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La nouvelle vitalité du camp minier de Val-d'Or

Pierre Pilote et James Moorhead
Bureau de l'exploration géologique du Québec

L'intérêt des prospecteurs miniers pour la région de Val-d'Or date du début des années 1900. À la suite de la découverte de filons aurifères à l'extrémité ouest du Batholite de Bourlamaque en 1911 (sur le site de la mine Sullivan, exploitée de 1934 à 1967), cette région a connu une véritable ruée vers l’or. Rapidement, plusieurs autres indices d'or sont trouvés, dont :

  • Greene-Stabell (1914);
  • Siscoe (1915);
  • Lamaque (1923, exploitation de 1932 à 1985);
  • Sigma (1933, exploitation de 1936 à aujourd’hui).

La région de Val-d’Or, mieux connue par les explorateurs miniers sous le nom de la « Vallée de l’or », a vu ses activités de prospection minière augmenter considérablement au cours des dernières années, après une certaine période de morosité. À ce jour, la production totale d’or combinée pour les camps miniers de Val-d’Or et de Malartic dépasse 25 millions d’onces.

La combinaison gagnante!

Une combinaison de facteurs explique ce regain d’intérêt pour la région de Val-d’Or. Le prix de l’once d’or a plus que doublé depuis 2002 et se situe présentement autour de 600 $US/once. Cette hausse a aussi été accompagnée par des sommets historiques des prix des métaux usuels : l’argent à 11,40 $US/once, le cuivre à 3,50 $US/lb, le zinc à 1,70 $US/lb et le nickel à 15,00 $US/lb. Les marchés émergeants du sud-est asiatique, principalement celui de la Chine, sont en grande partie responsables de ces hausses soutenues.

Ces prix élevés de l’or et des métaux ont généré et soutenu une exploration vigoureuse dans les régions minières traditionnelles du Québec, incluant l’Abitibi et, plus particulièrement, la « Vallée de l’or ». Ils ont aussi favorisé le réexamen d’anciens gîtes dont les paramètres économiques étaient considérés négatifs dans le passé.

L’implantation de nouvelles techniques de minage et d’usinage (traitement de larges volumes à basse teneur, opérations à ciel ouvert) a aussi permis de reconsidérer la mise en valeur de gisements déjà connus. À cet égard, mentionnons, pour le secteur Val-d’Or, la mise en production du gîte Goldex de la société Mines Agnico-Eagle et le développement du gisement aurifère du lac Herbin par Corporation minière Alexis.

Sur le projet Goldex de Mines Agnico-Eagle, le fonçage d’un puits en béton donnera accès à des réserves de 21 millions de tonnes de minerai à basse teneur contenant plus de 1,6 million d’onces d’or. La production annuelle estimée sera de 170 000 onces et ce, sur une période d’au moins 10 ans.

Une reprise des activités

La mine d’or Kiena, opérée par Mines d’Or Westdome, a repris officiellement ses activités le 18 août dernier après un arrêt temporaire qui a permis d’identifier de nouvelles réserves. De même, la mine Sigma, fermée en 2003, a repris ses opérations à ciel ouvert au début de 2005 sous la direction de Corporation Century Mining. Les environs de l’ancienne mine Louvicourt sont également l’objet de travaux d’exploration prometteurs par l’équipe de Corporation minière Alexis. Au nord de Val-d’Or, la propriété Abcourt-Barvue, détenue par Mines Abcourt, a vu son potentiel en Ag et Zn augmenter significativement à la suite d’une récente révision des ressources mesurées et indiquées (7 millions de tonnes à 61,17 g/t Ag et 3,33 % Zn).



Dans la région de Malartic, plusieurs anciens gisements sont réévalués à la lumière de nouvelles techniques d’exploitation ou de nouvelles données géologiques. Mentionnons, entre autres, le projet de fosse à ciel ouvert d’Exploration Osisko, la mine East Amphi exploitée par Mines Richmont et le projet Midway (site de l’ancienne mine Malartic Goldfields) sous la direction de Corporation minière Northern Star. Cette dernière procède actuellement à la construction d’un chevalement sur ce site.

