Tous les articles de ce numéro sont disponibles en version imprimable : un clic sur le bouton d'imprimante ci-dessous en déclenche l'impression continue. La mise en page a été optimisée pour une impression en format portrait.
|
Québec atteint de nouveaux sommets en 2006!
Le 1er novembre dernier, plus de 175 000 titres miniers étaient actifs sur le territoire québécois. Il s’agit d’un sommet inégalé au cours des dix dernières années.
Si l’on se base sur les données de l’année 2005, la majeure partie des dépenses d’exploration a été allouée aux travaux situés hors des sites miniers (180 M$, 88 %). Ces travaux ont été gérés en grande partie par les sociétés juniors (111 M$) et les sociétés majeures (63 M$). Le graphique ci-dessous illustre les dépenses d’exploration en 2005 réparties par substance. L’uranium se distingue avec une augmentation de plus de 300 % des investissements en exploration pour cette substance par rapport à 2004.
Pour en savoir plus sur les faits saillants des travaux d’exploration dans la province, nous vous invitons à consulter le « Rapport sur les activités d’exploration minière au Québec en 2006 » (DV 2007-01).
Veuillez prendre note que ce rapport sera également disponible au kiosque du Québec à l’occasion du PDAC.

Dévoilement d'une nouvelle carte géologique
pour la Sous-province de l'Abitibi
Par Jean Goutier et Mario Melançon
| C’est en mars prochain, à l’occasion du congrès annuel du Prospectors & Developers Association of Canada (PDAC 2007), à Toronto, que sera dévoilée en primeur une version préliminaire de la nouvelle carte géologique de la Sous-province de l’Abitibi. Cette région géologique, l’une des plus importantes au monde pour ce qui est de la production d’or, de cuivre, de zinc et d’argent, constitue le plus grand ensemble volcano-sédimentaire archéen au monde (~2,7 milliards d’années). Cette nouvelle carte mettra donc en lumière de nouveaux secteurs d’exploration principalement pour le cuivre, le zinc, l’or et l’argent. |
 |
Cette nouvelle version de la carte géologique de l’Abitibi apporte de nombreuses mises à jour aux versions antérieures du MER-OGS (1984) et de Hocq (1990). Les changements les plus importants touchent la partie nord de la Sous-province de l’Abitibi. Parmi ceux-ci, soulignons :
 |
|
l’identification d’une séquence volcanique ancienne datée de 2791 Ma (auparavant, les |
| |
|
plus vieilles roches connues étaient âgées de 2730 Ma); |
 |
|
la reconnaissance de neuf épisodes de volcanisme et de deux épisodes de sédimentation; |
 |
|
une meilleure distinction des types de plutons; et |
 |
|
l’extension vers l’ouest des volcanites alcalines de la région de Chapais-Chibougamau. |
Les nouvelles datations des volcanites contenant des lentilles de sulfures massifs (Cu-Zn-Ag-Au) mettent en lumière la présence de nouveaux épisodes de minéralisation polymétallique tels que 2736 Ma (Gémini-Turgeon), 2721 Ma (Estrades), 2718 Ma (Gonzague-Langlois) et 2706 Ma (Abcourt) par rapport aux épisodes classiques, 2730-2725 Ma (Normétal-Joutel-Selbaie-Matagami) et 2701-2697 Ma (Horne, LaRonde). De plus, certains secteurs montrent des caractéristiques géologiques analogues (lithologies et âge) à celles de l’encaissant du mégagisement Cu-Zn-Ag de Kidd Creek en Ontario.
D’autres datations indiquent que l’épisode de volcanisme alcalin et de dépôts des sédiments alluvionnaires-fluviatiles de la partie nord (Formations de Haüy et de Waswanipi) n’est pas aussi ancien que prévu (~2690 Ma au lieu de 2715-2705 Ma). Ces roches deviennent semblables aux roches sédimentaires et volcaniques de type Timiskaming de la partie sud de la Sous-province de l’Abitibi qui sont associées à de grandes structures et à de nombreux gisements aurifères (ex. région de Kirkland Lake en Ontario). Ainsi, dans le nord, les cisaillements bordant ce type de roches représentent des corridors potentiels pour la découverte de nouveaux gisements aurifères.
Cette carte synthèse met l’accent sur les corrélations régionales, les nouvelles datations U-Pb et une géologie provenant des récents travaux de Géologie Québec dont les données sont intégrées au SIGÉOM. Elle est accompagnée d’une légende qui montre les corrélations temporelles entre les unités volcaniques, plutoniques et sédimentaires. Cette version servira de base pour la réalisation d’une carte géoréférencée à petite échelle.
