École de terrain Abitibi 2008
Pleins feux sur l'expertise du Québec
Robert Maquis et Sylvain Lacroix,
Ministère des Ressources naturelles et de la Faune
Denis Bois, Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue
A. Cheilletz, ENSG-INPL, France
Le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) et l’Université du Québec en Abitibi-Temiscamingue (UQAT) ont récemment mis sur pied un projet visant à favoriser le recrutement de géologues qualifiés aptes à répondre rapidement et efficacement aux besoins de l’industrie minière. L’École de terrain Abitibi 2008 s’adresse en priorité aux étudiants en géologie en fin d’études, issus des universités francophones hors Québec, et ce, dans le but de développer des compétences communes en géologie appliquée. L’École nationale supérieure de géologie de Nancy en France apporte son savoir-faire dans le domaine et constitue la tête de pont pour le recrutement des étudiants.
L’École de terrain s’est déroulée cette année sur deux semaines, soit du 11 au 23 mai dernier. Elle vise à développer chez les étudiants un savoir-faire très concret au moyen d’un exercice pratique encadré par les professionnels du MRNF et de l’UQAT. L’exercice de terrain s’avère en effet le meilleur outil pédagogique tant pour ses aspects techniques qu’humains, puisqu’il permet une véritable confrontation de l’étudiant avec la réalité géologique, économique et sociologique qui l’entoure.
L’enseignement sur le terrain est organisé en ateliers et en exercices personnels pour les étudiants. Celui-ci tourne autour des thématiques essentielles propres au contexte de l’Abitibi : volcanisme et gisements de métaux de base, gisements d’or orogéniques et plutoniques, géophysique appliquée à l’exploration et formations superficielles. Un accent particulier est mis sur les aspects de la santé, de la sécurité, du transport, des communications, des cheminements et du positionnement. Les étudiants sont évalués et peuvent bénéficier de crédits d’enseignement.
Plusieurs entreprises privées ont offert leur soutien lors de la formation. La Société Xstrata-Cuivre réalise une activité portant sur la réalisation des journaux de forage alors que la Société Abitibi-Géophysique met à profit son expertise en géophysique appliquée. Enfin, la Société Agnico-Eagle apporte son concours à l’aide d’un exercice de cartographie en mine souterraine.
L’École de terrain Abitibi 2008 inclut également un stage de trois mois en entreprise proposé par des compagnies qui exploitent des mines sur le territoire québécois ainsi que par le MRNF. Les compagnies partenaires participent au financement de l’École de terrain qui est également soutenue par Emploi-Québec. Cette année, Soquem, Ressources Cartier, Adventure Gold, Mines Aurizon et Exploration NQ ont décidé de s’associer à cette aventure pédagogique et industrielle. L’École a permis à 12 étudiants de la francophonie en provenance de France, du Maroc et de la Guinée de se familiariser avec la géologie et les conditions d’exercice de la profession au Québec.

Financement des activités géoscientifiques
Lors du Discours sur le budget 2008-2009, le gouvernement du Québec a annoncé l’octroi de crédits additionnels de 2 millions de dollars en 2008-2009 et en 2009-2010 au ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec pour la poursuite des travaux géoscientifiques du Plan cuivre. Ces travaux visent à favoriser la découverte de cuivre en sol québécois afin d’en assurer l’approvisionnement à long terme.
Le gouvernement a également annoncé la création du Fonds du patrimoine minier. Celui-ci sera financé grâce aux redevances versées par les entreprises en échange de l’exploitation des ressources minérales sur le territoire québécois.
Il servira à financer les travaux géoscientifiques de Géologie Québec qui a pour mandat de déterminer les secteurs géographiques stratégiques pour des travaux d’exploration ainsi que de promouvoir le potentiel minier des différentes régions québécoises dans une perspective de développement durable.
En 2008-2009, Géologie Québec poursuivra d’ailleurs plusieurs des travaux géoscientifiques amorcés ou réalisés en 2007-2008, notamment :
- les synthèses géologiques dans les régions de Rouyn-Noranda, de Preissac et de Chibougamau, ainsi qu’une nouvelle synthèse près de Matagami (Plan cuivre);
- la cartographie à l’échelle de 1/250 000 du secteur situé à l’ouest de Schefferville (Grand Nord);
- la cartographie à l’échelle de 1/50 000 du secteur situé à l’est du projet Éléonore (Opinaca);
- la cartographie à l’échelle de 1/50 000 d’un secteur situé au nord de Labrieville (Côte-Nord);
- de nouveaux levés géophysiques aéroportés dans la région de la Baie-James;
- de nouveaux levés d’échantillonnage de sédiments de fonds de lac et des analyses d’anciens échantillons dans la partie est de la Province de Grenville.
Un compte-rendu détaillé des travaux géoscientifiques avec leur localisation sera publié dans le numéro d’octobre du Québec mines. Surveillez également les nouvelles publications lors du congrès Québec Exploration 2008!