Tous ces projets indiquent que la « Vallée de l’or » nous réserve encore plusieurs surprises. Ainsi, des gisements considérés comme épuisés ou non rentables dans un passé récent peuvent voir leur profitabilité évoluer rapidement de façon positive. Ceci est dû d’une part, au contexte économique actuel favorable (prix élevés de l’or et des métaux) et aux nombreuses innovations technologiques chez les exploitants miniers. D’autre part, cet essor est également relié à l’augmentation de nos connaissances géologiques au cours des dernières années et à notre compréhension accrue des grandes familles de gisements aurifères et de sulfures massifs volcanogènes qui composent la « Vallée de l’or ». Au bout du compte, l’amélioration de nos connaissances géologiques contribue de façon significative à l’application de concepts et de techniques d’exploration novateurs qui assureront le succès des explorateurs miniers en Abitibi.


Haut potentiel minéral dans le Nord-du-Québec

Patrick Houle
Ministère des Ressources naturelles et de la Faune,
secteur Mines, région Nord-du-Québec


En 2005, le Nord-du-Québec occupait le premier rang en ce qui a trait aux dépenses d’exploration réalisées hors d’un site minier, soit plus de 88 millions de dollars. Cette région continue de générer de nouvelles découvertes minérales importantes tels que :

  • le projet nickelifère de Canadian Royalties Inc. au sud de Raglan;
  • le projet de gîte aurifère de Goldcorp au nord du réservoir Opinaca;
  • le projet diamantifère de la coentreprise Les mines Ashton du Canada inc. et SOQUEM Inc. au nord des monts Otish.

La région du Nord-du-Québec est actuellement un pôle d’exploration majeur en raison de son fort potentiel de découvertes et de la multitude de types de minéralisation répartis dans différents encaissants. Elle occupe près du tiers de la Province du Supérieur, reconnue mondialement pour ses nombreux gisements de cuivre, d’or, de zinc, de nickel et d’argent.

Même si les camps miniers matures de Chapais-Chibougamau et de Joutel-Matagami ont connu plus de 50 ans de succès en exploration et exploitation, la partie sud du territoire de la Baie-James, comprise dans la Sous-province Abitibi, continue de constituer toujours une cible de choix pour la recherche de gisements d’or filoniens et de dépôts de sulfures massifs volcanogènes (SMV).

En plus de profiter d’un climat d’investissement favorable, les sociétés minières peuvent en effet bénéficier, au Québec, d’un crédit d’impôt relatif aux ressources pouvant atteindre jusqu’à 45 % dans le Moyen-Nord ou le Grand Nord.

Le territoire de la Baie-James

Facilement accessible par un réseau provincial de routes et d’aéroports, le territoire de la Baie-James contient un grand nombre de petites ceintures de roches vertes riches en indices métalliques (Au, Ag, Cu, Zn, Pb, Ni, Mo, Li, Fe). Ce territoire d’une grande superficie demeure peu exploré à l’exception des camps miniers de Chapais-Chibougamau et de Joutel-Matagami. Toutefois, il existe un potentiel significatif en or sur ce territoire, surtout le long de certaines structures régionales présentant des caractéristiques communes avec les récentes découvertes aurifères dans la Zone tectonique de Cadillac, en Abitibi. Mentionnons, par exemple, l’extension orientale de la Zone de déformation Detour Lake au nord-ouest de Matagami.

Plusieurs secteurs montrent un haut potentiel pour l’exploration de gisements de type sulfures massifs volcanogènes (SMV), soit :

  • le Complexe de Grevet-Mountain à l’est de Lebel-sur-Quévillon;
  • le secteur de Joutel;
  • l’extension est de Matagami;
  • les Membres de Lemoine et de Scott dans la région de Chapais-Chibougamau;
  • les Formations de Fecteau et de Chanceux dans la partie est de la Ceinture d’Urban-Barry.

Dans le Moyen-Nord, qui comprend les ceintures volcano-sédimentaires de Frotet-Evans, d’Eastmain et de La Grande, on assiste à la mise en valeur de gisements associés à de nouveaux contextes géologiques fort prometteurs. Ainsi, la découverte du système minéralisé aurifère Roberto sur la propriété Éléonore (Goldcorp) et le gîte Eau Claire (Eastmain Resources) confirment le potentiel du Moyen-Nord pour des minéralisations aurifères à haute teneur. La découverte de minéralisations hautement aurifères est favorable le long du contact entre deux domaines lithostratigraphiques (roches sédimentaires et volcaniques), le long de la zone de contact entre les sous-provinces de La Grande et d’Opinaca ou en périphérie d’intrusions ignées synvolcaniques.

