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Bulletin d'information minière - octobre 2006
 

La nouvelle vitalité du camp minier de Val-d'Or

Pierre Pilote et James Moorhead
Bureau de l'exploration géologique du Québec

L'intérêt des prospecteurs miniers pour la région de Val-d'Or date du début des années 1900. À la suite de la découverte de filons aurifères à l'extrémité ouest du Batholite de Bourlamaque en 1911 (sur le site de la mine Sullivan, exploitée de 1934 à 1967), cette région a connu une véritable ruée vers l’or. Rapidement, plusieurs autres indices d'or sont trouvés, dont :

  • Greene-Stabell (1914);
  • Siscoe (1915);
  • Lamaque (1923, exploitation de 1932 à 1985);
  • Sigma (1933, exploitation de 1936 à aujourd’hui).

La région de Val-d’Or, mieux connue par les explorateurs miniers sous le nom de la « Vallée de l’or », a vu ses activités de prospection minière augmenter considérablement au cours des dernières années, après une certaine période de morosité. À ce jour, la production totale d’or combinée pour les camps miniers de Val-d’Or et de Malartic dépasse 25 millions d’onces.

La combinaison gagnante!

Une combinaison de facteurs explique ce regain d’intérêt pour la région de Val-d’Or. Le prix de l’once d’or a plus que doublé depuis 2002 et se situe présentement autour de 600 $US/once. Cette hausse a aussi été accompagnée par des sommets historiques des prix des métaux usuels : l’argent à 11,40 $US/once, le cuivre à 3,50 $US/lb, le zinc à 1,70 $US/lb et le nickel à 15,00 $US/lb. Les marchés émergeants du sud-est asiatique, principalement celui de la Chine, sont en grande partie responsables de ces hausses soutenues.

Ces prix élevés de l’or et des métaux ont généré et soutenu une exploration vigoureuse dans les régions minières traditionnelles du Québec, incluant l’Abitibi et, plus particulièrement, la « Vallée de l’or ». Ils ont aussi favorisé le réexamen d’anciens gîtes dont les paramètres économiques étaient considérés négatifs dans le passé.

L’implantation de nouvelles techniques de minage et d’usinage (traitement de larges volumes à basse teneur, opérations à ciel ouvert) a aussi permis de reconsidérer la mise en valeur de gisements déjà connus. À cet égard, mentionnons, pour le secteur Val-d’Or, la mise en production du gîte Goldex de la société Mines Agnico-Eagle et le développement du gisement aurifère du lac Herbin par Corporation minière Alexis.

Sur le projet Goldex de Mines Agnico-Eagle, le fonçage d’un puits en béton donnera accès à des réserves de 21 millions de tonnes de minerai à basse teneur contenant plus de 1,6 million d’onces d’or. La production annuelle estimée sera de 170 000 onces et ce, sur une période d’au moins 10 ans.

Une reprise des activités

La mine d’or Kiena, opérée par Mines d’Or Westdome, a repris officiellement ses activités le 18 août dernier après un arrêt temporaire qui a permis d’identifier de nouvelles réserves. De même, la mine Sigma, fermée en 2003, a repris ses opérations à ciel ouvert au début de 2005 sous la direction de Corporation Century Mining. Les environs de l’ancienne mine Louvicourt sont également l’objet de travaux d’exploration prometteurs par l’équipe de Corporation minière Alexis. Au nord de Val-d’Or, la propriété Abcourt-Barvue, détenue par Mines Abcourt, a vu son potentiel en Ag et Zn augmenter significativement à la suite d’une récente révision des ressources mesurées et indiquées (7 millions de tonnes à 61,17 g/t Ag et 3,33 % Zn).



Dans la région de Malartic, plusieurs anciens gisements sont réévalués à la lumière de nouvelles techniques d’exploitation ou de nouvelles données géologiques. Mentionnons, entre autres, le projet de fosse à ciel ouvert d’Exploration Osisko, la mine East Amphi exploitée par Mines Richmont et le projet Midway (site de l’ancienne mine Malartic Goldfields) sous la direction de Corporation minière Northern Star. Cette dernière procède actuellement à la construction d’un chevalement sur ce site.

Tous ces projets indiquent que la « Vallée de l’or » nous réserve encore plusieurs surprises. Ainsi, des gisements considérés comme épuisés ou non rentables dans un passé récent peuvent voir leur profitabilité évoluer rapidement de façon positive. Ceci est dû d’une part, au contexte économique actuel favorable (prix élevés de l’or et des métaux) et aux nombreuses innovations technologiques chez les exploitants miniers. D’autre part, cet essor est également relié à l’augmentation de nos connaissances géologiques au cours des dernières années et à notre compréhension accrue des grandes familles de gisements aurifères et de sulfures massifs volcanogènes qui composent la « Vallée de l’or ». Au bout du compte, l’amélioration de nos connaissances géologiques contribue de façon significative à l’application de concepts et de techniques d’exploration novateurs qui assureront le succès des explorateurs miniers en Abitibi.

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