Juin 2011    Imprimer cet article

Le développement durable des ressources minérales : au cœur du Plan Nord

Joanie Vallerand,
Direction des communications, MRNF

Le 9 mai dernier, le gouvernement du Québec lançait le Plan Nord, un ambitieux projet de développement durable du Québec nordique. Il s’agit sans nul doute du plus important chantier de développement de notre époque. Il se déploiera sur une période de 25 ans et entraînera des investissements de plus de 80 milliards de dollars en plus de créer ou de consolider en moyenne 20 000 emplois par année.

Le Plan Nord aura des retombées positives dans plusieurs sphères d’activité au nord du 49e parallèle et tout particulièrement dans le secteur minier. Rappelons que l’exploitation minière représente déjà une part considérable de l’économie du Nord québécois et de l’ensemble du Québec. Le Nord assure la totalité de la production québécoise de nickel, de cobalt, d’éléments du groupe du platine, de zinc, de minerai de fer et d’ilménite, ainsi qu’une part importante de la production d’or. Il recèle également du lithium, du vanadium et des éléments de terres rares utilisés dans une multitude de domaines liés à l’énergie, aux transports et à la haute technologie. Quant à l’uranium et au diamant, leur potentiel y est également élevé comme le démontrent les projets de mise en valeur dans le secteur des monts Otish.

On dénombre déjà au moins 11 nouveaux projets qui pourraient être lancés au cours des prochaines années sur le territoire du Plan Nord. À terme, le développement de ces seuls projets engendrerait 8,24 milliards de dollars d’investissements et créerait 11 000 emplois durant la construction, générant ensuite près de 4 000 emplois par année pendant l’exploitation.

Infrastructures

Avec l’avènement d’un aussi gros chantier, il va de soi que les infrastructures au nord du 49e parallèle devront être améliorées. En outre, le gouvernement privilégiera l’établissement d’un réseau de transport intégré qui permettra d’accéder aux territoires présentant le plus grand potentiel économique. Pour cela, il adopte une nouvelle approche qui consiste à mettre en place des partenariats novateurs avec le secteur privé afin de maximiser le développement d’infrastructures en lien avec les projets de développement économique.

Les priorités d’action en matière de transport sont les suivantes :

La réalisation d’études pour évaluer la faisabilité de la construction d’un lien terrestre (routier ou ferroviaire) de Kuujjuaq vers le sud, de l’aménagement et de la rentabilité d’un port en eau profonde à proximité de Whapmagoostui-Kuujjuarapik et de la construction d’un lien terrestre entre ce dernier et Radisson en font aussi partie.

De plus, le développement du Nord et l’arrivée de travailleurs de l’extérieur placeront les partenaires du Plan Nord devant un défi en matière d’infrastructures d’accueil, d’hébergement et de logement à l’échelle du territoire. Ainsi, les promoteurs devront intégrer dans leurs projets une composante « logement » afin d'améliorer la capacité d’accueil des travailleurs venus de l’extérieur et de leurs familles.

Acquisition et intégration de connaissances géoscientifiques dans le système d’information géominières (SIGEOM)

Même s'il y a nombreux projets en cours dans le Nord québécois, le potentiel des ressources minérales dans ce territoire est loin d’être entièrement connu. Dans le but de faciliter la recherche et l’accès au potentiel minéral dans le Nord québécois, Géologie Québec a lancé un ambitieux plan d’acquisition de connaissances géoscientifiques pour stimuler l’exploration dans cette région. Ce plan permettra de cartographier le territoire et de réaliser des levés géoscientifiques aéroportés afin d’identifier et de faire connaître des unités géologiques susceptibles de présenter un intérêt économique. Cela aura pour effet de stimuler l’exploration.

Cette mesure se concrétise grâce au Fonds du patrimoine minier. Le Fonds est financé par une partie des redevances perçues auprès des sociétés minières. L’enveloppe du Fonds consacrée aux travaux d’acquisition de connaissances géoscientifiques pour l’ensemble du Québec sera de 120 millions de dollars sur 10 ans. Ces travaux impliquent notamment de la cartographie géologique, des levés géophysiques et des levés géochimiques. Ils seront principalement réalisés à la Baie-James, au Nunavik et sur la Côte-Nord.

Aires protégées et protection de l'environnement

Comme le développement du Nord québécois implique la désignation de nouvelles aires protégées, afin d’atteindre l’objectif de 12 %, ainsi que la mise en réserve de 50 % du territoire afin de le mettre à l’abri de toute activité industrielle, il est primordial de bien établir le potentiel minéral ainsi que le potentiel historique et culturel en milieu autochtone avant de soustraire des territoires à l’activité industrielle. À cet égard, le groupe de travail Mines du Plan Nord croit que la création de toute nouvelle aire protégée devrait être précédée de travaux de cartographie réalisés par le gouvernement en tenant compte de toutes les substances minérales d’intérêt.

Les priorités d’action dans le domaine minier sont d’ailleurs les suivantes :

Le Plan Nord recèle de grandes promesses pour le développement du territoire au nord du 49e parallèle. Le boom minier actuel favorisera et accélèrera la mise en œuvre de ce plan, grâce à l’appui de l’industrie minière. Inversement, de nombreuses mesures prévues dans le Plan Nord encourageront l’exploration et l’exploitation responsables des ressources minérales de ce territoire et donneront un bon coup de pouce aux entreprises minières qui souhaitent s’y installer.

Tout semble en place pour que le « chantier d’une génération » tienne ses promesses pour tous ses acteurs, au profit de tous les Québécois.

 

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