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- Le fer et le titane au Québec :
une revue des gîtes de fer et d'ilménite au Québec >>
- Les gîtes de fer et titane au Québec >>
- Principaux types de gîtes de fer et titane au Québec >>
- Programmation gouvernementale 2005-2006 - Maximiser les retombées
des activités d'exploration au Québec >>
- Découverte de saphirine dans le Grand Nord québécois :
un indicateur de diamant? >>
- Évaluation du potentiel en sulfures massifs de l'Abitibi :
un accueil enthousiaste de l'industrie! >>
- Symposium 2005 sur l'environnement minier >>
Le fer et le titane
au Québec :
une revue des gîtes de fer et d'ilménite au Québec
Abdelali Moukhsil et Serge Perreault, géo.
Soutien technique : Éric Grégoire
Direction de Géologie Québec
Depuis les deux dernières années,
le prix de la boulette de fer connaît un croissance vertigineuse.
Comme l’indique le Ministère dans le Bilan et faits
saillants de l’industrie minière au Québec en
2004, les compagnies minières Québec Cartier
et IOC ont vu le prix de la boulette de fer augmenter de 21,2 %
et celui du concentré, de 22,33 %. Les prix de référence
mondiaux de ces deux produits ont atteint, en 2004, des sommets
historiques. En réponse à cette hausse, de nombreuses
compagnies minières, grandes et petites, ont montré
un intérêt croissant pour la recherche de gisements
de fer. Au Québec, les principaux gîtes de fer non
exploités évalués entre 1950 et 1980, font
partie du portefeuille minier de plusieurs compagnies minières
juniors.
Les prix à la hausse du minerai de fer et
les perspectives encourageantes des prochaines années ont
suscité un regain d’intérêt dans l’exploration
du fer au Québec. Il faut remonter aux années 1960
pour retrouver un tel intérêt. Un rapide calcul des
ressources géologiques réalisé à partir
des fiches de gîtes du Ministère indique que le Québec
possède des ressources inférées qui excèdent
deux milliards de tonnes de minerai. Toutefois, il existe une
vingtaine de gîtes dont la teneur est de plus de 30 %
Fe, avec des tonnages supérieurs à 100 millions
de tonnes. Près de la moitié de ces gîtes sont
situés dans la région comprise entre Fermont et le
réservoir de Manicouagan. Le secteur qui se trouve au nord
de la fosse du Labrador, plus précisément au nord
de la Baie-aux-Feuilles, contient également plusieurs gîtes
d’importance. Les gîtes de Great Iron Whales (Baie-James),
de Duncan (Baie-James) et du lac Albanel sont d’autres gîtes
de fer majeurs au Québec. Signalons cependant que l’évaluation
des ressources minérales de ces gisements a été
réalisée au cours des années 1960 et ne
répondent plus aux normes 43-101.
Les compagnies qui voudront développer un
gisement de fer devront tenir compte de plusieurs facteurs :
- L’évolution du marché du fer à moyen
et à long terme. Le marché du fer est un marché
cyclique très sensible aux fluctuations économiques
mondiales (ex. : le prix du gaz et du pétrole, les
crises économiques, etc.).
- La distance des gisements des grandes infrastructures. Les
exploitants de gisements éloignés des infrastructures
existantes verront leurs coûts grimper rapidement s’il
leur faut construire de nouvelles infrastructures pour l’expédition
du concentré et de la boulette de fer.
- Le tonnage et la teneur du minerai de fer du gisement. Il faut
rappeler que les gîtes de fer métamorphisés
offrent des perspectives intéressantes en ce qui a trait
à la granulométrie et à la concentration
locale des horizons enrichis en oxydes de fer. Toutefois, le rapport
roche stérile/minerai est généralement élevé.
Des études structurales approfondies sont nécessaires
afin de bien comprendre la forme du gisement, de maximiser son
exploitation et de réduire le ratio roche stérile/minerai.
Au Québec et au Labrador, la production de concentré
de fer (67 % Fe) à partir d'un minerai à une
teneur moyenne de 30 % à 42 % Fe nécessite
une concentration. Cette concentration entraîne des coûts
de production plus élevé qu'en Australie et au Brésil
où la plupart des gisements de fer exploités sont
enrichis naturellement à des teneurs de 60 à 66 %,
n'exigeant pas ou peu de concentration secondaire.
