Le marbre - Un regain d’intérêt
au Québec!
Yves Bellemare, ing.
Direction de Géologie Québec
La demande mondiale du marché de la pierre
architecturale est en constante évolution depuis quelques
années. Plus traditionnellement axée sur l’exploitation
du granite, une partie de l’industrie québécoise
cherche maintenant à diversifier sa production et réoriente
certains de ses travaux d’exploration pour mettre en valeur
des gisements de calcaire marbrier et de marbre. Il est intéressant
de constater que plusieurs régions des basses terres du Saint-Laurent
et des Appalaches, où l’on exploitait autrefois ces
gisements, sont à nouveau considérées comme
des territoires à potentiel élevé pour l’extraction
de la pierre architecturale.
Production et utilisation
La
production actuelle au Québec est encore minime et provient
du secteur de Stukely-Sud, où la compagnie Consultants
R. L. Jomphe extrait un marbre blanc laiteux
ou gris très clair. Autrefois, le marbre a surtout été
exploité dans le secteur de Saint-Armand en
Montérégie et a servi à de multiples usages
extérieurs et intérieurs.
De nos jours, le marbre est utilisé principalement
pour la décoration intérieure de maisons résidentielles
et d’édifices publics ou commerciaux. Le demande de
produits ouvrés est très forte, ce qui incite certaines
entreprises québécoises à évaluer le
potentiel géologique des unités de marbre au Québec.
Travaux d’exploration et potentiel géologique
Le marbre ou le calcaire marbrier constituent des
substances susceptibles d’être exploitées à
court terme, principalement dans la région de la Gaspésie.
Ainsi, la compagnie Polycor s’est intéressée
à la recherche de gisements de calcaire marbrier pour la
production de pierre dimensionnelle et de pierre décorative.
Au cours des dernières années, elle a acquis six propriétés
minières en Gaspésie et une en Montérégie.
En 2003, SOQUEM et Polycor ont formé la nouvelle compagnie
NAMCA, qui compte développer le potentiel
en pierre dimensionnelle de gisements de calcaire, de marbre et
d’anorthosite chatoyante au Québec. Dans certains cas,
les résultats des travaux d’exploration sont encourageants.
Ils inciteront probablement de nouveaux intervenants à entreprendre
des travaux pour mettre en valeur les gisements de marbre au Québec.
Parmi les unités de marbre ou de calcaire
marbrier susceptibles d’être explorées et mises
en valeur, citons, entre autres, celles de la Formation de West
Point qui affleurent dans le secteur de Port-Daniel et dans la partie
centrale de la Gaspésie. Elles forment de vastes complexes
récifaux composés en partie de bancs épais
de calcaire aux couleurs et aux textures attrayantes. Ces calcaires
marbriers pourraient fournir de très belles pierres, comparables
à certains marbres offerts actuellement sur le marché.
De plus, la Formation de Bonaventure comprend une séquence
de conglomérats, de grès, de microgrès et de
shales et contient parfois des calcaires. À certains endroits,
comme dans une carrière située au nord-est de Maria,
les unités exposées comprennent, entre autres, un
conglomérat polygénique rouge, à matrice gréseuse
et à ciment calcareux, un calcaire clastique, gris, à
fragments rougeâtres ainsi qu’une calcilutite gris pâle.
Ces unités lithologiques sont massives et les bancs sont
généralement d’ordre métrique.
À Saint-Armand, les roches ont été
exploitées intensivement dans le passé comme pierre
décorative, mais méritent encore une attention particulière.
Appartenant à l'unité supérieure de la Formation
de Strites Pond et à la Formation de Wallace Creek, elles
sont respectivement des calcilutites variant du gris très
clair blanchâtre au gris moyen, parfois teintées de
vert ou de rose, en lits épais, et des calcilutites argileuses
d’un gris très foncé. D’autres unités,
exploitées pour la production de calcaire de haute pureté,
pourraient être utilisées par l’industrie, comme
par exemple les calcilutites gris moyen de la Formation de Corey
à Bedford et les calcaires recristallisés de la Formation
de Lac Aylmer à Dudswell.
Disons pour conclure, que la promotion du potentiel
de la pierre architecturale en marbre a été plutôt
limitée pendant plusieurs années au Québec.
Les développements récents nous incitent à
penser que la tendance sera inversée au cours des années
à venir.
Localisation des secteurs de marbre (Format PDF,
285 Ko)
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