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Portrait territorial



 

Le territoire public de l’Outaouais représente 75 % de la superficie de la région et se concentre principalement dans les MRC de Pontiac et de La Vallée-de-la-Gatineau. L’exploitation forestière est la principale contribution du territoire public à l’économie régionale, suivie de près par les activités fauniques et récréatives.


L’Outaouais est une région de contrastes. L’élément le plus marquant des paysages de l’Outaouais est la présence de deux formations fort distinctes, soit le massif laurentien et les vallées des principales rivières. Ces distinctions créent de la disparité et influencent la gestion du territoire public, car les pressions d’utilisation diffèrent et les modalités d’intervention varient selon la nature des ressources.

Deux types de rapport avec le territoire public

La population urbaine se concentre autour du pôle Gatineau–Ottawa, qui offre un vaste bassin d’emplois et de services. Son rapport avec le territoire public se fait principalement par les activités récréatives, soit la randonnée, l’écotourisme ou la villégiature. Les infrastructures pour pratiquer ces activités sont d’ailleurs situées à proximité. La protection du territoire pour assurer un milieu propice à la pratique de ces activités est l’une des préoccupations des citadins. Ainsi, le territoire public a un impact relatif sur la vie économique urbaine.

Quant à la population rurale, elle est partagée entre trois MRC (Papineau, Pontiac et La Vallée-de-la-Gatineau). Ses activités sont liées à l’exploitation des ressources agricoles et forestières du territoire public. Son rapport avec le territoire public est très différent de celui des citadins. Le territoire public est avant tout une source de revenus, mais aussi un lieu pour la pratique d’activités telles que la chasse, la pêche, la villégiature et la motoneige.

L’économie de ces milieux de vie est également bien différente. La présence de la capitale fédérale fait de la ville de Gatineau un secteur de services par excellence, particulièrement en ce qui a trait à l’administration publique et au tourisme. Ainsi, le taux de chômage y est relativement plus bas et les salaires y sont plus élevés que dans le reste de la région. La ville de Gatineau et ses environs profitent des retombées de ces d’emplois.

La situation est fort différente pour les milieux ruraux où l’économie est tournée vers l’exploitation forestière et le tourisme. Les communautés rurales dépendent davantage des ressources du territoire public, d’où la volonté des MRC de participer à la gestion de ce territoire. À cet égard, la délégation de certaines activités de gestion foncière et forestière constitue une forme de partenariat retenue par le gouvernement et les MRC.

Sur le plan économique, la répartition des activités est également influencée par la topographie. Les activités autant forestières que fauniques se font dans le massif laurentien, tandis que les activités liées à la prestation de services et à l’agriculture se font principalement dans les vallées habitées de l’Outaouais. Seules les activités récréotouristiques sont présentes sur tout le territoire. Elles devraient occuper une plus grande place au cours des prochaines années. Le nombre de projets ne cesse de croître.

Vers une harmonisation des utilisations

L’Outaouais se distingue du reste du Québec par la composition de la forêt. Les peuplements de feuillus dominent en territoire public, ce qui permet une diversification des produits forestiers offerts. La production et la transformation du bois de type feuillu s’avèrent des activités prometteuses pour l’économie de la région. Le milieu vise à implanter davantage d’entreprises de deuxième et troisième transformation de la matière ligneuse et de ses sous-produits.

Les composantes territoriales protégées, telles que les aires de confinement du cerf de Virginie ou les milieux forestiers particuliers, sont situées à proximité de l’occupation humaine. C’est pourquoi de grandes superficies de territoire public font l’objet d’une protection à proximité de ces secteurs. La pression d’utilisation y est d’ailleurs la plus forte et les ressources y sont les plus sensibles. La protection du patrimoine naturel, qui est une préoccupation grandissante pour la population régionale, a fait croître les demandes pour la protection de nouveaux éléments naturels d’intérêt et sensibles.

Ces diverses utilisations du territoire public entraînent une superposition de droits et statuts, particulièrement aux endroits les plus convoités. À cet effet, la superficie de l’ensemble des droits et statuts consentis sur le territoire public correspond à plus d’une fois et un tiers de sa superficie, soit plus de 46 913 km2, auxquels s’ajoutent les droits linéaires tels que les lignes de transport d’énergie et les sentiers de toutes sortes. En plus de ces utilisations, les projets de développement couvrent environ 7 700 km2. Ces chiffres démontrent les possibilités d’utilisation du territoire public ainsi que la complexité de sa mise en valeur. Ils illustrent bien les défis que représentent la cohabitation territoriale et l’harmonisation des usages.

Cette superposition de droits entraîne la participation des nombreux intervenants concernés tant dans la gestion que dans l’utilisation des ressources et du territoire public. Dans leurs efforts de concertation, ils tentent de concilier leurs intérêts et la préservation des ressources. Tous reconnaissent la nécessité de développer les communautés locales afin d’assurer la viabilité de ces milieux.

Voir également

Portrait territorial - Outaouais (Format PDF, 24,7 Mo)