Pour connaître les détails des nouvelles datations effectuées dans la Sous-province de l’Abitibi, nous vous suggérons de consulter les documents suivants : RP-2005-01, RP-2005-02, RP 2006-04.

La Ceinture d'Eastmain (Baie-James) :
l'émergence d'un nouveau camp minier aurifère
Par Daniel Bandyayera et Patrick Houle
La découverte du gîte Roberto
| La découverte en 2003 par Mines d’Or Virginia inc. du gîte aurifère Roberto sur la propriété Éléonore, située au nord-est du réservoir Opinaca (Baie-James), a déclenché une importante ruée de jalonnement dans la Ceinture d’Eastmain. Le gîte Roberto est maintenant tracé par forage sur une distance latérale de 1,9 km et une profondeur de 1 300 mètres et demeure ouvert dans toutes les directions. Avec une estimation de ressources de trois à cinq millions d’onces d’or, le gîte Roberto représente l’une des plus importantes découvertes des 15 dernières années en Amérique du Nord. Et qui plus est, des terrains d’exploration peuvent encore être acquis dans la sous-province géologique Opinaca puisqu’une large partie de cette région demeure accessible pour l’acquisition. |
(Format PDF, 81,2 Ko)
|
L’exploration pour l’or en effervescence
La minéralisation aurifère de la propriété Éléonore, associée aux sédiments métamorphisés et métasomatisés, confirme le potentiel de la Ceinture d’Eastmain pour des minéralisations aurifères à haute teneur, y compris le dépôt Eau Claire d’Eastmain Resources Inc.
Le succès d’exploration de la région est tel que celle-ci représente en ce moment l’une des cibles les plus prometteuses pour l’exploration minière au Québec. À titre d’exemple, la coentreprise Everton Resources Inc. et Exploration Azimut inc. a mis à jour une zone aurifère de 1,7 km de longueur, au nord-est du gîte Roberto, laquelle contient la zone Inex (3,03 g/t Au sur 1,5 m) et un couloir aurifère anomal de 12 km de direction nord-est, y compris à chaque extrémité la cible Claude (1,0 g/t Au sur 21,5 m) et l’indice Manuel (12,01 g/t Au sur 4,6 m en surface). Le consortium Eastmain Resources Inc., Goldcorp Inc. et Exploration Azimut inc. a rapporté récemment une intersection de 1,49 g/t Au sur 16,0 mètres en surface, sur un nouvel indice de la propriété Éléonore Sud contenu dans un corridor aurifère anomal de 10 km de longueur. Cet indice, appelé Cible JT, se trouve à l’intérieur de sédiments minéralisés présentant de nombreuses analogies avec le gîte Roberto. Plusieurs autres indices aurifères ont été annoncées par différentes compagnies dans la région en 2006, dont ceux de Ressources Beaufield inc., Ressources d’Arianne inc., Ressources Sirios inc. et Mines de la Vallée de l’Or ltée.
Guides d’exploration régionaux
Tel qu’il a été démontré dans le système minéralisé Roberto, les charnières de plis P1 et les zones de déformation transversales ou longitudinales qui affectent ces roches sont des sites favorables à une nouvelle mobilisation, un remplacement hydrothermal et un enrichissement local de la minéralisation aurifère. Conséquemment, la majorité des cibles de minéralisation aurifère se trouvent :
- le long du contact entre les sédiments et les volcanites;
- dans la zone de contact entre les Sous-provinces de La Grande et d’Opinaca;
- dans la partie orientale du Bassin de LaGuiche (Beaumier, 2006).
Géologie du secteur Opinaca
La Ceinture d’Eastmain s’étend sur environ 300 km de longueur et 10 à 70 km de largeur. Elle est formée d’assemblages de roches volcaniques et sédimentaires de la Sous-province de La Grande ainsi que par des paragneiss de la Sous-province d’Opinaca. Cette dernière forme un bassin turbiditique semblable à celui de Quético en Ontario. Le secteur Opinaca se situe à la limite des Segments Basse Eastmain et Moyenne Eastmain.