En plus du potentiel pour les métaux précieux et usuels, le Moyen Nord québécois possède aussi un potentiel pour les métaux rares (Y, ZR, Nb, Ta, Be, Li et ETR). Les indices minéralisés connus se trouvent dans des plutons monzogranitiques peralumineux et des pegmatites granitiques situés soit le long des contacts entre la Sous-province de La Grande et les sous-provinces d’Opinaca et de Nemiscau, soit dans la Ceinture de Frotet-Evans.

Pour le diamant, les secteurs de Desmaraisville, des Basses terres de la baie James, de Wemindji, du Réservoir de Caniapiscau et des monts Otish apparaissent comme étant les plus favorables jusqu’à présent. Le consortium Les Mines Ashton du Canada inc. et SOQUEM INC. estime que les corps kimberlitiques Renard 2, 3, 4  et 9  renferment entre 18,6  et 22,0 millions de carats de diamants à l’intérieur de 23,2 à 27,5 millions de tonnes de matériel kimberlitique sur la propriété Foxtrot, au nord des monts Otish.

Enfin, avec la forte augmentation du prix de l’uranium, l’exploration pour ce dernier connaît un nouveau regain qui ne s’était pas observé depuis le milieu des années 1980. Les différents lambeaux de la Formation de Sakami, la région de la rivière Rupert et les séquences sédimentaires du bassin des monts Otish sont des secteurs à fort potentiel pour la recherche de l’uranium.

Le Territoire du Nunavik

Les orogènes du Nouveau-Québec (Fosse du Labrador), des Torngat et de l’Ungava (Ceinture de Cape Smith) occupent une grande partie du Grand Nord. 

Pour l’Orogène du Nouveau-Québec, Clark et Wares, 2004 ont répertorié 393 indices minéralisés, principalement :

  • des formations de fer avec ou sans or;
  • des indices de nickel-cuivre ± EGP;
  • des indices d’uranium;
  • des indices de cuivre-zinc-argent (SMV).

Les grès situés près des lacs Otelnuc et du Portage et la Formation de Chioak montrent un potentiel pour l’uranium. Pour les gisements de type SMV, les secteurs des lacs Retty et Gerido représentent des cibles à privilégier. Enfin, pour la recherche de cuivre et de nickel, le secteur du Qarqasiaq (SNRC 25 D/01), à l’extrêmité nord de la Fosse du Labrador, présente plusieurs similitudes avec la Ceinture de Cape Smith.

La Ceinture de Cape Smith (Fosse de l’Ungava) est reconnue pour ses gîtes de cuivre, de nickel, de cobalt et d’éléments du groupe du platine (camp minier de Raglan). Les roches ultramafiques du Groupe Chukotat ainsi que les filons-couches de type Raglan dans le Groupe de Povungnituk demeurent peu explorés, principalement dans leur partie occidentale et le Domaine Nord de la Ceinture. La mine Raglan demeure le joyau de ce secteur. Exploitée depuis 1998, cette mine a produit près de 6 300 tonnes métriques (tm) de cuivre, 22 900 tm de nickel et 450 tm de cobalt en 2005.

Le Couloir structural Saindon-Cambrien, le secteur du lac Aigneault et celui des monts Torngat constituent des secteurs à fort potentiel pour le diamant.

Plusieurs ceintures de roches vertes de la Sous-province de Minto de même que la partie est de la Sous-province d’Ashuanipi, à l’ouest de Shefferville, représentent des cibles intéressantes pour l’exploration de minéralisations aurifères et de métaux usuels de type SMV.

Référence 

Clark, T.- Wares, R. 2004 – Synthèse lithotectonique et métallogénique de l’Orogène du Nouveau-Québec (Fosse du Labrador). Ministère des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs, Québec; DP-2004-02, CD-Rom accompagné d’une carte à l’échelle de 1/500 000 et de la classification des gîtes.


De nouveaux indices sur la Côte-Nord

Pierre Lacoste, Abdelali Moukhsil, Martin Simard et Serge Perreault
Bureau de l'exploration géologique du Québec

La campagne de cartographie de l’été 2006 est maintenant complétée. La région étudiée couvre les feuillets 22F/07, 22F/08, 22F/09, 22F/15 et 22F/16. Cette campagne s’est effectuée en parallèle d’un vaste projet de synthèse régionale de la province de Grenville (Figure des provinces géologiques qui s’étalera sur cinq ans.

