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  • L'uranium, un vent d'optimisme >>
  • Distribution des minéralisations Ni-Cu-EGP dans la Ceinture de Cape Smith >>
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Québec Exploration - Visez juste!

Une rencontre incontournable avec les leaders de l'exploration minière au Québec!

Au programme :

  • Les secteurs et les indices les plus prometteurs au Québec et ailleurs au Canada
  • Les meilleures occasions d'investissements
  • Les plus récentes découvertes et des exclusivités
  • Les nouveaux modèles métallogéniques et les plus récentes techniques d'exploration
  • Les plus récents progrès en exploration gazière et pétrolière au Québec
  • Le portrait de l'industrie de la pierre architecturale : volets exploration, exploitation et transformation

Soyez-y! 1 200 participants vous y attendent!

Pour en savoir d’avantage sur la programmation ou pour vous inscrire, visitez le www.QuebecExploration.qc.ca

L'uranium : un vent d'optimisme

Serge Perreault, géologue résident,
Direction de Géologie Québec

  • Les gîtes d'uranium au Québec Les gîtes d'uranium au Québec
  • Potentiel au Québec
  • Un rappel économique
  • En 2005
  • La production mondiale d'uranium
  • Références

L’intérêt de la communauté minière pour l’uranium renaît au Québec après 22 ans de relative inactivité. Même si la production d’uranium est concentrée en Saskatchewan et que c’est dans cette province que la majeure partie des dépenses en exploration au Canada sont consacrées, le Québec représente néanmoins un terrain de jeu intéressant pour l’exploration de cette substance. Bien que de vastes régions du Québec aient déjà fait l’objet de travaux d’exploration, ceux-ci n’ont eu qu’une importance limitée en raison du manque de données radiométriques, géochimiques et géologiques. Toutefois, grâce à un récent levé géochimique de sédiments de fonds de lac dans le Grand- Nord, à la cartographie de la partie nord de la Province du Supérieur et à une utilisation judicieuse des bases de données de SIGEOM, il est maintenant possible de planifier des campagnes d’exploration de terrain dans des territoires qui furent oubliés entre les années 1960 et 1980.

Les gîtes d’uranium au Québec

Le Québec a connu deux grandes vagues d’exploration pour l’uranium. La première a lieu dans les années 1950 et 1960. Cette période correspond également à la réalisation de grands levés radiométriques aéroportés régionaux par la Commission géologique du Canada. Seul le sud du Québec est couvert par ces levés. La deuxième période commence au milieu des années 1970 et se termine au début des années 1980. Depuis, l’exploration pour l’uranium a pratiquement cessé. Cependant, à partir de l’automne 2004, les anciens gîtes d’uranium connus ont suscité la convoitise de plusieurs compagnies minières junior et senior.

Au Québec plusieurs types de gîtes d’uranium ont été reconnus (Clark et Wares, 2004; Sidex 2004; SIGÉOM-Gîtes; Boily et Gosselin, 2004; Gosselin et al., 2003; Masse, 1974) :


(Format PDF, 186 Ko)

  • les gîtes d’origine sédimentaire stratiforme dans les grès (Formation de Sakami (ex. : gîtes Lac Gayot (Fearless One) et Lac Bert); Groupe de Chioak dans la Fosse du Labrador (ex. : indice Chioak);
  • les gîtes liés à des discordances, semblables à ceux du bassin de l’Athabasca (ex. : rivière Camie et lac du Castor, dans le bassin des monts Otish);
  • les gîtes filoniens (épithermaux), avec cuivre et/ou or, associés à de l’albitisation (ex. : indice Sagar, dans la Fosse du Labrador);
  • les gîtes d’uranium–or dans des conglomérats, semblables à ceux d’Elliot Lake en Ontario (formation d’Apple dans la Province du Supérieur);
  • les gîtes de type fer-oxydes avec uranium, cuivre et or, de type Olympic Dam en Australie (ex. : les indices Nipissis (Kwijibo) sur la Côte-Nord);
  • les gîtes associés à des pegmatites et des granitoïdes (ex. : indices de la région de Mont-Laurier–Grand-Remous, région de Baie-Johan-Beetz et d’Aguanish, sur la Côte-Nord dans la Province de Grenville);
  • les gîtes associés à des carbonatites ou à des complexes ignés alcalins, du type Palabora (ex. : carbonatite d’Oka; complexe alcalin du lac Brisson (Strange Lake)).

