Mars 2011    Imprimer cet article

Les sites géologiques exceptionnels, une initiative pour la protection de la géodiversité

Dominique Richard, géologue, M. Env.,
Ministère des Ressources naturelles et de la Faune

La géodiversité est, selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), « toute la variété de roches, de minéraux, de fossiles, de topographies, de sédiments et de sols, ainsi que les processus naturels qui les forment et les altèrent ». Certaines fenêtres géologiques ou géomorphologiques, appelées « géosites ou géoparcs », représentent des éléments importants de géodiversité qui ont contribué à reconstituer l’histoire de la Terre. Afin de préserver ces sites géologiques pour les générations futures, la Loi québécoise sur les mines a été modifiée en 2005 afin de leur attribuer un statut légal sous l’appellation de sites géologiques exceptionnels (SGE).

Qu’est-ce qu’un site géologique exceptionnel?

L’article 1 de la Loi sur les mines définit un SGE comme étant : « un terrain dont les caractéristiques géologiques, géomorphologiques, paysagères ou biologiques présentent un intérêt du point de vue de l’enseignement, de la recherche scientifique ou de la conservation et qui mérite d’être protégé en raison notamment d’une menace, de sa rareté ou de sa vulnérabilité ». Les SGE sont divisés en douze (12) catégories : caverne, grotte, site fossilifère, minéralogique, lithologique, stratotype, historique ou culturel, paysage, géosystème, écosystème, impact météoritique, structure et modelé glaciaire.

Objectif et finalité

Le principal objectif visé par le classement légal d’un SGE est d’assurer sa préservation. Ainsi, la Loi sur les mines permet au ministre de classer légalement un SGE par un avis publié dans la Gazette officielle du Québec. Les limites précises des SGE sont indiquées sur des cartes conservées au bureau du registraire.

Si un SGE respecte la définition d’une aire protégée de la Loi sur la conservation du patrimoine naturel du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP), il sera alors inscrit au registre des aires protégées et pourra figurer par la suite dans la Banque de données mondiales sur les aires protégées (BDMAP) tenue conjointement par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et l’UICN.

Historique des SGE

En juin 1992, lors de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement tenue à Rio de Janeiro, 150 pays, dont le Canada, ont signé la Convention sur la diversité biologique. Le gouvernement du Québec adhère aux principes et aux objectifs de cette convention.

À l’automne 2001, le gouvernement du Québec dévoilait la Stratégie québécoise sur les aires protégées (SQAP). Cette stratégie implique principalement les ministères qui interviennent sur le territoire, soit le MDDEP et le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF). Elle contient les bases du développement durable et a pour but de protéger 8 % du territoire québécois, sous forme d’aires protégées, afin d’assurer l’équilibre et l’avenir de la planète.

En 2005, la Loi sur les mines a été modifiée et des dispositions ont été prises pour classer et protéger les sites géologiques exceptionnels. Pour plus d’information, vous pouvez consulter la Loi sur les mines (L.R.Q., c. M-13.1).

En mars 2009, l’objectif de la SQAP visant à protéger 8 % du territoire québécois a été atteint. Une cible de 4 % supplémentaire a alors été ajoutée à l’objectif initial. Il est maintenant prévu que 12 % du territoire québécois sera protégé avant 2015.

Actuellement, aucun SGE n’a encore été reconnu légalement mais, en 2009 et en 2010, 63 géosites ont été présentés pour consultation. L’objectif du MRNF est de classer officiellement 50 SGE d’ici à juin 2013.

Processus de sélection et de consultation

Dans l’objectif de classer légalement les SGE, le MRNF s’est donné des lignes directrices décrivant les étapes à suivre. Sommairement, elles consistent en la réception et l’évaluation du site proposé, en la préparation d’une fiche descriptive et en la vérification des droits, titres et permis rattachés au site. Ensuite, un processus de consultation est amorcé dans les différents secteurs du MRNF et, dans un second temps, auprès du MDDEP, des communautés autochtones et urbaines, des municipalités et des associations professionnelles minières.

Lorsque ces étapes sont terminées et qu’aucun obstacle ne contrevient à la reconnaissance légale du site, le ministre des Ressources naturelles et de la Faune est en mesure de classer officiellement le site par un avis publié dans la Gazette officielle du Québec.

Comment soumettre une proposition de SGE

Depuis la modification de la loi ayant pour but de reconnaître légalement les SGE en 2005, plus de 300 géosites ou géoparcs ont été proposés par de généreux informateurs passionnés par la géologie et la nature.

Vous désirez obtenir plus d’information sur les SGE? Vous pouvez consulter le site Internet du MRNF sur les sites géologiques exceptionnels.

Vous désirez proposer un SGE? Vous pouvez télécharger le formulaire de proposition. Une fois rempli, le formulaire peut être transmis par courrier ou par courriel à :

Ministère des Ressources naturelles et de la Faune
Direction de l’information géologique du Québec
880, chemin Sainte-Foy, 3e étage
Québec (Québec) G1S 4X4

Courriel : geosites@mrnf.gouv.qc.ca

Exemples de SGE

Pour vous donner une idée plus concrète de ce que représente un site géologique exceptionnel, le site Internet du MRNF présente quelques exemples de géosites qui ont été proposés.

De plus, plusieurs des sites proposés sont décrits sous forme d’affiche dans la série de documents GT disponible dans la banque de données Examine :

GT 2009-05 - Le parc Leblanc - roches volcaniques et effet des glaciers. 2009,  par  Lelcerc, F., De Corta, H. 

GT 2009-06 - Le parc Allard - roches volcaniques et effet des glaciers.  2009, par  Leclerc, F., De Corta, H.

GT 2009-07 - Les canelures glaciaires de la rivière du Sault Plat.  2009,  par  Martineau, G.

GT 2009-09 - Les plus anciennes roches de la planète découvertes dans le nord du Québec.  2009, par Maurice, C., O'Neil, J. 

GT 2002-01 - Géologie du parc national d’Aiguebelle : « Marchez sur des milliards d’années ».  2003,  par  Goutier, J., Melançon, M.  1 microfiche.

GT 92-01 - Minéraux du mont Saint-Hilaire, Québec.  1992, par  Remick, J. H., Bellemare, Y.  1 Poster couleur format 96,5 X 63 cm. 1 microfiche.

GT 88-01 - Mont Saint-Hilaire, une des collines montérégiennes. 1988,  par  Lasalle, Y. 1 Poster couleur de format 63 X 96.5 cm. 1 microfiche.

GT 003 - La chute Montmorency. 1968, par Bureau, R., Riva, J.  23 pages.  1 microfiche.

GT 002 - L’histoire géologique de la région de Percé. 1968, par  McGerrigle, H. W.  34 pages.  Carte 1627 (Échelle 1/63 360). 1 microfiche.

Finalement, une affiche sur le patrimoine géologique décrit sommairement plusieurs de ces sites :

GT 2007-03 - Le patrimoine géologique du Québec. 2007, par MRNF. 

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