(Format PDF, 1,6 Mo) |
Depuis l’été 2006, Géologie Québec a entrepris un programme de cartographie du secteur qui se déroulera sur trois ans. Les résultats préliminaires de cartographie des feuillets SNRC 33 C/09 et 33 C/16 montrent que la géologie du secteur Opinaca est centrée sur le dôme plutonique synvolcanique de Kasipaskatch, une masse intrusive synvolcanique polyphasée de 15 km de diamètre constituée de diorite, de monzodiorite et de tonalite porphyrique, et situé au milieu du réservoir Opinaca. Toutes les unités volcano-sédimentaires de la Sous-province de La Grande sont drapées autour du dôme plutonique. Elles se composent, de la base au sommet, de basaltes coussinés ou bréchiques, de volcanoclastites de composition intermédiaire à localement felsique et de sédiments clastiques avec des structures primaires bien préservées. Bien que le contact entre les séquences sédimentaires et volcaniques soit généralement une faille, des conglomérats ou des grès conglomératiques peuvent être localement observés en discordance sur les volcanites. |
Contexte métallogénique du secteur Opinaca
La zone de transition entre les sous-provinces d’Opinaca et de La Grande a subi l’influence d’un important système hydrothermal et porphyrique, centré sur le dôme intrusif polyphasé de Kasipaskatch (Centre du Réservoir Opinaca) de 15 km de diamètre. Ce système a donné lieu à plusieurs associations de minéralisations aurifères, caractérisées par d’importants réseaux de veinules métasomatiques et par l’altération en tourmaline et en aluminosilicates. Les principales sont les suivantes :
- Minéralisation de type Roberto, associée aux corridors de stockwerks métasomatiques
| Cette minéralisation est observée dans les sédiments, les conglomérats et les tufs felsiques. La première génération du réseau de stockwerks métasomatiques est plissée et démembrée. Dans un cadre régional, il est possible que les fluides hydrothermaux à l’origine de la formation du gîte Roberto soient générés dans un niveau plus profond que l’Intrusion du lac Ell, probablement au niveau du Pluton de Kasipaskatch. |
Veines métasomatiques de type Roberto dans un wacke à andalousite et sulfures situé à 17 km à l’ouest de Roberto, au NW du dôme plutonique de Kasipaskatch. |
- Minéralisation associée aux séquences volcano-sédimentaires tourmalinisées
La séquence volcano-sédimentaire est injectée par plusieurs phases de pegmatite blanche à tourmaline. Localement, un réseau serré de ces veines entraîne une tourmalinisation pervasive de l’encaissant. Les masses pegmatitiques peuvent contenir jusqu’à 20 % de tourmaline centimétrique.
- Minéralisation associée aux brèches hydrothermales
Veines métasomatiques de type Roberto dans un wacke à andalousite et sulfures situé à 17 km à l’ouest de Roberto, au NW du dôme plutonique de Kasipaskatch. |
Des brèches hydrothermales minéralisées se développent dans les basaltes et dans les wackes. Le réseau de fractures est progressivement rempli de biotite, de grenat, de chlorite noire et localement de tourmaline, tout en amplifiant la bréchification de la roche hôte. Il se forme, au stade final, une roche bréchique minéralisée qui ressemble à un conglomérat monogénique. |
- Minéralisation associée aux basaltes
Ce type de minéralisation est souvent observé en bordure des coussins, ou localement dans les basaltes bréchiques. Elle se présente sous forme de pyrite massive à semi-massive dans les interstices entre les coussins. Proche de la zone minéralisée, on observe un enrichissement progressif de la roche hôte en grenat, en biotite et en tourmaline.
- Minéralisation associée au contact des basaltes et des dykes de QZ-FP
| D’importantes zones minéralisées d’épaisseur décamétrique ont été observées en bordure des dykes de porphyre à quartz-feldspath qui traversent les basaltes. Ce contact est souvent déformé ou cisaillé et le basalte est transformé en amphibolite à grenat. |
Minéralisation fortement disséminée dans la zone de contact d’un dyke de porphyre à QZ-FP recoupant un basalte. |
- Minéralisation associée aux mudstones
Des horizons d’épaisseur métrique de mudstone sont fréquemment observés à l’intérieur des basaltes ou des tufs, ou au contact entre les basaltes et les sédiments clastiques. Ils sont souvent rouillés, pyritisés et silicifiés.
- Minéralisation associée aux conglomérats
Tous les types de conglomérats cartographiés contiennent soit des fragments de sulfures, soit des fragments de roches minéralisées ou contenant des veines métasomatiques et épidotisées. Cela suggère l’existence de certaines minéralisations antérieures à la formation de la séquence sédimentaire. On a également observé une minéralisation associée à l’altération hydrothermale des conglomérats ou aux zones de déformation qui les traversent.