Potentiel au Québec

La plupart des indices travaillés entre les années 1960 et 1980 n’ont pas permis de mettre au jour des gîtes rentables. Toutefois, le potentiel minéral pour des gîtes d’uranium est présent au Québec.

  • Les roches sédimentaires du Paléoprotérozoïque du bassin des monts Otish, de la Formation de Sakami et de celles de la bordure ouest de la Fosse du Labrador (Groupe de Chioak) représentent des zones hautement favorables à des gîtes de type discordance (type Athabasca) et de type sédimentaire stratiforme dans des grès. Il faut se demander ce qu’il en est pour le Groupe de Wakeham dans la Province de Grenville.
  • La Fosse du Labrador est l’exemple parfait de gîtes de type filonien associé à de l’albitisation. Le potentiel pour l’Orogène de l’Ungava (Fosse de l’Ungava) et de la Province de Grenville reste aussi à déterminer.

  • Les gîtes associés aux pegmatites (alaskites) et aux granitoïdes peralumineux de type Rössing (Namibie) sont fort bien connus dans la Province de Grenville et quelques exemples sont connus dans la Province du Supérieur. Il serait intéressant de savoir ce qu’il en est de la zone Noyau située entre les limites orientales de la Fosse du Labrador et celle de l’Orogène des Monts Torngat. La présence de métasédiments migmatisés, d’un cortège imposants d’intrusifs granitiques (ex. : batholite De Pas) et d’anomalies uranifères dans les sédiments de fonds de lac mérite que l’on s’attarde à ce vaste territoire.
  • Pour ce qui est du potentiel uranifère des Appalaches, seuls quelques indices sont connus (ex. : Saint-Armand, Sainte-Anne-du-Lac, près de Thetford-Mines). Toutefois, cette province géologique mérite une attention particulière puisqu’elle est située près des infrastructures majeures de transport et des grands marchés nord-américains.
  • Enfin, il existe peut-être un potentiel pour les gîtes d’uranium associés à des roches volcaniques felsiques d’affinité subalcaline à hyperalcaline (ex. : le gîte Michelin au Labrador). Le Groupe de Wakeham (Province de Grenville), certaines unités volcaniques de l’Orogène du Nouveau-Québec et des Appalaches représentent des zones cibles pour ce type de gîtes.

Un rappel économique

La grande dépression qu’a connu le marché de l’uranium est attribuée à plusieurs facteurs, dont des accidents majeurs dans des centrales nucléaires aux États-Unis (1979) et dans l’ex-URSS (1986), qui ont ralenti ou tout simplement stoppé la mise en chantier de nouvelles centrales nucléaires dans ces pays et dans certains pays industrialisés. Avec la dénucléarisation de l’arsenal nucléaire des deux superpuissances, le recyclage des barres de combustibles d’uranium et de plutonium et la liquidation d’inventaires d’uranium, de nouvelles sources d’approvisionnement secondaire de plutonium et d’uranium firent leur apparition sur les marchés dans les années 1990 (Comb, 2004, World Nuclear Association, octobre 2004).

Le marché de l’uranium a été dominé par une production primaire qui excédait les besoins des réacteurs nucléaires entre 1970 et 1984. Cette production d’uranium était basée sur des prévisions erronées d’une forte croissance de la production d’énergie nucléaire (Sidex, 2004). Jusqu’en 1990, la production primaire d’oxyde octovalent d’uranium (U3O8) dépassait largement la demande. Par la suite, cette production primaire d’U3O8 a décru par rapport à la demande (Comb, 2004). Entre 1985 et 2003, nous avons même assisté à une liquidation des stocks.

