
Pour la seule journée du 12 août 1995, 46 000 coups de foudre sont enregistrés aux quatre coins de la province.
Dans la MRC Le Haut-Saint-Maurice, les conditions météorologiques semblaient
peu propices à l'éclosion d'un feu : température fraîche, humidité
relative élevée et ciel couvert. En raison de ces
conditions initiales, un feu dans le secteur de Parent aura couvé trois jours
avant d'éclore. L'incendie est signalé le 15 août, maîtrisé le 19 septembre et finalement éteint le 17 octobre.
Lors de cet incendie, une ligne de transport hydroélectrique a
été menacée; des arrosages par avion-citerne auront toutefois permis de la
sauver. De plus, un pont appartenant au Canadien National (CN) ainsi que des
chalets privés, une tour de télécommunication et les chalets d'une
pourvoirie ont été protégés grâce à l'installation d'asperseurs. Une
évacuation complète de la municipalité de Parent aura également été
nécessaire.
L'incendie de Parent aura finalement brûlé 63 317 hectares
de forêt. Sans compter les dépenses en sécurité civile et les dommages
occasionnés, la lutte contre cet incendie aura coûté 5 974 310 $.
Cliquez pour un agrandissement
|

|
|
|
Source : SOPFEU
|
|
Des employés affectés à la lutte contre cet incendie ont
souligné que les bâtiments ayant une toiture couverte de tôle avaient mieux résisté.
|

Forestville
La MRC de Manicouagan n'avait pas enregistré de
précipitations au cours des douze jours précédant le 13 juin 1991. Ce secteur
de la province devenait donc très vulnérable.
À 12 h 32, une machinerie forestière s'enflamme et
le feu se propage à la forêt. En une heure, l'incendie effectue une
progression de 1,5 kilomètre et son intensité limite le travail des équipes
de combat.
Le 19 juin, une interdiction de circuler en forêt est
décrétée par le ministre des Ressources naturelles. La fumée dégagée par l'incendie
envahit les secteurs habités, dont la ville de Baie-Comeau, et on procède à l'évacuation
de 4 000 citoyens de la communauté autochtone de Betsiamites et du
rang 2 de la municipalité de Ragueneau. Pour la sécurité des usagers de la
route 138, tout déplacement se fait par le biais de convois encadrés par la
Sûreté du Québec.
|
Cliquez pour un agrandissement

Source : SOPFEU
|
Du 8 au 15 juillet, les conditions météorologiques permettent
le combat dans différents secteurs du feu. Le 19 juillet, l'incendie se
ravive et force l'évacuation d'une partie du personnel. Finalement, le 27 septembre, on déclare cet incendie éteint; il aura affecté 201 000 hectares de forêt. |
Conséquences de cet incendie : six pourvoiries et une Zec
(zone d'exploitation contrôlée) ont été touchées directement. Elles ont
essuyé des pertes de 1 094 656 $, ce qui équivaut à une
diminution de 39 % de leur chiffre d'affaires.

|