- Au Canada, le coût de la main d’œuvre et les
frais d’exploitation sont généralement supérieurs
à ceux des exploitations australiennes et brésiliennes.
Pour être compétitives sur la scène mondiale,
les compagnies minières de fer au Québec et au Labrador
font de gros efforts afin de réduire ces coûts.
Quoiqu’il en soit, certains importants gisements
de fer non exploités du Québec méritent d’être
réévalués suivant les normes 43-101. Tel
qu’il est mentionné plus haut, il faudra tenir compte
de plusieurs facteurs avant de voir une nouvelle mine de fer exploitée
hors des sites miniers actuellement actifs au Québec et au
Labrador.

Les gîtes
de fer et titane au Québec
L’exploration pour les gîtes de fer
et titane et l’exploitation de gisements d’ilménite
se font depuis plus de cent ans au Québec. Le développement,
au cours des années 1940, d’une technologie par fusion
en haut fourneau a permis de produire un fer de très haute
pureté et une scorie où le titane et les éléments
indésirables sont concentrés. À la suite de
ces développements, l’exploration pour les gîtes
d’ilménite (et d’hémo-ilménite)
a connu un véritable essor. La mise au point d’une
méthode de purification de cette scorie a permis de créer
du rutile synthétique. Cette substance a été
l’objet d’un développement fulgurant au cours
des cinquante dernières années et est devenue l’une
des substances minérales les plus communes dans nos vies.
Les perspectives de croissance du marché
du rutile synthétique ont été évaluées
à 2 % par année. Toutefois, puisque la forte
croissance économique de la Chine a entraîné
une augmentation du prix, l’expansion du marché du
pigment de titane sera également plus forte au cours des
prochaines années. Ces nouvelles perspectives dans le marché
du rutile synthétique entraînent un regain de l’exploration
des gîtes de fer et titane au Québec. C’est dans
ce cadre que nous vous présentons une revue des gîtes
de fer et titane (ilménite) au Québec.
Contexte géologique
Les minéralisations de fer et titane sont
typiquement observées dans les massifs anorthositiques et
dans les intrusions ultramafiques. Ces minéralisations sont
formées d’ilménite et d’hémo-ilménite
associées à de la magnétite, parfois titanifère,
à du spinelle (hercynite), et, localement, à de l’apatite,
à du rutile, à des sulfures de fer et de cuivre et
à des silicates. D’importantes ressources minérales
d’ilménite et de magnétite reposent sous la
forme de niveaux enrichis en minéraux lourds appelés
sables noirs. Une classification des types de minéralisation
de fer et titane de la Moyenne-Côte-Nord, a été
entreprise par Perreault et al. (2002).
Critères de prospection
Mis à part la dimension des indices et
la présence d’ilménite et de magnétite,
le géologue ou le prospecteur doit tenir compte de plusieurs
critères dans l’évaluation d’un indice
de fer et titane.
Pour les indices de titane, le prospecteur doit
tenir compte :
- du type d’ilménite : hémo-ilménite,
ilménite avec des lamelles d’hématite, ilménite
avec des lamelles de magnétites ou ilménite pure;
- de la teneur en TiO2 dans l’ilménite
et dans la roche;
- de la présence d’éléments nuisibles
tels que MgO, CaCO3, Al2O3 et
Cr2O3 qui doivent être sous la barre
des 2 %.
- de la présence de rutile dans la minéralisation
qui augmente la teneur en TiO2 du minerai.
Exception faite de la prospection sur le terrain
(l’ilménite est un minerai noir et très dense),
le prospecteur et le géologue devront avoir recours à
des méthodes géophysiques, telles que les levés
magnétiques et gravimétriques, et à la géochimie
de fonds de lacs ou de minéraux lourds dans des ruisseaux,
afin de délimiter des territoires d’investigation.
Bien qu’elle demeure coûteuse, la gravimétrie
détaillée est très utile lorsque vient le temps
de délimiter le corps minéralisé.
