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Du 4 au 7 mars 2007 >>

Le fer et le titane au Québec :
une revue des gîtes de fer et d'ilménite au Québec

Abdelali Moukhsil et Serge Perreault, géo.
Soutien technique : Éric Grégoire
Direction de Géologie Québec

Depuis les deux dernières années, le prix de la boulette de fer connaît un croissance vertigineuse. Comme l’indique le Ministère dans le Bilan et faits saillants de l’industrie minière au Québec en 2004, les compagnies minières Québec Cartier et IOC ont vu le prix de la boulette de fer augmenter de 21,2 % et celui du concentré, de 22,33 %. Les prix de référence mondiaux de ces deux produits ont atteint, en 2004, des sommets historiques. En réponse à cette hausse, de nombreuses compagnies minières, grandes et petites, ont montré un intérêt croissant pour la recherche de gisements de fer. Au Québec, les principaux gîtes de fer non exploités évalués entre 1950 et 1980, font partie du portefeuille minier de plusieurs compagnies minières juniors.

Les prix à la hausse du minerai de fer et les perspectives encourageantes des prochaines années ont suscité un regain d’intérêt dans l’exploration du fer au Québec. Il faut remonter aux années 1960 pour retrouver un tel intérêt. Un rapide calcul des ressources géologiques réalisé à partir des fiches de gîtes du Ministère indique que le Québec possède des ressources inférées qui excèdent deux milliards de tonnes de minerai. Toutefois, il existe une vingtaine de gîtes dont la teneur est de plus de 30 % Fe, avec des tonnages supérieurs à 100 millions de tonnes (Format PDF, 737 Ko). Près de la moitié de ces gîtes sont situés dans la région comprise entre Fermont et le réservoir de Manicouagan. Le secteur qui se trouve au nord de la fosse du Labrador, plus précisément au nord de la Baie-aux-Feuilles, contient également plusieurs gîtes d’importance. Les gîtes de Great Iron Whales (Baie-James), de Duncan (Baie-James) et du lac Albanel sont d’autres gîtes de fer majeurs au Québec. Signalons cependant que l’évaluation des ressources minérales de ces gisements a été réalisée au cours des années 1960 et ne répondent plus aux normes 43-101.

Les compagnies qui voudront développer un gisement de fer devront tenir compte de plusieurs facteurs :

  • L’évolution du marché du fer à moyen et à long terme. Le marché du fer est un marché cyclique très sensible aux fluctuations économiques mondiales (ex. : le prix du gaz et du pétrole, les crises économiques, etc.).
  • La distance des gisements des grandes infrastructures. Les exploitants de gisements éloignés des infrastructures existantes verront leurs coûts grimper rapidement s’il leur faut construire de nouvelles infrastructures pour l’expédition du concentré et de la boulette de fer.
  • Le tonnage et la teneur du minerai de fer du gisement. Il faut rappeler que les gîtes de fer métamorphisés offrent des perspectives intéressantes en ce qui a trait à la granulométrie et à la concentration locale des horizons enrichis en oxydes de fer. Toutefois, le rapport roche stérile/minerai est généralement élevé. Des études structurales approfondies sont nécessaires afin de bien comprendre la forme du gisement, de maximiser son exploitation et de réduire le ratio roche stérile/minerai. Au Québec et au Labrador, la production de concentré de fer (67 % Fe) à partir d'un minerai à une teneur moyenne de 30 % à 42 % Fe nécessite une concentration. Cette concentration entraîne des coûts de production plus élevé qu'en Australie et au Brésil où la plupart des gisements de fer exploités sont enrichis naturellement à des teneurs de 60 à 66 %, n'exigeant pas ou peu de concentration secondaire.
  • Au Canada, le coût de la main d’œuvre et les frais d’exploitation sont généralement supérieurs à ceux des exploitations australiennes et brésiliennes. Pour être compétitives sur la scène mondiale, les compagnies minières de fer au Québec et au Labrador font de gros efforts afin de réduire ces coûts.

Quoiqu’il en soit, certains importants gisements de fer non exploités du Québec méritent d’être réévalués suivant les normes 43-101. Tel qu’il est mentionné plus haut, il faudra tenir compte de plusieurs facteurs avant de voir une nouvelle mine de fer exploitée hors des sites miniers actuellement actifs au Québec et au Labrador.

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