Québec Exploration 2008
Québec Exploration est de retour cette année avec son édition 2008, dont le contenu riche en nouveautés saura plaire à tous.
C’est sous le thème : « Trouvez votre filon, explorez au Québec! » que se tiendra la 6e édition de cet événement qui se déroulera du 24 au 27 novembre 2008 au Fairmont Le Château Frontenac. Cette année, Québec Exploration permettra à ses participants de profiter des célébrations du 400e de la ville de Québec.
Sous la présidence d’honneur de M. André Gaumond, président et fondateur de Mines Virginia inc., Québec exploration présentera un programme de conférences pour tous les goûts :
Une trentaine de conférences aborderont les thèmes suivants :
- Nouvelles frontières et nouvelles connaissances
- Investissement minier – que nous réserve 2009?
- Les communautés autochtones et l'exploration au Québec
- Le shale d’Utica : un gisement de gaz naturel de classe mondiale?
- L’or, un filon durable
- L’exploration au Québec, une riche histoire
Des conférenciers émérites de renommée internationale seront aussi présents. On pense notamment à Greg Stott, Ph. D. de l’Ontario Geological Survey, qui a dédié sa carrière à l’étude de la géologie du Précambrien en Ontario, à Jeremy Richards de l’Université d’Alberta, spécialiste de la genèse des dépôts épithermaux et porphyriques de cuivre et d’or, à Dan Jarvie, président de la Worldwide Geochemistry du Texas, expert mondial des shales gazéifères, et à John A. Kaiser, analyste financier et spécialiste reconnu en investissement minier.
Plus de 150 exposants commerciaux et géoscientifiques sont également attendus.
Nouveauté cette année : une carothèque installée sur le site de l’événement permettra aux compagnies d’exploration minière d’exposer les résultats de leurs forages.
Il y aura également au programme des ateliers, des sessions interactives, le forum exploration/investissement, une demi-journée porte ouverte pour les étudiants et le grand public ainsi que des activités sociales pour agrémenter le tout!
Plus de 2 000 participants sont attendus!
Pour en savoir plus, il suffit de consulter dès maintenant le site Internet de Québec Exploration.

Les meilleures politiques minières au monde!
La onzième enquête internationale sur les sociétés minières menée par l’Institut Fraser a permis au Québec de se hisser au premier rang mondial dans le palmarès 2007 des meilleurs environnements pour l’investissement minier.
Ce classement exceptionnel est attribuable à la nature des politiques minières québécoises que l’Institut a qualifiées de « meilleures au monde ». Le potentiel minéral du Québec y est aussi pour beaucoup puisqu’il a été désigné par l’Institut Fraser comme étant le « meilleur au Canada et le deuxième au monde ».
Grâce à cette performance parfaite, le Québec arrive bon premier devant le Nevada, le Chili, le Mexique, l’Australie de l’Ouest, le Brésil et la Russie. À l’échelle du Canada, le Québec devance également le Manitoba, le Yukon et la Colombie-Britannique.
Cette reconnaissance n’est pas étrangère à la période d’essor incomparable que vit le Québec en matière d’investissements miniers. En effet, depuis quelques années, le prix des ressources est élevé et les occasions d’expansion abondent. Par ailleurs, les dépenses pour l’exploration minière ont quant à elles dépassé les 385 millions de dollars en 2007. Il faut remonter 20 ans en arrière pour constater de tels résultats.
À la suite de la publication des résultats le 28 février dernier, le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Claude Béchard, s’est dit d’autant plus heureux que ce classement international a été obtenu parallèlement aux efforts déployés par le gouvernement du Québec en matière de développement durable et de respect de l’environnement.