De vastes territoires sont encore à explorer
au Québec. En plus de certains massifs d’anorthosite
tels que ceux de Morin et de Saint-Urbain, qui ont fait l’objet
d’intenses campagnes d’exploration par le passé,
la partie nord de la suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre
représente une cible de choix. Grâce à la construction
d’une route qui reliera les futures centrales hydroélectriques
du projet La Romaine, de nouveaux territoires seront accessibles
à moindre coût. Une étude approfondie de la
nature des minéralisations connues de fer et titane dans
la suite anorthositique du lac Saint-Jean pourrait révéler
des réserves en ilménite importantes.

Principaux types de gîtes de
fer et titane au Québec
- Veines, dykes, amas et corps tabulaires d’ilménite
(hémo-ilménite) massive associés à
l’anorthosite à andésine
|
La mine Tio représente le gisement le plus connu de
cette classe. Située près de Havre-Saint-Pierre
sur la Moyenne-Côte-Nord, elle est la seule mine de fer
et titane (hémo-ilménite) en exploitation au Canada.
Ce gisement, exploité à ciel ouvert par la compagnie
QIT-Fer et Titane inc., occupe le premier rang mondial pour
sa production annuelle d’hémo-ilménite et
le deuxième rang pour ses réserves minérales.
Ces dernières sont suffisantes pour permettre son exploitation
pour cinquante années supplémentaires. |
Les réserves prouvées sont évaluées
à près de 75 Mt à une moyenne combinée
d’oxyde de fer et de titane de 86,9 % dont 34,2 %
en TiO2, 27,5 % en FeO, 25,2% en Fe2O3,
4,3 % en SiO2, 3,5 % en Al2O3,
3,1 % en MgO, 0,9 % en CaO, 0,1 % en Cr2O3
et 0,41 % en V2O5. Les autres gîtes
connus d’hémo-ilménite sont les suivants : Ivry
dans les Laurentides, les gîtes Coulombe, Bignell, Furnace
et General Electric de la suite anorthositique de Saint-Urbain et
le gîte du lac Brûlé du massif anorthositique
de Labrieville.
La mine Tio représente le gisement le plus
connu de cette classe. Située près de Havre-Saint-Pierre
sur la Moyenne-Côte-Nord, elle est la seule mine de fer et
titane (hémo-ilménite) en exploitation au Canada.
Ce gisement, exploité à ciel ouvert par la compagnie
QIT-Fer et Titane inc., occupe le premier rang mondial pour sa production
annuelle d’hémo-ilménite et le deuxième
rang pour ses réserves minérales. Ces dernières
sont suffisantes pour permettre son exploitation pour cinquante
années supplémentaires. Les réserves prouvées
sont évaluées à près de 75 Mt à
une moyenne combinée d’oxyde de fer et de titane de
86,9 % dont 34,2 % en TiO2, 27,5 % en
FeO, 25,2% en Fe2O3, 4,3 % en SiO2,
3,5 % en Al2O3, 3,1 % en MgO, 0,9 % en CaO,
0,1 % en Cr2O3 et 0,41 % en V2O5.
Les autres gîtes connus d’hémo-ilménite
sont les suivants : Ivry dans les Laurentides, les gîtes Coulombe,
Bignell, Furnace et General Electric de la suite anorthositique
de Saint-Urbain et le gîte du lac Brûlé du massif
anorthositique de Labrieville.
Certains corps tabulaires d’hémo-ilménite,
dont les gîtes Big Island (suite anorthositique de Havre-Saint-Pierre),
General Electric, Coulombe Est et Ouest, contiennent du rutile.
La teneur en TiO2 de ces gîtes est plus élevée
que la normale.

- Dykes, amas ou masses de nelsonite, de gabbronorite
et de jotunite (ferrodiorite) à oxydes (magnétite
+ ilménite) et apatite
Ces minéralisations sont associées
à de l’anorthosite à labradorite et à
andésine ainsi qu’à des complexes ignés
mafiques lités. Les principaux sont le gîte Everrett,
situé sur la marge orientale de la suite anorthositique de
Havre-Saint-Pierre de même que les gîtes de Saint-Charles
et de la Hache-Est de la suite anorthositique du lac Saint-Jean.
| Le Complexe Lité de Sept-Îles contient plusieurs
niveaux de magnétitite et un important horizon de nelsonite
(roche à magnétite, ilménite et apatite).