- Minéralisation associée à des zones de déformation régionale
Sulfures massifs (pyrite-pyrrhotite-arsénopyrite) dans une zone de déformation régionale au contact du basalte et du conglomérat. |
Ce type de minéralisation est observé dans le conglomérat au sud du gîte Roberto, et dans le contact cisaillé entre le basalte et le conglomérat à l’est et à l’ouest du Pluton de Kasipaskatch. Les sulfures disséminés se concentrent préférentiellement dans les horizons gréseux conglomératiques. Il s’agit de zones mylonitisées et rouillées qui renferment des sulfures (pyrite+pyrrhotite+arsénopyrite) disséminés à semi-massifs (photo 4). |
Contexte métallogénique du Secteur Éléonore
Le secteur d’Éléonore est l’hôte de deux principaux systèmes de minéralisation aurifère :
- Minéralisation de type porphyrique
| Il s’agit d’une minéralisation Au-Cu-Ag encaissée dans la diorite. Des stockwerks à épidote évoluent graduellement vers des stockwerks à tourmaline-quartz-épidote pour finir en un système de stockwerks à tourmaline-chalcopyrite-pyrrhotite-pyrite-grenat à proximitié de la zone minéralisée (photo 5). La minéralisation observée est formée de pyrite, de pyrrhotite, de chalcopyrite massive ou en veinules, titrant jusqu’à 3 % Cu et 19 g/t Ag. |
Diorite du lac Ell (secteur Éléonore) : Altération proximale et minéralisation de type porphyrique: stockwerks à tourmaline - quartz - grenat - sulfures (chalcopyrite-pyrrhotite-pyrite-arsénopyrite) |
- Minéralisation de type remplacement hydrothermal
Le gîte Roberto fait partie de ce type de minéralisation riche en Au-As-B-Sb, constituée de pyrrhotite, de pyrite et d’arsénopyrite. On l’associe génétiquement aux stockwerks de veines métasomatiques à tourmaline-biotite-grenat-arsénopyrite-pyrrhotite. Le toit du gîte Roberto est caractérisé par la présence de wacke à stockwerks de veines métasomatiques composées de hornblende-tourmaline-épidote-grenat, contenant fréquemment des aluminosilicates en relief positif. Le mur des zones minéralisées est constitué d’unités turbiditiques qui n’ont été affectées par aucune altération hydrothermale.
Deux types d’altération sont aisément reconnaissables dans le secteur d’Éléonore :
Altération proximale du gîte Roberto : stockwerk de veines plissées de tourmaline-quartz-sulfures dans les niveaux minéralisés. |
- une altération distale formée par l’assemblage andalousite-muscovite±cordiérite. Cette altération en aluminosilicates est retracée sur des centaines de mètres des zones minéralisées;
- une altération proximale aux zones minéralisées, formée par l’assemblage tourmaline±épidote±quartz±sulfures (photo 6).
|
Références
Beaumier, M., 2006 - L ’or dans les sédiments de lacs dans la partie orientale du Bassin de LaGuiche, Québec Exploration 2006, résumés des conférences et des photoprésentations, page 48.

La croissance fulgurante de l'exploration
pour l'uranium au Québec
Par Serge Perreault, M.Sc. géo.
Adjoint au directeur général
Direction générale de Géologie Québec
L’intérêt de la communauté minière pour l’uranium connaît une montée fulgurante au Québec, après 22 ans de relative inactivité. Cet engouement pour l’uranium est lié directement à son prix sur le marché au comptant (Spot market) qui a atteint un sommet à 72 $US la livre à la fin de janvier 2007. Il en résulte une augmentation des dépenses en exploration pour l’uranium qui n’étaient que de quelques dizaines de milliers de dollars en 2000, de 1,36 M$ et de 4,3 M$ en 2004 et 2005 respectivement, et finalement de 16 M$ en 2006 (données de Ressources naturelles Canada et données réelles provisoires de l’ISQ pour 2006). Ces dépenses ont été réparties sur une quarantaine de projets situés principalement dans la Province de Grenville (dans les régions du Témiscamingue Kipawa), dans l’Outaouais (Fort-Coulonge), dans les Laurentides (Mont-Laurier) et sur la Côte-Nord (Baie-Johan-Beetz – Aguanish), dans le bassin sédimentaire des monts Otish (au nord-est de Chibougamau) et dans la partie est du Nunavik (dans la Zone Noyau) et les roches métasédimentaires de l’Orogène des Torngat (Groupe de Lake Harbour)) .
| Nous présentons ici deux secteurs qui ont attiré l’attention du monde de l’exploration minière en 2006, en raison des résultats obtenus et de l’ouverture de nouveaux territoires d’exploration: le bassin des monts Otish et le secteur de la Zone Noyau au Nunavik. |
 |
Le bassin d’Otish, l’Athabasca du Québec?
