Restauration du site n° 1 du complexe minier Eustis
(Municipalité du canton de Hatley)
Des travaux de restauration de l’ancien site minier Eustis 1 ont été effectués en 2007 et 2008, au coût de 2,6 M$. Le site Eustis est inscrit à l’inventaire des sites contaminés sous la responsabilité du gouvernement du Québec.
De façon générale, la méthode de restauration a consisté à couvrir les résidus miniers à l'aide d'une barrière imperméable dans le but de les isoler de tout processus d’oxydation, de limiter l'infiltration des eaux de précipitation et, conséquemment, d’éliminer le drainage minier acide.
La réalisation de tous ces travaux a fait l’objet d’un certificat d’autorisation délivré par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs. De plus, la démarche s’est faite en étroite collaboration avec la Municipalité du canton de Hatley et la Fondation des villages miniers Capelton, propriétaire du terrain.
Historique
L’activité minière dans la région de l’Estrie remonte au XIXe siècle. Des activités d’exploration minière menées au cours des années 1840 ont permis de découvrir plusieurs gisements de cuivre et de pyrite. Les premières mines ont vu le jour dans les années 1850. Toutefois, l’extraction du cuivre en Estrie a pris son essor dans les années 1860 en raison de la très forte demande causée par la guerre de Sécession (1861-1865).
L’extraction du cuivre s’est rapidement concentrée dans le comté d’Ascot où les mines Capelton et Eustis ont été mises en exploitation. Le complexe industriel et minier de Capelton fut en exploitation de 1865 à 1939. La mine Eustis a été connue sous les noms de Lower Canada (1865), Hartford (1866-1872), Crown (1872-1888) et Eustis (1888-1939). Avec une profondeur de 2 260 m, elle fut pendant longtemps la mine de cuivre la plus profonde au Canada.
L’exploitation minière souterraine fut d’abord effectuée par le puits Hartford situé sur le plus vieux site, le site Eustis 3. Le minerai extrait subissait un tri manuel sur place avant d’être acheminé au site Eustis 1 pour y être traité par grillage. À partir de 1879, l’extraction du minerai de la mine fut pratiquée par une galerie à flanc de coteau qui rejoignait le puits Hartford. Le creusage de ce tunnel a donné naissance au site Eustis 2, les roches stériles provenant du fonçage ainsi que des opérations de tri manuel étant déposées en bordure du ruisseau Eustis. La mine cessa ces activités en 1939.
Localisation du site Eustis
Le site minier Eustis est situé à environ 9 km au sud de la ville de Sherbrooke, dans la Municipalité du canton de Hatley, Il se compose de trois sites dont un parc à résidus (Eustis 1) et deux haldes à stériles (Eustis 2 et 3). Les résidus miniers de la mine Eustis sont générateurs de drainage minier acide. La superficie totale de ces trois sites est d’environ 15 hectares.

Le site Eustis 1 est situé sur le chemin Stafford, en bordure de la rivière Massawippi. Il occupe une superficie d’environ 11 hectares. Le site est divisé en trois zones : l’ancienne voie ferrée convertie en piste cyclable reliant la municipalité de North Hatley et la ville de Lennoxville scinde le site Eustis 1 en deux portions (A et B), alors que le chemin Stafford sépare le site Eustis 1A d’une petite halde connue sous le nom de cellule expérimentale. L’aire d’entreposage des résidus miniers prend la forme d’un monticule d’environ 20 mètres de hauteur à quelques mètres seulement en amont de la piste cyclable et à l’est du chemin Stafford (Eustis 1A).
Une zone d’épanchement s’étend de la piste cyclable jusqu’à la rivière Massawippi sur une longueur d’environ 300 mètres (Eustis 1B). Enfin, le site comprend la cellule expérimentale, située à l’ouest du chemin Stafford, cette dernière ayant fait l’objet de travaux de restauration au milieu des années 1990.

Site Eustis 1 et ses composantes
Le site Eustis 2 comporte des stériles miniers et occupe une superficie de 1,5 hectare. Il se trouve à environ 700 mètres au nord de la route 108, en bordure du ruisseau Eustis.

Site Eustis 2
Le site Eustis 3 est situé à flanc de colline, en bordure du ruisseau Eustis, à plus d’un kilomètre au nord du site Eustis 2. Il comporte des stériles miniers et occupe une superficie de 3 hectares.

Site Eustis 3
Les eaux du ruisseau Eustis se jettent dans la rivière Massawippi.
Problématique liée à la présence du drainage minier acide1
Les problèmes environnementaux liés à ce site ne datent pas d’aujourd’hui. Dès le début des opérations, l’élimination du soufre contenu dans le minerai se faisait par grillage du minerai déposé sur un lit de charbon auquel on mettait le feu et qui, par oxydation des sulfures, brûlait pendant environ 70 jours. Le grillage causait des émanations de soufre qui affectaient le milieu environnant et avaient des effets néfastes sur le bétail et la santé humaine. À partir du début des années 1880, ce procédé fut abandonné au profit d’une usine de concentration par flottation.
Plus de 70 ans après la cessation des activités minières, la présence de résidus miniers sulfureux constitue le principal problème du site minier Eustis. Le drainage minier acide généré par l’oxydation des sulfures de fer contenus dans les résidus miniers constitue une source importante de contamination du ruisseau Eustis et de la rivière Massawippi.
En 1983, des relevés effectués par le ministère de l’Environnement ont démontré que l’eau du ruisseau Eustis était très acide avec un pH de 2,3. En 2003, Berryman2 a relevé dans le ruisseau Eustis des concentrations notamment en cadmium, en cuivre, en fer, en plomb et en zinc respectivement de 41, 2 490, 67, 25 et 65 fois plus élevées que les critères de la protection de la vie aquatique. Quant à la rivière Massawippi, elle est touchée par la contamination provenant du site Eustis 1 combinée à l’apport en métaux provenant du ruisseau Eustis.
Restauration du site Eustis 1
Au début des années 1990, la cellule expérimentale a fait l’objet de travaux visant le recouvrement étanche des résidus miniers avec des résidus de désencrage afin de limiter l’infiltration. En raison de problèmes d’instabilité de la pente du talus et d’odeurs, des travaux correcteurs sont nécessaires.
En novembre 2006, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune a entrepris des travaux visant la restauration du site Eustis 1. Sur la base des renseignements recueillis lors de la caractérisation du site, le scénario de restauration fut déterminé et suivi de la préparation des plans et devis de construction et du document d’appel d’offres.
Les travaux de restauration du site Eustis 1 ont été amorcés en 2007 et complétés en novembre 2008. Ils comprenaient notamment :
La réalisation des travaux a nécessité la fermeture temporaire du chemin Stafford pour ainsi assurer la sécurité des usagers et permettre la circulation des véhicules de type hors route. De même, pour la piste cyclable, une voie temporaire de contournement a été aménagée en bordure de la plaine inondable (Eustis 1B) lors des travaux en bordure de la piste cyclable.
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Vues avant et après des travaux sur la cellule Eustis 1A |
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Vues en avant-plan de la plaine d’inondation (Eustis 1B) et, |
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Restauration des sites Eustis 2 et 3
À la suite d’une caractérisation des lieux, les concepts de restauration de ces deux sites ont été arrêtés. Ces concepts visent le confinement des stériles miniers sous une couverture étanche composée d’une géomembrane sur laquelle seront mises en place une couche de terre et un couvert végétal. Des fossés seront aménagés en amont de ces deux sites afin de capter et d’acheminer les eaux de surface directement au ruisseau Eustis.
Les travaux devraient être entrepris en juin 2009 et se terminer au plus tard en novembre de la même année.