L’horizon de nelsonite du canton Arnaud renferme des réserves
de 107,8 Mt avec des teneurs moyennes de 6,19 % de
P2O5 et 8,41 % de TiO2
(McCann 1998). |
|
- Dykes et horizons de leuconorite et de norite à
ilménite-magnétite avec veines et amas d’hémo-ilménite
|
Ces minéralisations sont présentes dans les
massifs d’anorthosite à labradorite et à
andésine. Généralement elles sont de faibles
amplitudes et n’ont pas un réel potentiel économique. |
- Horizons, amas et dykes de magnétite titanifère
massive et de mélanogabbro à magnétite
| Ces minéralisations sont associées aux anorthosites
à labradorite et à des complexes ignés
mafiques lités. L’ilménite est présente
dans ces minéralisations en quantités variables.
La teneur en TiO2 de ces minéralisations se
situe entre 1 et 20 %. Les gîtes de Magpie sur la
Côte-Nord, de Hervieux Ouest, de Hervieux-Est et de Schmoo
(suite anorthositique de De La Blache), de Saint-Charles (suite
anorthositique du lac Saint-Jean) de Desgrobois et de Saint-Hyppolithe
(suite anorthositique de Morin) sont des exemples associés
à des suites anorthositiques à labradorite. Ainsi,
le gisement de Magpie (1 à 4) constitue l’un des
plus gros gisements de magnétite titanifère au
monde avec des réserves prouvées de 187,93 Mt
et des réserves probable de 629,67 Mt (Perreault
et al. 2002). |
|
|
Les niveaux de magnétitite massive des complexes ignés
lités de Sept-Îles et du lac Doré, une intrusion
anorthositique litée d’âge archéen
(Daigneault et Allard, 1990), représentent des sources
sub-économiques à économiques de fer, de
titane et de vanadium. Dans le cas du Complexe du lac Doré,
la magnétite est vanadifère. Toutefois, des problèmes
de métallurgie pour le fer et le titane et des problèmes
de marché dans le cas du vanadium empêchent son
exploitation |
Références
DAIGNEAULT, R., Allard, G. O.,1990, Le Complexe
du Lac Doré et son environnement géologique (Région
de Chibougamau sous-province de l’Abitibi), Ministère
de l’Énergie et des Ressources, Québec, MM 89-03,
275 pages.
HIGGINS, M. D., VAN BREEMEN, O.,1998, The age
of Sept-Îles Layered Mafique Intrusion, Canada : implication
for the Late Neoproterozoic/Cambrian History of Southeastern Canada,
Journal of Geology, volume 106, pages 421-431.
McCANN, J., 1998, Exploration and development
of apatite and ilmenite : the Sept-Îles of Norsk Hydro-SOQUEM,
dans : Proceeding of the 33rd Annual Forum on the Geology Industrial
Minerals, 1997, Ville de Québec, Québec, pages 57-73.
PERREAULT, S., JACOB, H.-L., BUTEAU, P., 2002,
Les minéraux industriels de la moyenne Côte-Nord,
dans : Géologie et ressources minérales de la partie
est de la Province de Grenville, Éditeurs : Daniel Brisebois
et Thomas Clark, Ministère des Ressources naturelles, Québec,
DV 2002-03, pages 387-408.

Programmation
gouvernementale 2005-2006
Maximiser les retombées des activités d'exploration
au Québec
Robert Marquis
Direction de Géologie Québec
Le ministère des Ressources naturelles et
de la Faune poursuivra, au cours des prochaines années, ses
actions afin de maximiser les retombées des investissements
en exploration. Bien que les travaux d’acquisition de connaissances
aient été suspendus temporairement pour une année,
ceux relatifs à la connaissance géoscientifique ne
cesseront pas pour autant. En 2005-2006, le Ministère concentrera
ses efforts sur la production de nouvelles cibles d’exploration
à partir du traitement et de l’intégration des
données provenant de sa banque de données.
Ainsi, il définira, à partir de cette
base de données, une centaine de cibles d’exploration.
De plus, le Ministère produira des documents dans lesquels
seront décrits de nouveaux secteurs propices à l’exploration.
À cet égard, il est important de rappeler qu’en
mars dernier 155 cibles d’exploration ont ainsi été
diffusées dont 31 ont immédiatement fait l’objet
d’une demande de titres miniers.