Le potentiel uranifère du bassin sédimentaire paléoprotérozoïque des monts Otish est souvent comparé avec celui du bassin sédimentaire mésoprotérozoïque de l’Athabasca en Saskatchewan ( la production d’uranium dans le bassin de l’Athabasca représente le tiers de l’approvisionnement mondial). Le bassin des monts Otish recèle plusieurs indices uranifères typiques des gîtes d’uranium associés à des discordances (ex. : rivière Camie et lac Beaver). Le Supergroupe d’Otish est caractérisé par des dépôts fluviatiles à la base (le Groupe d’Indicateur) et des dépôts de bassin marginal vers le sommet (Genest, 1989). Le Groupe d’Indicateur est composé de grès subarkosiques à arkosiques. Ces roches sont traversées par des dykes et filons-couches de gabbro du Paléoprotérozoïque.
En 2006, plusieurs compagnies étaient actives dans le secteur des monts Otish dont les compagnies Cameco (le plus gros producteur mondial d’uranium à faible coût avec 20 % des parts du marché) et la compagnie junior Ressources Strateco inc. Les résultats prometteurs obtenus par Ressources Strateco sur la propriété Matoush (indice A.A. Matoush) mettent en relief le potentiel des minéralisations du type filonien associé à une zone de cisaillement dans des roches sédimentaires.
D’après Ressources Strateco inc. et des travaux antérieurs réalisés par Uranerz Exploration and Mining en 1984, le faciès de chenaux actifs dans les grès du Groupe d’Indicateur est propice à la mise en place de la minéralisation uranifère. Cette unité est recoupée par une faille postdépôt et des filons couches de gabbro ayant joué un important rôle dans la mobilisation et la concentration de l’uranium le long de la faille, ce qui rehausse l’intérêt de cette propriété. Les meilleures intersections récentes obtenues en forage sont de :
 |
|
2,1 % U3O8 sur 12,4 m dont une intersection de 4,7 % U3O8 sur 3,3 m |
| |
|
(forage MT-06-30, communiqué de presse du 22 décembre de Ressources Strateco); |
 |
|
1,01 % U3O8 sur 14,1 m dont 2,01 % U3O8 sur 5,2 m (forage MT-06-4, |
| |
|
communiqué de presse du 22 décembre de Ressources Strateco). |
La compagnie a suivi la structure (faille) Matoush sur une distance de 8 km et elle a été forée sur près de 730 mètres. Ressources Strateco inc. mentionne également que la largeur (épaisseur) vraie des intervalles (épaisseur) minéralisés n’a pas encore été déterminée.
L’indice uranifère Matoush diffère du modèle des gîtes d’uranium associé à une discordance. Il présente plutôt des similitudes avec les filons uranifères associés à des zones de cisaillement, à la différence que la zone minéralisée se trouve au-dessus de la discordance, dans les unités de grès et non dans les roches du socle comme à Rabbit Lake ou à Beaverlodge dans le nord de la Saskatchewan (production de plus de 25 000 tonnes d’U entre 1950 et 1982).
La Zone Noyau des orogènes du Nouveau-Québec et des Torngat, un nouveau Rössing?
La Zone Noyau représente un nouveau territoire pour l’exploration de l’uranium. Elle a été mise en évidence à la suite de la découverte de zones anomales en uranium dans les sédiments de fonds de lacs prélevés par le Ministère en 1997. De plus, les nouveaux indices uranifères qui y ont été mis au jour au cours de 2006 laissent présager que cette région pourrait devenir une province métallogénique uranifère.