Depuis près de deux ans, le prix spot d’U3O8 a augmenté en flèche pour atteindre 30 $ US/lb sur le marché international, alors qu’il était à 12 $ US/lb en octobre 2003 (source : Ux Weekly; Bonel et Chapman, 2005). En 1976-1977, le prix du U3O8 avait atteint un sommet historique inégalé, au-delà de 100 $ US/lb (prix en dollars de 2004 ou ~ 43 $ US/lb en dollars courants). Il a ensuite connu une décroissance vertigineuse à partir de 1980 pour atteindre le fond du baril en 2001 en s’établissant sous la barre des 8 $ US/lb. Les prix spot de l’uranium représentent environ 15 % du marché alors que 85 % des transactions sont conclues sous la forme de contrats à long terme, généralement à un prix supérieur au prix spot (Sidex, 2004).

En 2005

Depuis le sommet de Kyoto, les principaux pays industrialisés se sont engagés à réduire leur émissions de gaz à effet de serres, responsable en partie des changements climatiques notés par les scientifiques depuis plus d’un siècle. Hormis l’hydro-électricité, l’énergie solaire ou l’énergie éolienne, l’énergie nucléaire est celle qui dégage le moins de gaz à effet de serre comparée à l’énergie produite à partir des combustibles fossiles (World Nuclear Association, février 2005). Afin de rencontrer les exigences de Kyoto et de réduire leur dépendance face au pétrole et au gaz naturel pour combler leur besoin énergétique, plusieurs pays industrialisés ont décidé de construire de nouvelles centrales nucléaires. De plus, compte tenu de la demande croissante en besoin énergétique de la part de pays émergeant telle que la Chine, l’Inde et autres pays du sud-est asiatique, ainsi que l’épuisement progressif de plusieurs gisements actuellement exploités, un manque d’approvisionnement en uranium est anticipé d’ici les 10 à 15 prochaines années. Actuellement la production primaire d’uranium ne représente que 55 % des besoins des réacteurs nucléaires en opération (World Nuclear Association, octobre 2004). Ceux-ci constituent des ingrédients nécessaires à une recrudescence des prix spot de l’uranium qui favorisera un regain d’intérêt de la part des compagnies minières à concentrer une partie de leurs dépenses en exploration à la recherche de gîtes uranifères.

La production mondiale d’uranium

La production mondiale d’uranium en 2003 a atteint 36 300 tonnes (Bonnel and Chapman, 2005). Les réserves mondiales dont le coût de production est inférieur à 40 $/kg sont estimées à près de 2 Mt d’uranium, ce qui représente plus de 30 ans de besoins pour les réacteurs existants (Sidex, 2004). La production canadienne pour 2004 s’est élevée à 13 676 tonnes de concentré d’U3O8 et équivaut à 30 % de la production mondiale. Cette production est évaluée à 800 M$ CA. Les réserves d’uranium à bas coût de production (ce qui comprend les ressources assurées raisonnables et les ressources additionnelles estimées de catégorie 1) sont de 590 000 tonnes d’U3O8 et correspondent à 12 % des réserves mondiales. Par comparaison, les réserves d’U3O8à bas coût de production représentent le double des réserves canadiennes. La production canadienne provient en totalité de la Saskatchewan (bassin de l’Athabasca). En 2003, environ 13 M$ ont été consacrés à l’exploration minière hors site, principalement en Saskatchewan (World Nuclear Association, août 2005). À l’heure actuelle, le Québec ne produit pas d’uranium.

Références

Bonnel and Chapman, 2005. Uranium, Dans World metals and minerals review 2005, éditeurs Metal Bulletin, British Geological Survey and Industrial Minerals, p. 293-297.

Clark, T. et Wares, R. 2004. Synthèse lithotectonique et métallogénique de l’Orogène du Nouveau-Québec (Fosse du Labrador), Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, Québec; MM 2004-01, 182 p.

Comb, J., 2004. Fueling the future: A new paradigm assuring uranium supplies in an abnormal market, World Nuclear Association Annual Symposium, 8 au10 septembre 2004, London, 16 p.