Le Service géologique de Québec effectuera
quelques projets qui porteront sur les minéralisations Ni-Cu-EGP
en Mauricie, la pierre architecturale sur la Côte-Nord, les
tourbières et les pierres concassées. Des visites
permettront de procéder à des vérifications
en prévision des synthèses régionales. Pour
sa part, le Service géologique du Nord-Ouest accordera sa
priorité aux projets déjà amorcés dans
des secteurs ciblés comme ayant un impact sur le Plan cuivre,
tel le Groupe de Blake River, le Front du Grenville, la région
située à l’est de Matagami et la Ceinture d’Urban
Barry. En partenariat avec l’Université du Québec
en Abitibi-Témiscamingue, il poursuivra également
ses efforts d’intégration des bases de données
publiques, ce qui permettra d’obtenir une modélisation
3D unifiée de la géologie, de la géophysique
et de la géochimie.
La programmation 2005-2006 de Géologie Québec
permettra aussi de livrer de nouvelles synthèses sous forme
de documents promotionnels, de cartes de compilation et de rapports
thématiques touchant à plusieurs secteurs actifs en
exploration minérale. Ainsi, la production prévue
pour la synthèse du projet Grand Nord regroupera plusieurs
cartes thématiques qui ont trait à la stratigraphie,
aux gîtes minéraux, à la structure, et au métamorphisme.
Une autre synthèse importante couvre toute la partie est
de la province de Grenville. La mise à jour de cartes de
la Fosse du Labrador est également prévue. En Abitibi,
les projets en cours permettront de livrer à la clientèle
de nouvelles cartes de compilation à l’échelle
de 1/250 000 et de 1/500 000, des rapports d’études
et des cartes de potentiel minéral qui proposent de nouvelles
cibles d’exploration, à partir de l’intégration
et de la mise en valeur des données publiques disponibles.

Découverte
de saphirine dans le Grand Nord québécois :
un indicateur de diamant?
Sandrine Cadéron
Direction de Géologie Québec
| Un fragment de brèche qui contient de la saphirine
a été découvert dans le Complexe de Troie,
dans la Sous-province archéenne du Minto, localisée
au nord-est de la Province du Supérieur . Cette région
(Lac Peters, SNRC 24M) a été cartographiée
par le ministère des Ressources Naturelles au cours de
l’été 2001 dans le cadre du projet
« Grand Nord ». La saphirine, un minéral
rare qui n’avait jamais été documenté
auparavant dans le craton canadien, est un silicate ferro-magnésien
d’un bleu profond qui, lorsqu’il est en équilibre
avec le quartz, caractérise des roches formées
sous des conditions d’ultra-haute pression et de température. |
Localisation de la région du Complexe
de Troie dans la Province du Supérieur. |
Différents géothermobaromètres
ont été utilisés pour estimer les conditions
de formation des assemblages observés dans la région
du lac Peters. De hautes températures (755 - 1260 °C)
et pressions (7,5 – 14 kbars) ont été obtenues
et révèlent des profondeurs de formation élevées
(24 - 46 km). Ces nouveaux résultats, beaucoup plus
élevés que ceux déjà connus, permettent
de proposer de nouvelles hypothèses pour l’évolution
tectono-thermale de la croûte archéenne pour cette
partie de la Province du Supérieur. La présence de
ce minéral de haute pression dans le Complexe de Troie pourrait
permettre d’ouvrir la région du lac Peters à
l’exploration diamantifère, car des anomalies géochimiques
qui peuvent caractériser la présence de kimberlites
ont déjà été mentionnées à
la suite des travaux du Ministère.
Géologie régionale
| Le Complexe de Troie est dominé par des roches plutoniques
felsiques syn-magmatiques contenant des enclaves volcano-sédimentaires,
métamorphisées au faciès des granulites.
Le Domaine de Douglas-Harbour est composé d’un
complexe de tonalite-trondhjémite (Faribault-Thury) et
se retrouve en intrusion à l’intérieur du
Complexe enderbitique de Troie daté à 2740 –
2726 Ma. Au cœur du Complexe de Troie, une brèche
contient une population hétérogène de xénolites
dans une matrice enderbitique. L’un des xénolites
possède des symplectites à saphirine + plagioclase
(et/ou feldspath potassique) qui entourent des cristaux de sillimanite
et de cordiérite. |
Géologie régionale de la région
du lac Peters |
Le Complexe de Troie est dominé par des
roches plutoniques felsiques syn-magmatiques contenant des enclaves
volcano-sédimentaires, métamorphisées au faciès
des granulites. Le Domaine de Douglas-Harbour est composé
d’un complexe de tonalite-trondhjémite (Faribault-Thury)
et se retrouve en intrusion à l’intérieur du
Complexe enderbitique de Troie daté à 2740 –
2726 Ma. Au cœur du Complexe de Troie, une brèche contient
une population hétérogène de xénolites
dans une matrice enderbitique. L’un des xénolites possède
des symplectites à saphirine + plagioclase (et/ou feldspath
potassique) qui entourent des cristaux de sillimanite et de cordiérite.