La Zone Noyau (anciennement connue sous les vocables de Province de Churchill ou de Rae) forme le socle rocheux de la partie orientale du Nunavik. Elle est coincée entre les roches volcanosédimentaires et magmatiques paléoprotérozoïques des orogènes du Nouveau-Québec (Fosse du Labrador) à l’ouest et des Torngat à l’est, à la frontière Québec–Labrador. Toutes ces roches ont été affectées par les épisodes de déformation et de métamorphisme de l’orogenèse trans-hudsonienne (~ 1,85 à 1,75 Ga). La Zone Noyau est composée, en grande partie, de gneiss tonalitiques, de granitoïdes et d’intrusions mafiques d’âge Archéen à Mésoprotérozoïque. La Zone Noyau est divisée en plusieurs domaines lithotectoniques séparés par de grands corridors de déformation (figure 2; Wardle et al., 2002). Des veines et dykes de pegmatite granitique syn à tardi-hudsoniens recoupent le socle archéen de la Zone Noyau et les roches des orogènes du Nouveau-Québec et des Torngat.
Entre la formation du socle archéen et son exposition à la surface (vers 2,5 milliards d’années (Ga)), la formation des séquences volcanosédimentaires du Paléoprotérozoïque (~ 2,1 à 1,85 Ga) et la mise en place finale des derniers magmas granitiques, sous la forme de pegmatite (vers 1,75 Ga), il s’est écoulé plus de 750 millions d’années où l’uranium a pu être mobilisé et transporté lors d’épisodes d’érosion, de déformation et de métamorphisme, puis déposé et concentré sous la forme de minéralisations dans des roches sédimentaires, dans des granites et pegmatites ou dans des pièges structuraux. Ainsi, le vaste territoire de la partie est du Nunavik, à l’est des roches de la Fosse du Labrador, représente un terrain fertile pour divers types de minéralisations uranifères dont celles associées :
 |
|
à des intrusifs granitiques de type Rössing Namibie production de 3 711 tonnes à une |
| |
|
teneur moyenne de 330 ppm d’U en 2005, représentant 7,7 % de la production mondiale, |
| |
|
Rössing Mine Plc) et de madawaska (Ontario production totale de 4,54 tm à 0,0997 % |
| |
|
d’U3O8et de 4.295.281 kg d’U entre 1957 et 1982; Alexander, 1982); |
 |
|
à de l’uranium filonien rattaché à des zones de cisaillement majeures de type Beaverlodge; |
 |
|
à de l’uranium rattaché à une discordance ou à des roches sédimentaires du type |
| |
|
Athabasca dans les groupes de Lake Harbour et de la Hutte Sauvage. |
Toutefois, il est fort probable que les minéralisations uranifères primaires potentiellement présentes dans les groupes de Lake Harbour et de la Hutte Sauvage ont été remobilisées dans des unités ou des structures propices à l’accumulation d’uranium à la suite du métamorphisme et de la déformation de l’orogènese trans-hudsonienne.
Groupe de Lake Harbour
Le Groupe de Lake Harbour (2,1 à 1,9 Ga) est une séquence volcano-sédimentaire de l’Orogène des Torngat. Il est composé de paragneiss quartzofeldspathiques, alumineux et graphiteux, de séquences de marbres calcitique et dolomitique de roches calcosilicatées, de quartzite et de roches volcaniques mafiques. Ces roches sont recoupées par la suite mafique de Nuvilik et par des granitoïdes et des pegmatites.
Le Groupe de Lake Harbour (2,1 à 1,9 Ga) est une séquence volcano-sédimentaire de l’Orogène des Torngat. Il est composé de paragneiss quartzofeldspathiques, alumineux et graphiteux, de séquences de marbres calcitique et dolomitique de roches calcosilicatées, de quartzite et de roches volcaniques mafiques. Ces roches sont recoupées par la suite mafique de Nuvilik et par des granitoïdes et des pegmatites. La compagnie junior URANOR y mène des travaux depuis les deux dernières années.
Le socle gneissique de la Zone Noyau
La propriété uranifère Rae Nord (figure 2), du tandem Exploration Azimut inc. et Northwestern Mineral Ventures inc., est située au sud et au sud-est du village de Kangiqsualujjuaq, à l’embouchure de la rivière Georges, sur la côte orientale de la baie d’Ungava. Le socle rocheux de la propriété est composé de gneiss tonalitique et granitique et d’intrusions tardi-archéennes de granite et de pegmatite. On y trouve également des lambeaux tectoniques de roches supracrustales du Groupe de Lake Harbour et de la suite mafique de Nuvulialuk (Verpaelst et al., 1999). |
|
La principale zone minéralisée est située à l’intérieur d’une zone de forte anomalie radiométrique (de 2 000 à 30 000 chocs par seconde) qui s’étire sur environ cinq kilomètres. Des anomalies d’uranium ont été décelées dans les sédiments de fonds de lacs et l’analyse préliminaire du levé radiométrique héliporté a permis de déceler 14 anomalies de longueur supérieure à un kilomètre, dont 7 ont une longueur supérieure à trois kilomètres. La minéralisation uranifère a été observée dans des pegmatites, des granites et des gneiss. De l’uraninite a été observée et analysée par microsonde électronique dans des échantillons provenant de deux sites. Vingt-deux échantillons ont révélé à l’analyse des teneurs supérieures à 0,05 % U3O8 (500 ppm), provenant de 10 indices uranifères distincts sur la zone Rae-1 de la propriété Rae Nord. Quatorze échantillons ont retourné à l’analyse des valeurs supérieures à 0,1 % U3O8 (ou 1000 ppm) et les meilleures teneurs sont de 0,59 %, 0,57 %, 0,46 %, 0,3 % et 0,22 % U3O8.