Boily. M. et Gosselin, C., 2004. Les principaux types de minéralisations en métaux rares (Y-Zr-Nb-Ta-Li-Be-ETR) au Québec, Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, Québec, ET 2004-01, 41 p.

Gosselin, C. et collaborateurs, 2003. Minéralisations en métaux rares (Y-Zr-Nb-Ta-Li-Be-ETR) au Québec, Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, Québec, DV 2003-03.

Masse, J.P., 1974. L’uranium au Québec, Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, Québec; GM 51690, 88 p.

SIDEX, 2004. Explorer pour l’uranium au Québec, Bulletin SIDEX, novembre 2004, 12 p.

World Nuclear Association, 2004. Uranium markets, octobre 2004, 5 p.

World Nuclear Association, 2005. Sustainable Energy, février 2005, 5 p.

World Nuclear Association, 2005. Canada’s uranium production and nuclear power, août 2005, 8 p.

Autres lectures suggérées sur les types de gîtes uranifères au Canada et dans le monde :

Géologie des types de gîtes minéraux du Canada, révision par O.R. Eckstrand, W.D. Sinclair et R.I. Thorpe, Commission géologique du Canada, Géologie du Canada, nº 8, 1996. Voir les sections 1.1, 1.2, 7, 8.1, 12, 13, 14, 21 et 22.

Dahlkamp, F.J., 1993. Uranium ore deposits. Éditeur Springer-Verlag, New-York Berlin Heidelberg; 460 pages.

Distribution des minéralisations Ni-Cu-EGP
dans la Ceinture de Cape Smith
(Orogène d'Ungava) : pistes d'exploration

Daniel Bandyayera et Abdelali Moukhsil
Direction de Géologie Québec

La Ceinture de Cape Smith renferme un potentiel minéral unique. Cette région du Nord-du-Québec fait actuellement l’objet d’activités d’exploration accrues. Les plus récents résultats obtenus par les compagnies d’exploration en confirment l’excellent potentiel pour la découverte de nouveaux indices de Ni-Cu-EGP. Jusqu’à maintenant, l’exploration s’est concentrée davantage dans le sud de la ceinture. D’autres secteurs de la partie nord méritent toutefois d’être explorés. Dans cette optique, le Ministère a récemment défini des tendances de distribution géologiques (trends) particulières pour chacune des parties de la Ceinture de Cape Smith (Bande de Raglan).

La distribution des minéralisations Ni-Cu-EGP de la Bande de Raglan montre deux « trends » distincts : le « trend » nord et le « trend » sud. Le « trend » nord est nettement plus riche en nickel que le « trend » sud, qui pour sa part se distingue par ses teneurs élevées en platine et en palladium. Les deux « trends » se distinguent également sur le plan des rapports Ni/Cu. Alors que ce rapport est de 1 pour le « trend » sud, il varie de 2 à 54 dans le « trend » nord.

Il est possible d’envisager que les minéralisations des deux « trends » ne soient pas reliés génétiquement par le même système de dykes nourriciers. Les magmas associés aux minéralisations du « trend » nord sont plus primitifs que ceux rattachés aux minéralisations du « trend » sud.

Le « trend » nord est formé par les indices Ni-Cu-EGP de l’horizon Raglan situés à l’interface entre les groupes de Povugnituk et de Chukotat. Il englobe un chapelet de 19 lentilles de sulfures massifs dont les plus importants sont les dépôts Katinniq, Donaldson et Lac Cross. Ces dépôts sont observés à la base des unités de laves komatiitiques, ou associés à des cumulats ou à des sills ultramafiques qui recoupent le Groupe de Chukotat. Les teneurs en nickel sont généralement élevées.

Elles atteignent par endroits 8 % sur une dizaine de mètres d’épaisseur. Les teneurs en cuivre sont par contre très faibles. Elles s’élèvent rarement à 1 %. Quelques échantillons des sulfures massifs ou disséminés montrent des moyennes de 3 g/t Pd et 1,3 g/t Pt. Selon la classification des gîtes de sulfures magmatiques, le « trend » nord correspond au type de gîtes de sulfures magmatiques à Ni-Cu dominants.

