Découverte d’un
nouveau complexe alcalin dans la Ceinture d’Urban-Barry
Pierre Rhéaume, Daniel Bandyayera
et Kamal N. M. Sharma
Direction de Géologie Québec
Les travaux de Géologie Québec
en Abitibi ont récemment permis de mettre à jour un
nouveau complexe alcalin dont le potentiel économique reste
à évaluer. Cette découverte a été
faite au cours des projets de synthèse métallogénique
d’Urban-Barry et de cartographie du lac Lagacé, inscrits
au plan triennal 2003-2006 pour l’Abitibi et la Baie
James.
L’occurrence consiste en une
aire d’affleurements isolée sur une île du lac
Lacroix (Format PDF, 85 Ko).
Ce secteur se caractérise par une anomalie magnétique
positive elliptique de 3 km sur 4 km bordée au
nord par la Faille Ranan et au sud par la Faille Lacroix (Format PDF, 103 Ko).
L’aire d’affleurements
montre un assemblage de roches alcalines à caractère
sodique qui contiennent de :
L’abondance de carbonates grossièrement
cristallins et de néphéline, ainsi que le caractère
sodique de la roche, sont des caractéristiques fréquemment
observées dans les carbonatites. Par ailleurs, ces roches
alcalines montrent un rubanement compositionnel centimétrique
souligné par des variations importantes du contenu en biotite
et en phlogopite. Elles montrent aussi une foliation tectonique
faisant un angle de 20º à 30º avec le rubanement
compositionnel. Le degré de déformation suggère
un âge Archéen, au même titre que les carbonatites
de Dolodau, du lac Shortt, de Grevet et de Douay, toutes situées
en Abitibi. Les informations disponibles à ce jour sont insuffisantes
pour évaluer la distribution de ces roches alcalines, mais
il est plausible qu’elles soient la cause de l’anomalie
magnétique elliptique décrite plus haut. Dans l’ensemble,
les roches alcalines du lac Lacroix présentent des similarités
avec les carbonatites de Saint-Honoré et de Dolodau (Bédard
et Chown 1992), où une zone bordière de syénite
entoure une zone centrale de carbonatite.
Un contexte métallogénique particulier
Les complexes alcalins de carbonatite-syénite
présentent un contexte métallogénique intéressant.
D’une part, ces intrusions peuvent contenir des minéralisations
magmatiques (primaires) en métaux de haute technologie, tels
le niobium, le tantale et les autres éléments des
terres rares, ainsi qu’en certains minéraux industriels,
tels l’apatite et la néphéline. Les gisements
de niobium à la mine Niobec et à Oka sont de ce type.
D’autre part, il existe en Abitibi une association étroite
entre certains gîtes aurifères et les carbonatites.
Au Québec, l’indice Simard (carbonatite de Dolodau),
la mine du lac Shortt (2,7 Mt @ 4,6 g/t Au) et le
gisement Douay Ouest (0,57 Mt @ 5,7 g/t Au) sont
des exemples de ce type de minéralisation. En Ontario, une
association entre des roches alcalines et les minéralisations
aurifères est connue à Kirkland Lake (Ploeger et Crocket 1980)
et à Springpole Lake (région de Red Lake; Barron et
al. 1989).
Nous recommandons que ce secteur fasse
l'objet de travaux additionnels afin de préciser le contexte
géologique et le potentiel économique de cette découverte.
Références
BANDYAYERA D., RHÉAUME, P.,
DOYON, J., SHARMA K.N.M., 2003, Géologie de la région
du lac Hébert (SNRC 32G03), RG 2003-07, Ministère
des Ressources Naturelles, de la Faune et des Parcs.
BARRON, K. M., DUKE, N. A., HODDER,
R.W., 1989, Petrology of the Springpole lake Alkalic volcanic
complex, In Geoscience research grant program summary of research
1988-1989, Ontario Geological Survey Miscellaneous Paper 143,
pp. 133 – 146.
BÉDARD, L.P., CHOWN, E.H.,1992,
The Dolodau dykes, Canada : an example of an archean carbonatite,
Mineralogy and Petrology, volume 46, pp. 109-121.
PLOEGER, F.R., CROCKET, J.H., 1980,
Relationship of gold to syenitic intrusive rocks in Kirkland
Lake In R.W. Hodder and W. Petruk, Geology of Canadian gold deposits,
Canadian Institute of Mining and Metallurgy, Special volume 24,
pp. 69 – 72.
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