Plus au sud, sur la propriété Rivière Georges, composée de sept blocs de claims dispersés entre la rivière Georges et la frontière Québec–Labrador, dans la région des lacs Brisson et Mistinibi, Ressources Freewest Canada a mis au jour quatre indices uranifères. Ces minéralisations uranifères sont localisées à l’intérieur de dykes de pegmatite granitique qui recoupent le socle gneissique de la Zone Noyau. La zone minéralisée s’étire sur près de 2,6 km sur une largeur de 700 mètres. Les meilleures valeurs obtenues sont de 0,384 et 0,132 % U3O8, sur des échantillons choisis provenant de la propriété Stewart Lake Trend. Les teneurs provenant d’échantillons choisis de roche en place et de blocs erratiques sont comprises dans un intervalle de 100 à 1000 ppm. Sur l’indice Abigail, un échantillon, prélevé d’un dyke de deux mètres de largeur d’une pegmatite granitique, a retourné à l’analyse des teneurs de 0,369 % U3O8.
Bases de données pour l’exploration
De vastes territoires demeurent peu explorés pour l’uranium en raison du manque de données radiométriques et géologiques (figure 1). Le levé de géochimie de sédiments de fonds de lacs réalisé en 1997 dans le Nunavik, par le Ministère et cinq partenaires privés, a permis de mettre au jour d’importantes zones anomales en uranium le long et à l’est de la rivière Georges et dans la région limitrophe du Québec et du Labrador entre le 54e et le 58e parallèle. La Direction générale de Géologie Québec a publié une carte hors série, mise à jour en janvier 2007, intitulée « Uranium dans l’environnement secondaire et minéralisations d’uranium ». Cette carte met en valeur la géochimie de sédiments de fonds de lacs et de ruisseaux et les minéralisations connues provenant de la base de données du SIGÉOM.
Références
ALEXANDER, R.L., 1982., Geology of Madawaska Mines Limited, Bancroft, Ontario. Dans Uranium deposits of Canada, CIM special volume 33, p. 61-69.
GENEST, S., 1989, Histoire géologique du bassin d’Otish, du Protérozoïque inférieur, Québec, thèse de doctorat non publiée, Université de Montréal.
VERPAELST, P , BRISEBOIS, D., PERREAULT, S., SHARMA, K.N.M., DAVID, J., 2000, Géologie de la région de la rivière Koroc (24 I) et d’une partie de la région d’Hébron (14 L), Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, RG 99-08, 62 pages.
WARDLE, R. J., JAMES, B., SCOTT, D. J., HALL, J., 2002, The Southeastern Churchill Province: synthesis of a Paleoproterozoic transpressional orogen, Canadian Journal of Earth Sciences; volume 39, nº 5, pages 639-663.
Autres lectures suggérées sur les types de gîtes uranifères au Canada et dans le monde :
Géologie des types de gîtes minéraux du Canada , révision par O.R. Eckstrand, W.D. Sinclair et R.I. Thorpe, Commission géologique du Canada, Géologie du Canada, nº 8, 1996. Voir les sections sur les gîtes d’uranium 1.1, 1.2, 7, 8.1, 12, 13, 14, 21 et 22.
Dahlkamp, F.J., 1993, Uranium ore deposits, Éditeur Springer-Verlag, New-York Berlin Heidelberg; 460 pages.
Van der Leeden, J., Bélanger, M., Danis, D., Girard, R., Martelin, J., 1990, Lithotectonic domains in the high-grade terrain east of the Labrador Trough (Quebec), dans The early Proterozoic Trans-Hudson Orogen of North America, Lewry, J.F. et Stauffer, M.R., éditeurs, Geological Association of Canada, Special Paper 37, pages 371-386.

