Haut potentiel minéral dans le Nord-du-Québec
Patrick Houle
Ministère des Ressources naturelles et de la Faune,
secteur Mines, région Nord-du-Québec
En 2005, le Nord-du-Québec occupait le premier rang en ce qui a trait aux dépenses d’exploration réalisées hors d’un site minier, soit plus de 88 millions de dollars. Cette région continue de générer de nouvelles découvertes minérales importantes tels que :
- le projet nickelifère de Canadian Royalties Inc. au sud de Raglan;
- le projet de gîte aurifère de Goldcorp au nord du réservoir Opinaca;
- le projet diamantifère de la coentreprise Les mines Ashton du Canada inc. et SOQUEM Inc. au nord des monts Otish.
La région du Nord-du-Québec est actuellement un pôle d’exploration majeur en raison de son fort potentiel de découvertes et de la multitude de types de minéralisation répartis dans différents encaissants. Elle occupe près du tiers de la Province du Supérieur, reconnue mondialement pour ses nombreux gisements de cuivre, d’or, de zinc, de nickel et d’argent. Même si les camps miniers matures de Chapais-Chibougamau et de Joutel-Matagami ont connu plus de 50 ans de succès en exploration et exploitation, la partie sud du territoire de la Baie-James, comprise dans la Sous-province Abitibi, continue de constituer toujours une cible de choix pour la recherche de gisements d’or filoniens et de dépôts de sulfures massifs volcanogènes (SMV). En plus de profiter d’un climat d’investissement favorable, les sociétés minières peuvent en effet bénéficier, au Québec, d’un crédit d’impôt relatif aux ressources pouvant atteindre jusqu’à 45 % dans le Moyen-Nord ou le Grand Nord.
Le territoire de la Baie-James Facilement accessible par un réseau provincial de routes et d’aéroports, le territoire de la Baie-James contient un grand nombre de petites ceintures de roches vertes riches en indices métalliques (Au, Ag, Cu, Zn, Pb, Ni, Mo, Li, Fe). Ce territoire d’une grande superficie demeure peu exploré à l’exception des camps miniers de Chapais-Chibougamau et de Joutel-Matagami. Toutefois, il existe un potentiel significatif en or sur ce territoire, surtout le long de certaines structures régionales présentant des caractéristiques communes avec les récentes découvertes aurifères dans la Zone tectonique de Cadillac, en Abitibi. Mentionnons, par exemple, l’extension orientale de la Zone de déformation Detour Lake au nord-ouest de Matagami. Plusieurs secteurs montrent un haut potentiel pour l’exploration de gisements de type sulfures massifs volcanogènes (SMV), soit :
- le Complexe de Grevet-Mountain à l’est de Lebel-sur-Quévillon;
- le secteur de Joutel;
- l’extension est de Matagami;
- les Membres de Lemoine et de Scott dans la région de Chapais-Chibougamau;
- les Formations de Fecteau et de Chanceux dans la partie est de la Ceinture d’Urban-Barry.
Dans le Moyen-Nord (Format PDF, 346 ko), qui comprend les ceintures volcano-sédimentaires de Frotet-Evans, d’Eastmain et de La Grande, on assiste à la mise en valeur de gisements associés à de nouveaux contextes géologiques fort prometteurs. Ainsi, la découverte du système minéralisé aurifère Roberto sur la propriété Éléonore (Goldcorp) et le gîte Eau Claire (Eastmain Resources) confirment le potentiel du Moyen-Nord pour des minéralisations aurifères à haute teneur. La découverte de minéralisations hautement aurifères est favorable le long du contact entre deux domaines lithostratigraphiques (roches sédimentaires et volcaniques), le long de la zone de contact entre les sous-provinces de La Grande et d’Opinaca ou en périphérie d’intrusions ignées synvolcaniques. En plus du potentiel pour les métaux précieux et usuels, le Moyen Nord québécois possède aussi un potentiel pour les métaux rares (Y, ZR, Nb, Ta, Be, Li et ETR). Les indices minéralisés connus se trouvent dans des plutons monzogranitiques peralumineux et des pegmatites granitiques situés soit le long des contacts entre la Sous-province de La Grande et les sous-provinces d’Opinaca et de Nemiscau, soit dans la Ceinture de Frotet-Evans. Pour le diamant, les secteurs de Desmaraisville, des Basses terres de la baie James, de Wemindji, du Réservoir de Caniapiscau et des monts Otish apparaissent comme étant les plus favorables jusqu’à présent. Le consortium Les Mines Ashton du Canada inc. et SOQUEM INC. estime que les corps kimberlitiques Renard 2, 3, 4 et 9 renferment entre 18,6 et 22,0 millions de carats de diamants à l’intérieur de 23,2 à 27,5 millions de tonnes de matériel kimberlitique sur la propriété Foxtrot, au nord des monts Otish. Enfin, avec la forte augmentation du prix de l’uranium, l’exploration pour ce dernier connaît un nouveau regain qui ne s’était pas observé depuis le milieu des années 1980. Les différents lambeaux de la Formation de Sakami, la région de la rivière Rupert et les séquences sédimentaires du bassin des monts Otish sont des secteurs à fort potentiel pour la recherche de l’uranium. Le Territoire du Nunavik Les orogènes du Nouveau-Québec (Fosse du Labrador), des Torngat et de l’Ungava (Ceinture de Cape Smith) occupent une grande partie du Grand Nord. Pour l’Orogène du Nouveau-Québec, Clark et Wares, 2004 ont répertorié 393 indices minéralisés, principalement :
- des formations de fer avec ou sans or;
- des indices de nickel-cuivre ± EGP;
- des indices d’uranium;
- des indices de cuivre-zinc-argent (SMV).
Les grès situés près des lacs Otelnuc et du Portage et la Formation de Chioak montrent un potentiel pour l’uranium. Pour les gisements de type SMV, les secteurs des lacs Retty et Gerido représentent des cibles à privilégier. Enfin, pour la recherche de cuivre et de nickel, le secteur du Qarqasiaq (SNRC 25 D/01), à l’extrêmité nord de la Fosse du Labrador, présente plusieurs similitudes avec la Ceinture de Cape Smith. La Ceinture de Cape Smith (Fosse de l’Ungava) est reconnue pour ses gîtes de cuivre, de nickel, de cobalt et d’éléments du groupe du platine (camp minier de Raglan). Les roches ultramafiques du Groupe Chukotat ainsi que les filons-couches de type Raglan dans le Groupe de Povungnituk demeurent peu explorés, principalement dans leur partie occidentale et le Domaine Nord de la Ceinture. La mine Raglan demeure le joyau de ce secteur. Exploitée depuis 1998, cette mine a produit près de 6 300 tonnes métriques (tm) de cuivre, 22 900 tm de nickel et 450 tm de cobalt en 2005. Le Couloir structural Saindon-Cambrien, le secteur du lac Aigneault et celui des monts Torngat constituent des secteurs à fort potentiel pour le diamant. Plusieurs ceintures de roches vertes de la Sous-province de Minto de même que la partie est de la Sous-province d’Ashuanipi, à l’ouest de Shefferville, représentent des cibles intéressantes pour l’exploration de minéralisations aurifères et de métaux usuels de type SMV. Référence Clark, T.- Wares, R. 2004 – Synthèse lithotectonique et métallogénique de l’Orogène du Nouveau-Québec (Fosse du Labrador). Ministère des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs, Québec; DP-2004-02, CD-Rom accompagné d’une carte à l’échelle de 1/500 000 et de la classification des gîtes. 
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