Le choix de la région immédiate au nord de Baie-Comeau se justifie principalement par un manque de données géoscientifiques et par la présence d’un potentiel minéral peu connu. La campagne de cartographie 2006 permettra aussi d’étendre les connaissances géologiques à une échelle régionale plus grande et de faire l’arrimage avec les travaux réalisés dans la région du lac Varin (22F/10) en 2004.

La région recèle plusieurs indices connus de Cu-Ni et de Fe-Ti (MB 91-31, RP 2006-1). La plupart des indices ont fait l’objet de nombreux travaux réalisés par diverses compagnies minières ou par des prospecteurs de 1986 à 2005.

Les travaux de l’été 2006 ont mis au jour de nouveaux indices de type oxydes (Fe et Ti) associés à la Suite anorthositique de Vallant ainsi que des minéralisations en Ni-Cu et Pt-Pd associés aux roches mafiques à ultramafiques qui n’avaient pas été publiées par les compagnies minières. Des sites pour la pierre architecturale ont été également identifiés et pourraient présenter un fort potentiel, surtout ceux à l’intérieur de la Suite plutonique de Varin.

Avec la remontée du prix de l’uranium, plusieurs petites sociétés minières ont pris des positions sur le territoire de la Côte-Nord depuis 2003. Espérons que la poursuite du projet de cartographie de la région de Baie-Comeau permettra de mettre en valeur des secteurs propices à l’exploration uranifère.

Les résultats de la campagne de cartographie de l’été 2006 seront disponibles à Québec Exploration 2006, en novembre.


Sept millions pour la restauration de sites miniers abandonnés

Le gouvernement du Québec investira une somme de 7 millions de dollars en 2006-2007 dans la restauration des sites miniers abandonnés.

En Estrie, une somme de 1,5 million est octroyée pour amorcer les travaux de restauration sur le site Eustis. Une seconde tranche de 1,5 million de dollars permettra de compléter la restauration de ce site l'an prochain.

Une aide de 5 millions de dollars est accordée pour entreprendre la restauration du site Manitou. Cette année également, 500 000 dollars serviront à préparer les plans d'intervention pour les travaux de restauration sur le site Aldermac, en Abitibi-Témiscamingue.

Au cours de l’automne, un groupe de travail fera des propositions sur une stratégie de financement de restauration des sites miniers abandonnés et sur des modifications législatives permettant de réduire le risque que l'État ne devienne de nouveau responsable de ces sites.

Rappelons que des mesures ont été prises pour s'assurer que les générations futures n'aient pas à assumer les coûts économiques et environnementaux liés à la restauration des sites miniers abandonnés. En effet, les compagnies minières doivent préparer des plans de restauration des parcs à résidus en activité et les restaurer. Elles ont aussi l'obligation de déposer une garantie financière pour faire ces travaux.


Québec Exploration 2006
Une invitation à vivre l'exploration à son meilleur!

C’est du 20 au 23 novembre prochain que se déroulera la 4e édition de Québec Exploration. Rendez-vous incontournable de l’industrie de l’exploration minière, l’événement réunira quelque 1 500 participants provenant tant des milieux minier, gazier et pétrolier que de celui des affaires et des secteurs scientifique et universitaire.

Sous la présidence d’honneur de M. Ian Telfer (Goldcorp Inc.), Québec Exploration 2006 permettra aux participants de venir découvrir les meilleures occasions d’affaires et d’investissements de même que les projets les plus prometteurs.

Au programme :

  • les plus récentes recommandations et prévisions de spécialistes en investissement minier;
  • les plus récentes découvertes et les indices prometteurs du Québec ou d’ailleurs au Canada;
  • un programme de conférences de haut niveau;
  • une exposition commerciale et géoscientifique d’envergure.

Et plus encore!

Pour en savoir davantage sur la programmation ou pour vous inscrire, rendez-vous au www.QuebecExploration.qc.ca.


Québec mines tisse des liens...

Vous avez sans doute remarqué le nouveau lien qui s’est ajouté dans le menu de droite du bulletin dans la page d'accueil. Il s’agit de GEOLOG, le bulletin électronique de l’Association géologique du Canada. Ce lien vous donne directement accès au bulletin de l’association qui est publié quatre fois l’an.

L’Association géologique du Canada est une société scientifique qui compte plus de 2 000 membres répartis sur l’ensemble du territoire canadien et à l’étranger. Depuis mai dernier, M. Robert Marquis, directeur du Bureau de l’exploration géologique du Québec, y occupe le poste de président.