Projet Manitou-Goldex
Une approche de partenariat novatrice pour la
restauration du site minier abandonné Manitou
Le projet Manitou-Goldex constitue une première en matière de restauration. Il vise à restaurer le site Manitou en recouvrant ses résidus avec les résidus miniers de la mine Goldex de l’entreprise Mines Agnico-Eagle. Les résidus de la mine Goldex sont exempts de cyanure et de sulfure et présentent un bon potentiel de neutralisation.
Le projet consiste à construire un pipeline entre la mine Goldex et le site abandonné Manitou pour transporter les résidus de la mine Goldex. Le coût du projet est évalué à 47 millions de dollars et les travaux s’échelonneront sur une période de 12 ans.
Résultant d’échanges et de pourparlers qui se sont étendus sur plus d’un an, ce partenariat gouvernement-industrie comporte de nombreux avantages et cadre parfaitement avec les principes du développement durable. Il représente une économie estimée à 12 millions de dollars pour l'État et il permet de réduire les coûts de gestion à long terme des rejets de l’industrie. Il permet également de réduire de façon substantielle la superficie perturbée par l’activité minière en évitant la construction d’un parc à résidus d’envergure à proximité de la ville de Val-d’Or. Il permet en outre d’utiliser beaucoup moins les ressources naturelles (sable-gravier-argile) nécessaires à l’aménagement d’un nouveau parc à résidus et à la restauration du site Manitou.
Une entente-cadre a été signée par les partenaires, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune, Mines Agnico Eagle ltée et le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, lors de l’annonce du projet faite par le ministre Pierre Corbeil et les représentants de l’entreprise le 28 novembre 2006 à Val-d’Or.
Les travaux ont débuté sur le site Manitou en janvier 2007.

L'or dans les sédiments de lac de la région de Caniapiscau, Côte-Nord
Par Marc Beaumier
De nouvelles analyses de sédiments de lac, effectuées en 2006 dans la région de Caniapiscau, ont permis d’identifier 108 aires anomales en or, qui représentent de nouvelles cibles pour la prospection. Les associations d’éléments observées dans ces aires anomales suggèrent qu’il existe un potentiel pour les types de minéralisation aurifère suivants :
Association d’éléments |
Type de minéralisation |
Au-Fe-U |
Olympic Dam-Kiruna |
Cu-Mo-Au-Ag-Se |
Gîte porphyrique |
Au-W |
Veine de quartz aurifère |
Au-Ag-Se |
Veine aurifère sans sulfures |
Au-As-Sb |
Roberto |
Au-Ag-Se-W-Bi-B |
Skarn |
Ce sont près de 6 100 échantillons qui ont été traités par ACME Analytical Laboratories. L’or et l’argent ont été analysés de nouveau en utilisant une meilleure limite de détection tandis que le niobium, le bismuth, l’antimoine et le tungstène ont été analysés pour la première fois. Ces éléments traces sont particulièrement utiles pour la prospection aurifère.
C’est en 2006 que le ministère des Ressources naturelles et de la Faune, en collaboration avec le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, le Centre local de développement de Caniapiscau et la firme Exploration Québec-Labrador ont entrepris de nouvelles analyses sur des échantillons de sédiments de lacs prélevés dans les années 1980. Ces échantillons de sédiments se répartissent sur la quasi-totalité du territoire de la MRC de Caniapiscau, au nord du réservoir Manicouagan. |
(Format PDF, 2 Mo) |
Ce sont près de 6 100 échantillons qui ont été traités par ACME Analytical Laboratories. L’or et l’argent ont été analysés de nouveau en utilisant une meilleure limite de détection tandis que le niobium, le bismuth, l’antimoine et le tungstène ont été analysés pour la première fois. Ces éléments traces sont particulièrement utiles pour la prospection aurifère.
C’est en 2006 que le ministère des Ressources naturelles et de la Faune, en collaboration avec le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, le Centre local de développement de Caniapiscau et la firme Exploration Québec-Labrador ont entrepris de nouvelles analyses sur des échantillons de sédiments de lacs prélevés dans les années 1980. Ces échantillons de sédiments se répartissent sur la quasi-totalité du territoire de la MRC de Caniapiscau, au nord du réservoir Manicouagan.
Les analyses de la région de Caniapiscau sont accessibles à partir de Sigéom.

|