Le « trend » sud est associé essentiellement à des filons couches différenciés de péridotite-pyroxénite-gabbro et occasionnellement à des dykes nourriciers relativement zonés de composition péridotitique ou gabbroïque. Il englobe plusieurs indices minéralisés dont les plus importants sont Mesamax, Expo-Ungava, TK et Méquillon. La minéralisation est essentiellement formée de sulfures disséminés et semi-massifs, et occasionnellement de sulfures massifs, localisés à la base des intrusions.



On observe par endroits une alternance entre les sulfures massifs et les sulfures disséminés, ce qui suggère un processus épisodique pour ces minéralisations, associé probablement à différentes venues de magma. La pentlandite grossièrement grenue forme plus de 20 % des sulfures observés. Cependant, il ne semble pas y avoir de différences de teneurs en Ni-Cu-EGP entre la minéralisation à sulfures grossièrement grenus et la minéralisation finement grenue.



Les sills ultramafiques à mafiques sont intercalés, par endroits, entre des niveaux de métasédiments. Il n’est donc pas rare de trouver une section de forage avec plusieurs niveaux de sulfures massifs. La poursuite d’un forage en profondeur peut souvent dépendre de la présence de stockwork de sulfures dans ces métasédiments (T. Keast, communication personnelle).



Contrairement au « trend » nord, les teneurs en nickel du « trend » sud dépassent rarement 3 % Ni, alors que le cuivre se maintient souvent au-dessus de 4 % sur 6 m par endroits, y compris des intervalles de 8 % sur 0,5 m. En termes d’analyse par échantillon individuel, les rapports Ni/Cu sont constants et tournent autour de 1. De même, les rapports Pd/Pt relativement constants, autour de 4, dans les minéralisations massives ou disséminées passent abruptement de 15 à 20 dans les niveaux plus riches en Cu et en Pd. On observe également une corrélation positive entre le Cu et le Pd.

Les valeurs les plus élevées en Pd (> 10 g/t) sont généralement associées à une minéralisation riche en Cu. La présence de la chalcopyrite massive sous forme de veines ou de minces niveaux centimétriques suggère qu’il s’agit des remobilisations hydrothermales du Cu et du Pd à partir des minéralisations primaires magmatiques.

Ainsi, certains gîtes de sulfures magmatiques du « trend » sud, à faible teneur en nickel, pourraient devenir viables économiquement, grâce à leurs teneurs élevées en Pt et en Pd. Des analyses systématiques de ces deux éléments sont donc fortement suggérées pour le « trend » sud, même sur des sections où les teneurs en nickel sont très faibles.


Minéralisations aurifères : du nouveau dans la Ceinture d'Urban-Barry

Pierre Rhéaume et Daniel Bandyayera
Direction de Géologie Québec

Géologie Québec a procédé à des travaux de vérification ponctuels durant l’été 2005 dans la Ceinture d’Urban-Barry (CUB), notamment dans le secteur des lacs Windfall et Rouleau. Au cours de ces travaux, de nouveaux décapages et des sondages récents ont été examinés afin de préciser le contexte géologique des minéralisations aurifères pour lesquelles ce secteur est connu. L’examen préliminaire des données recueillies fait ressortir de nombreuses similitudes entre les minéralisations aurifères du secteur du lac Windfall et les gîtes épithermaux de métaux précieux.

Ces travaux confirment les études antérieures et soulignent que la CUB a vu le développement de plusieurs types de minéralisation aurifère étalé dans le temps. Plus particulièrement, l’hypothèse d’un large système épithermal dans les roches felsiques et intermédiaires des membres de Windfall et Rouleau a d’importantes conséquences pour l’exploration, en raison des éléments suivants.