L'entente relative au nettoyage de sites d'exploration minière abandonnés au Nunavik récompensée
Les efforts de réhabilitation des sites d’exploration minière abandonnés au Nunavik ont récemment porté leurs fruits. En effet, l’entente portant sur le nettoyage de 18 sites d’exploration minière abandonnés au Nunavik, signée à l’automne 2007 entre un regroupement de sociétés d’exploration (Fonds Restor-Action Nunavik), l’Administration régionale Kativik, la Société Makivik et le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF), a remporté le prix « Excellence environnementale en exploration 2007 » décerné par la Prospectors and Developpers Association of Canada (PDAC).
Cette reconnaissance, qui a été décernée en mars 2008 par la PDAC est attribuée aux organisations et aux entreprises qui exercent à un haut degré leurs responsabilités environnementales et sociales. En ce sens, les pratiques des organisations en lice doivent être conformes avec celles suggérées dans la trousse d’outils en ligne e3.
La trousse e3 a été conçue par un groupe de géologues de l’industrie minière qui souhaitaient disposer d’une base de données de référence pour les procédures environnementales utilisées en exploration. Jusqu’à maintenant, e3 est utilisé dans plus de 40 pays. Les utilisateurs sont répartis parmi les compagnies d’exploitation minière les plus importantes au monde.
Les négociations menant à l’entente ont débuté au printemps 2007. Les quatre co-signataires ont convenu de dépenser plus de 4 M$ pour assurer le nettoyage de 18 sites majeurs, dont le célèbre site du lac Pio qui a fait l’objet de plusieurs reportages à la télévision.
Cette entente s’inscrit dans la nouvelle philosophie environnementale où les sociétés privés font alliance avec les gouvernements et les communautés locales pour assurer une exploitation durable et responsable des ressources naturelles. Elle servirait déjà de source d’inspiration pour d’autres provinces canadiennes.

La nature humaine de l'industrie minière
Un univers dominé par la technologie? Un repaire de chercheurs d’or? Une industrie axée sur les profits, les actions, les investissements? Nombreuses sont les perceptions du secteur minier. Mais l’industrie minière a aussi un tout autre visage, moins connu du commun des mortels.
En effet, l’industrie minière québécoise regroupe une multitude de femmes et d’hommes passionnés entre autres par la géologie, l’exploration minière, la géophysique et l’économie. C’est ce qu’a permis de mettre en lumière la plus récente Semaine minière du Québec qui s’est tenue du 28 avril au 4 mai dernier et dont le lancement a été effectué à Val-d’Or.
Tout au long de cette semaine bien chargée, de nombreuses activités ont permis de démystifier le monde minier aux Québécois. Entre autres choses, des expositions et des portes ouvertes ont été organisées pour le grand public et de la formation a été offerte aux enseignants du secondaire.
Aussi, de nombreuses conférences sur les projets miniers de l’heure au Québec et sur la panoplie de carrières qu’offrent les mines ont été prononcées en Abitibi-Témiscamingue ainsi qu’aux quatre coins du Québec.
À l’heure où le secteur minier connaît un essor incomparable, ces activités panquébécoises ont permis de dégager l’importance de savoir tirer profit de la conjoncture favorable pour garantir le développement durable des ressources minérales du Québec.
Elles ont aussi eu pour effet de rappeler aux Québécois à quel point il importe de miser sur leurs ressources humaines, d’encourager la formation, de préparer adéquatement la relève et de mettre en évidence le savoir-faire des gens d’ici. Ces défis permettront ultimement au Québec de se maintenir parmi les chefs de file mondiaux de l’industrie minière.
Pour en savoir plus sur les activités de la semaine minière, les nouveautés et les enjeux du monde minier, il est possible de consulter le programme des activités. Des cahiers spéciaux ont également été publiés dans le journal Les Affaires ainsi que dans de nombreux hebdomadaires régionaux.

