Le fer et le titane au Québec :
une revue des gîtes de fer et d'ilménite au Québec
Abdelali Moukhsil et Serge Perreault, géo.
Soutien technique : Éric Grégoire
Direction de Géologie Québec
Depuis les deux dernières années,
le prix de la boulette de fer connaît un croissance vertigineuse.
Comme l’indique le Ministère dans le Bilan
et faits saillants de l’industrie minière au Québec
en 2004, les compagnies minières Québec Cartier
et IOC ont vu le prix de la boulette de fer augmenter de 21,2 %
et celui du concentré, de 22,33 %. Les prix de référence
mondiaux de ces deux produits ont atteint, en 2004, des sommets
historiques. En réponse à cette hausse, de nombreuses
compagnies minières, grandes et petites, ont montré
un intérêt croissant pour la recherche de gisements
de fer. Au Québec, les principaux gîtes de fer non
exploités évalués entre 1950 et 1980, font
partie du portefeuille minier de plusieurs compagnies minières
juniors.
Les prix à la hausse du minerai de fer et
les perspectives encourageantes des prochaines années ont
suscité un regain d’intérêt dans l’exploration
du fer au Québec. Il faut remonter aux années 1960
pour retrouver un tel intérêt. Un rapide calcul des
ressources géologiques réalisé à partir
des fiches de gîtes du Ministère indique que le Québec
possède des ressources inférées qui excèdent
deux milliards de tonnes de minerai. Toutefois, il existe une
vingtaine de gîtes dont la teneur est de plus de 30 %
Fe, avec des tonnages supérieurs à 100 millions
de tonnes (Format PDF, 737 Ko).
Près de la moitié de ces gîtes sont situés
dans la région comprise entre Fermont et le réservoir
de Manicouagan. Le secteur qui se trouve au nord de la fosse du
Labrador, plus précisément au nord de la Baie-aux-Feuilles,
contient également plusieurs gîtes d’importance.
Les gîtes de Great Iron Whales (Baie-James), de Duncan (Baie-James)
et du lac Albanel sont d’autres gîtes de fer majeurs
au Québec. Signalons cependant que l’évaluation
des ressources minérales de ces gisements a été
réalisée au cours des années 1960 et ne
répondent plus aux normes 43-101.
Les compagnies qui voudront développer un
gisement de fer devront tenir compte de plusieurs facteurs :
- L’évolution du marché du fer à moyen
et à long terme. Le marché du fer est un marché
cyclique très sensible aux fluctuations économiques
mondiales (ex. : le prix du gaz et du pétrole, les
crises économiques, etc.).
- La distance des gisements des grandes infrastructures. Les
exploitants de gisements éloignés des infrastructures
existantes verront leurs coûts grimper rapidement s’il
leur faut construire de nouvelles infrastructures pour l’expédition
du concentré et de la boulette de fer.
- Le tonnage et la teneur du minerai de fer du gisement. Il faut
rappeler que les gîtes de fer métamorphisés
offrent des perspectives intéressantes en ce qui a trait
à la granulométrie et à la concentration
locale des horizons enrichis en oxydes de fer. Toutefois, le rapport
roche stérile/minerai est généralement élevé.
Des études structurales approfondies sont nécessaires
afin de bien comprendre la forme du gisement, de maximiser son
exploitation et de réduire le ratio roche stérile/minerai.
Au Québec et au Labrador, la production de concentré
de fer (67 % Fe) à partir d'un minerai à une
teneur moyenne de 30 % à 42 % Fe nécessite
une concentration. Cette concentration entraîne des coûts
de production plus élevé qu'en Australie et au Brésil
où la plupart des gisements de fer exploités sont
enrichis naturellement à des teneurs de 60 à 66 %,
n'exigeant pas ou peu de concentration secondaire.
- Au Canada, le coût de la main d’œuvre et les
frais d’exploitation sont généralement supérieurs
à ceux des exploitations australiennes et brésiliennes.
Pour être compétitives sur la scène mondiale,
les compagnies minières de fer au Québec et au Labrador
font de gros efforts afin de réduire ces coûts.
Quoiqu’il en soit, certains importants gisements
de fer non exploités du Québec méritent d’être
réévalués suivant les normes 43-101. Tel
qu’il est mentionné plus haut, il faudra tenir compte
de plusieurs facteurs avant de voir une nouvelle mine de fer exploitée
hors des sites miniers actuellement actifs au Québec et au
Labrador.

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