  • La minéralisation de type épithermal observée à ce jour est associée à une altération reconnaissable marquée par une silicification, une carbonatation, l’ajout de potassium, le lessivage du sodium et la présence de tourmaline. Cette signature, visible sur le terrain, permettra de guider l’exploration.
  • Les effets de ce système épithermal se retrouvent dans une large enveloppe affectant des roches diversifiées. Cette empreinte hydrothermale est notamment (mais pas exclusivement) exposée dans le secteur des lacs Windfall et Rouleau et du lac aux Loutres. L’exploration des gîtes épithermaux de métaux précieux devra tenir compte de ce volume de roches altérées.
  • Le style structural de la CUB, marqué par des plis à double plongée et l’imbrication structurale du sud vers le nord, est propice à la découverte d’extensions des unités altérées les plus intéressantes. Ces extensions pourraient être localisées à faible profondeur en sous-surface.

Localisation et contexte géologique

La CUB est située à 100 km au sud de Chapais (figure 1). Elle est principalement formée de roches volcaniques et s’étend sur 135 km d’ouest en est, du lac Wilson au Front du Grenville. La CUB montre un grain structural principalement E-O, marqué par des plis à double plongée et des failles E-O induisant des chevauchements vers le Nord (figure 2). On y note de nombreux ensembles de roches volcaniques felsiques, dont les membres de Novellet (2 714 Ma), de Freeman (2 701 Ma), de Windfall (2 718 Ma), de Rouleau, de Chanceux (2 727 Ma) et de Fecteau (2 791 Ma).


Figure 1
Localisation de la Ceinture d’Urban-Barry.


Figure 2
Géologie simplifiée de la Ceinture d’Urban-Barry.

Les secteurs examinés en 2005 touchent principalement les membres de Windfall et de Rouleau, là où de nombreuses compagnies d’exploration, dont Ressources Murgor Inc., Noront Resources Ltd. et Beaufield Consolidated Resources Ltd., sont actives depuis plusieurs années. Les décapages et les sondages du secteur Windfall montrent des stockworks de pyrite recoupant un complexe de sills de porphyre quartzo-feldspathique, des andésites et des tufs felsiques. Ces stockworks (figures 3a et 3b) sont généralement peu déformés et ont retourné des teneurs en or supérieures à 10 g/t Au. Le ratio Au/Ag dans les échantillons prélevés en 2005 est élevé, de l’ordre de 1/1 et la roche encaissante montre une altération souvent intense caractérisée par une silicification, une carbonatation, un gain de potassium ainsi que par un lessivage du sodium. La pyrite contient aussi des aiguilles de tourmaline, formant localement des brèches à ciment de tourmaline comparables à celles du secteur du lac aux Loutres.


Figure 3a
Échantillon du sondage NOT-4-27 qui provient d’un intervalle aurifère montrant un stockwork de pyrite dans une zone intensément silicifiée.
Figure 3b
Détail de la zone dans l’encadré en A montrant les cristaux de tourmaline brunâtre à section triangulaire dans la pyrite. L’échantillon est offert par Noront Resources Ltd.

L’information disponible à ce jour suggère qu’il s’agit d’une minéralisation antérieure à la déformation et de caractère syn-volcanique. Le caractère précoce de la minéralisation, le développement de stockworks à pyrite-or dans des zones silicifiées au sein d’une auréole d’altération potassique et le ratio Au/Ag proche de 1 permettent de proposer que ces minéralisations appartiennent à un large système épithermal ou à la cheminée d’altération d’un système exhalatif volcanogène aurifère.

La présence de quantités importantes de tourmaline disséminée (1 à 2 %) et de pyrite a aussi été notée dans des tufs intermédiaires à l’ouest du lac Rouleau, au sud du secteur Windfall (NAD 83 –18 - 454587E - 5431846N). Ces tufs coïncident avec un haut magnétique plissé qui peut être suivi sur quelques kilomètres.

Le secteur du lac Rouleau, peu exposé, a été surtout investigué par les carottes de forage, lesquelles font présentement l’objet de travaux de lithogéochimie visant à caractériser cette unité importante. Les roches du Membre de Rouleau vues en sondage sont principalement des tufs intermédiaires à lapilli ou à blocs. Nous avons noté une importante altération en carbonate, localement associée à un cisaillement ainsi qu’à des veines de quartz et des grains d’or visibles. Les travaux antérieurs rapportent des réserves de 544 000 à 7,2 g/t Au. Les indications préliminaires sont compatibles avec une minéralisation aurifère filonienne de type mésothermal.