Retour sur le congrès PDAC 2008
Le congrès Prospectors and Developpers Association of Canada (PDAC) est un événement de classe mondiale qui se tient chaque année à Toronto. Lors de l’édition 2008, plus de 1 000 exposants étaient présents et près de 21 000 participants ont franchi les guichets.
Le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) participe depuis plus de 25 ans à cet événement. Depuis quelques années, le MRNF choisit un emplacement permettant à son stand de se distinguer de la centaine appartenant aux autres pays ou provinces.
De plus, Géologie Québec a invité des partenaires du milieu de l’exploration géologique et minière à partager les 1 400 pi2 de son stand et leur a demandé de participer à l’animation. Soquem, Consorem, Divex, les fonds miniers et Investissements Québec ont tous répondu à cette invitation et ont contribué à la mission de Géologie Québec dans le cadre de l’événement.
Thématiques et sujets d’intérêt
 |
Le choix des animateurs, de la documentation et de l’accès aux bases de données avait pour but de couvrir un grand nombre de sujets se rapportant au potentiel minéral du Québec, à l’état de la connaissance géoscientifique du territoire, à l’activité minière, aux avantages fiscaux d’investir au Québec et à la Loi sur les mines.
Une attention particulière a été accordée au secteur de la Baie-James et à l’exploration de l’uranium dans le choix des thématiques du MRNF. Le potentiel minéral de la Baie-James et les nouvelles cibles d’exploration ont d’ailleurs été les sujets les plus populaires. |
L’accès à Gestim et à SIGÉOM, appuyé par des conseillers chevronnés, a permis de transmettre aux visiteurs une somme importante d’information tout en les familiarisant avec les outils d’information du Ministère. Par ailleurs, de nombreuses questions sur la fiscalité relative à l’exploration minière ont mobilisé la représentante de la DGDM responsable de ce volet. Plusieurs personnes ont également manifesté leur intérêt à l’égard des politiques québécoises de restauration minière.
Délégations chinoises et colombienne
Le congrès PDAC est l’endroit tout désigné pour établir de premiers contacts avec des représentants ou des délégations provenant de l’extérieur du Québec. Au cours de leur séjour, les représentants du MRNF ont eu l’occasion de rencontrer plusieurs représentants de compagnies venant d’ailleurs qui souhaitaient mieux comprendre les règles à suivre pour explorer au Québec.
Puisque de nombreux pays sont représentés lors de cet événement, le congrès PDAC fut une excellente occasion pour organiser des rencontres entre les diverses délégations. Les représentants du MRNF ont rencontré trois délégations pendant leur séjour à Toronto :
- délégation chinoise : équipe ministérielle des ressources naturelles de la Chine;
- délégation chinoise provinciale : compagnies privées et représentants provinciaux de la Chine;
- délégation colombienne : représentant du gouvernement colombien.
La rencontre de ces trois délégations a permis au MRNF d’établir un premier contact avec ces représentants gouvernementaux et de mettre en valeur le modèle québécois de gestion de l’exploration de ses ressources minérales. Il est à souligner que la délégation colombienne a poursuivi son voyage après le congrès pour se rendre à Québec afin de rencontrer de nouveau les représentants du MRNF et d’échanger de l’information sur les politiques et les lois québécoises de gestion du territoire.
Les visiteurs du stand du MRNF
L’analyse sommaire des données recueillies à partir de détecteurs installés aux portes du stand permet au MRNF d’établir qu’environ 12 000 personnes l’ont visité, ce qui représente environ 60 % de l’ensemble des participants au congrès PDAC.

Le bulletin Québec mines élargit son lectorat
(NDLR) Depuis bientôt sept ans, le bulletin Québec mines est publié trois fois par année afin de tenir les acteurs concernés informés des derniers développements dans ce secteur en pleine effervescence au Québec.
Dans le contexte où les perspectives minières sont plus prometteuses que jamais au Québec, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) souhaite accroître la diffusion de son bulletin. Désormais, Québec mines tâchera d’intéresser également le grand public.
Pour y arriver, le MRNF redoublera ses initiatives de diffusion auprès des représentants des médias. En rejoignant de façon plus efficace les journalistes et rédacteurs attitrés aux questions minières, Québec mines aura plus de chances de se faire connaître du grand public.
Bien que Québec mines entende élargir son lectorat, votre bulletin électronique continuera à répondre à vos attentes en vous offrant de l’information étoffée et d’actualité sur le secteur minier, et ce, avec la même rigueur qu’auparavant.
Merci de compter parmi nos fidèles lecteurs! Nous vous souhaitons une bonne lecture à l’occasion de la parution du numéro de juin 2008.