Photos prises
en microsonde électronique |
|
|
Porphyroblaste de sillimanite
remplacé
par des symplectites
à saphirine + plagioclase |
Cordiérite + biotite
remplacée
par des symplectites
à saphrine + feldspath potassique |
Références
Pour plus de renseignements sur les travaux
effectués par le ministère des Ressources Naturelles
et de la Faune dans cette région et sur la formation de la
saphirine, vous pouvez consulter l’article suivant qui vient
de paraître dans un volume spécial du Canadian Mineralogist.
Truth and beauty in metamorphism: a tribute
to Dugald Carmichael (Volume 43),
S. CADERON, W.E TRZCIENSKI Jr., J. H. BÉDARD & N. GOULET,
An occurrence of sapphirine in the Archean Superior
Province, northern Quebec, p. 463-478.

Évaluation
du potentiel en sulfures massifs de l'Abitibi :
un accueil enthousiaste de l'industrie!
Daniel Lamothe
Direction de Géologie Québec
La publication de l’étude portant
sur le potentiel en sulfures massifs volcanogènes de l’Abitibi
(EP 2005-01) était très attendue. En effet, c’est
le 7 mars dernier lors du congrès du Prospectors and
Developers Association of Canada (PDAC) à Toronto que les
résultats ont été divulgués. L'étendue
de la couverture ainsi que la cohérence de la démarche
utilisée ont été grandement remarquées
des visiteurs.
Le retraitement des données géoscientifiques
des ceintures de roches vertes de l’Abitibi a été
fait selon une démarche novatrice. Les étapes de ce
traitement sont d’ailleurs expliquées en détail
dans le rapport EP 2005-01. Les résultats sont présentés
de façon conviviale et le document contient une impressionnante
quantité de fichiers vectoriels et matriciels intermédiaires
(plus de 24 Go).
Une carte générale à l’échelle
de 1/500 000 et 120 cartes d’évaluation de
potentiel en métaux usuels à l’échelle
de 1/50 000 sont disponibles sur ce cd-rom en format PDF. Aisément
accessibles grâce à une carte-index, ces dernières
illustrent :
- les variations de potentiel résultant de la combinaison
des quelque 26 paramètres utilisés dans l’étude;
- les zones hautement propices (ou favorables) pour les sulfures
massifs;
- la position des portions non jalonnées de ces zones
(au moment de la réalisation de l’étude).
Ces portions non jalonnées constituent
155 cibles jointes par liens hypertextes à une base
de données descriptives.
Un mois après la publication des résultats,
31 des cibles proposées ont été jalonnées
et sont maintenant couvertes par un total de 412 titres miniers.
De plus, chacune des compagnies qui détient des titres touchant
une zone hautement favorable (ou propice) a reçu une lettre
dans laquelle est mentionnée l’existence de cette zone
sur ses terrains.
Il est fort à parier que la publication
de la version anglaise de l’étude pourrait relancer
la prise de titres sur les cibles encore disponibles (EP 2005-02).

Symposium
2005 sur l'environnement minier
Du 15 au 18 mai 2005, s’est tenu à
Rouyn-Noranda le Symposium 2005 sur l’environnement minier.
Cet événement a rassemblé plus de 200 participants
du Canada et de l’étranger. Rappelons que les objectifs
visés par ce type de symposium sont de partager les plus
récentes connaissances en matière d’environnement
minier et de discuter des expériences pratiques, dans le
but de trouver des solutions pour concilier la rentabilité
des opérations minières et la protection de l’environnement.
Le Ministère est donc fier d’y participer en tant qu’organisateur
et conférencier. Les actes du Symposium 2005 seront
disponibles bientôt.

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