GESTIM Plus – une version améliorée à l'intention de nos clients

Roch Gaudreau
Direction du développement minéral

Depuis l’implantation de GESTIM en novembre 2000, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune a continué d’y apporter des améliorations substantielles. Soucieux de bien servir sa clientèle, le Ministère poursuit sur cette lancée et vous présentera bientôt GESTIM Plus.

Pour produire GESTIM Plus, l’ensemble des services de GESTIM a été révisé afin de mieux répondre à vos attentes. En plus d’une nouvelle interface Web et d’une navigation encore plus conviviale, vous bénéficierez dans GESTIM Plus d’un ensemble de nouveaux services en ligne tels que la commande de produits, la consultation et la désignation de titres miniers, que vous pourrez obtenir en pointant un territoire d’intérêt sur la carte du Québec. De plus, GESTIM Plus offrira de nouveaux outils qui permettent de produire des cartes thématiques adaptées à vos besoins d’affaires.

GESTIM Plus, c’est également un nouveau système de traitement pour l’attribution des droits miniers (ODM). Il permettra de traiter vos requêtes plus rapidement en offrant de l’assistance, des validations automatisées et une prise de décision assistée. L’objectif visé est de diminuer de façon substantielle les délais de traitement de vos dossiers.

Les utilisateurs qui désirent adhérer à titre de membre seront à même de constater les nombreux avantages que GESTIM Plus leur procurera. Ainsi, le service aux membres vous donnera accès à l’autogestion de vos titres miniers. Vous pourrez, entre autres, communiquer en ligne avec le registraire responsable du traitement de votre dossier, consulter vos transactions financières en ligne et avoir accès à votre compte client pour obtenir un relevé mensuel. Vous serez en mesure de constater une nette amélioration du module de demandes de renouvellement de claims.

Le Ministère prévoit mettre en ligne GESTIM Plus au début de l’année 2006. Soyez donc les premiers à prendre connaissance des nouveautés qu’offrira GESTIM Plus. Le lancement de la version bêta de GESTIM Plus est prévu à l’occasion de Québec Exploration 2005. Venez nous visiter et faites partie des privilégiés qui auront la chance de voir GESTIM Plus à l’œuvre, en primeur!


Du nouveau dans la livraison de données d'analyses géochimiques

Afin de faciliter la tâche aux utilisateurs du SIGEOM, de nouveaux outils sont désormais mis à la disposition de la clientèle.

Accès rapide aux nouvelles analyses des sédiments de l’environnement secondaire par l’entremise de e-sigeom à la carte.

Des requêtes préétablies « Nouveautés Géochimie » permettent maintenant d’obtenir des résultats d’analyses d’échantillons de sédiments provenant de nouveaux levés ou de réanalyses récentes à partir d’un simple bouton.

Deux nouvelles banques de données géochimiques de l’environnement secondaire sont présentement offertes. Il s’agit des résultats d’un levé de sédiments de lacs couvrant la quasi-totalité de la MRC de Manicouagan et des résultats de réanalyses d’une série d’échantillons de sédiments de lacs et de sédiments de ruisseaux qui avaient été prélevés à la Baie-James.

Tableaux d’analyses géochimiques faciles à consulter

Deux utilitaires servent à transposer les données d’analyses géochimiques provenant du SIGEOM dans un format de tableau facile à consulter. Il s’agit des modules « TanspoLithSIG » qui traite les analyses de roche et du module « TranspoSedSIG » qui traite les analyses de sédiments de l’environnement secondaire.

Les modules « TranspoLithSIG » et « TranspoSedSIG » sont disponibles en format Access 97 ou Access 2002 en s’adressant au :

Centre de service des Mines
Téléphone : (418) 627-6278 (région de Québec)
                      1 800 363-7233 (sans frais au Canada)
Courriel : service.mines@mrnf.gouv.qc.ca