Juin 2010    Imprimer cet article

SIGEOM 2010 : une nouvelle approche

Charles Roy
Direction de l'information géologique du Québec

Une nouvelle version de l’application SIGEOM sera déployée au mois de juin 2010. Elle présente des changements substantiels par rapport à la précédente et viendra concrétiser le virage « résolument base de données » de la production géoscientifique de Géologie Québec, et ce, sans changements substantiels pour les utilisateurs.

Qu'est-ce que SIGEOM?

 

Retour sur la petite histoire du SIGEOM

Le SIGEOM a été conçu au début des années 1990. Il est issu d’une volonté de présenter les informations géoscientifiques intégrées dans des documents cartographiques électroniques, avec une légende unique. Ces cartes étaient inspirées des cartes de compilation des années 70 et 80 qui avaient été fort appréciées par l’industrie de l’exploration minière à l’époque. Le SIGEOM est également issu d’un besoin de produire des cartes en couleurs; les premières ont été produites au début des années 2000. Ainsi, pour tirer profit des technologies numériques (géomatique) et intégrer diverses familles de données géoscientifiques, une carte géométrique et une carte descriptive sont créées. Lorsqu’elles sont combinées, ces cartes géométriques et descriptives forment un fichier numérique géomatique. L’impression de la carte géométrique donne quant à elle un produit semblable aux cartes papier traditionnelles. Dès lors, la clientèle de SIGEOM a donc le choix entre un produit traditionnel ou un produit numérique.

Depuis la première carte SIGEOM en 1993, 44 000 cartes ont été produites.

Le monde informatique est en perpétuel changement

Tous ceux qui ont vu les premières générations d’ordinateurs et connaissent aujourd’hui le Ipod Touch sont à même d’apprécier le chemin parcouru. Ainsi, nous sommes passés d’une machine imposante avec une interface textuelle exigeante pour les utilisateurs à un petit objet qui permet de consulter la bibliothèque virtuelle de l’humanité sans effort de concentration.

Comment en sommes-nous arrivés là? Eh bien, en révisant constamment les façons de faire sur le plan des technologies matérielles (puce, mémoire, interface tactile, etc.), des technologies logicielles (services, Internet, synergie entre les applications) et des données. Ces dernières sont de nos jours stockées dans des entrepôts multiples, réparties sur des centaines de milliers de serveurs, liées ensemble par des clés et des index et chargées sur les ordinateurs, selon les besoins des utilisateurs.

Le SIGEOM a lui aussi vécu des transformations majeures au fil des années, migrant successivement d’une plateforme DOS (Disk Operating System) à une plateforme Windows, de plusieurs bases de données distribuées à une seule base de données centralisée jusqu’à une interface Internet de diffusion… Aujourd’hui, une révision en profondeur des processus, de la technologie et de l’architecture des données s’imposait.

SIGEOM 2010 : une approche basée sur les données

Avec SIGEOM 2010, les cartes deviennent un sous-produit des données. Ce sont dorénavant les données stockées qui sont, au besoin, présentées sous forme de cartes. Un des avantages de cette nouvelle approche est de stocker, par exemple, une faille comme un seul objet –géologique– sans avoir à la répéter pour chaque feuillet (ou découpure standard du territoire). Prenons la faille de Cadillac : celle-ci sera un seul objet dans la base de données, qu’on pourra limiter à un feuillet à des fins de représentation cartographique.

La nouvelle architecture du SIGEOM ne compte plus de cartes, elle ne compte que des données qu’on utilise selon les besoins. Est-ce à dire qu’on ne fera plus de cartes de terrain, de cartes couleur, de cartes à petite échelle? Non, bien sûr! Toute la mécanique est en place pour faire des cartes et, sur le plan technique, cela sera même plus facile qu’avant. Celles-ci feront partie des produits SIGEOM offerts tant à l’interne qu’à l’externe, comme toujours. En fait, ce changement d’approche et d’architecture sera transparent pour les utilisateurs. Par contre, il permettra, d’ici quelques années, d’avoir une couverture en continu de la géologie du Québec. Les zones géologiques ne seront plus restreintes aux limites de feuillets et les représentations à diverses échelles s’en trouveront facilitées.

En introduisant ces changements dans le SIGEOM, la porte est ouverte pour d’autres modifications qui auront une influence sur les utilisateurs, par exemple la simplicité avec laquelle ils pourront rechercher de l’information géoscientifique et la consulter. Une percée dans les technologies associées aux applications de masse comme Google, Google Earth, les Wikis, Wikipédia, est aussi envisagée. SIGEOM, c’est clair, est déjà en piste pour une diffusion prochaine des données géoscientifiques sur un Ipod : c’est à suivre…

La figure suivante montre les failles régionales qui chevauchent le Supérieur et le front du Grenville dans la région de Chibougamau.

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