Accueil
Nouvelles brèves
Événements
Nouvelles publications
Numéros précédents
Abonnement
Pour nous joindre
English

        ISSN en ligne :
        1499-383X






octobre 2003
 

Le potentiel en minéraux industriels des Appalaches

N'Golo Togola
Géologie Québec

La chaîne orogénique des Appalaches au Québec recèle un grand potentiel pour l’amiante (chrysotile), le talc, la stéatite, le calcaire de haute pureté, la silice, la tourbe et le sel. On y trouve également quelques gisements non exploités de barytine, de chromite et de gypse.

Plusieurs gisements de chrysotile associés à la zone d’ophiolite du sud-ouest des Appalaches (de l’Estrie et de la Beauce) ont déjà été exploités vers la fin du 19e siècle et tout au cours du 20e siècle. Cette zone d’ophiolite est localisée le long de la ligne Brompton-Baie-Verte, un corridor de déformation intense d’extension régionale. De nombreux gisements de talc et de stéatite également associés à cette zone ont déjà fait l’objet d’exploitation. Toutefois, la seule exploitation de talc au Québec, située près de Saint-Pierre-de-Broughton, a cessé ses activités en 2001 en raison de la présence de fibres d’amiante dans le minerai. Cependant, l’extraction de la stéatite se poursuit encore de nos jours à la mine Fraser, près de East-Broughton.

Dans les Appalaches du Québec, les calcaires sont exploités dans la région du lac Champlain (baie Missisquoi) au sud de Saint-Jean-sur-Richelieu et à Lime Ridge au nord-est de Sherbrooke. D’autres sources potentielles de calcaire pur ont été identifiées dans le Bas-Saint-Laurent et dans l’Est du Québec, en Gaspésie. Dans la région du lac Champlain, ils proviennent des formations de Corey et de Strites Pond (Groupe de Philipsburg). À Lime Ridge, où l’on produit de la chaux depuis plus de 150 ans, les carrières de la compagnie Graymont inc. se situent dans une bande de calcaire récifal très pur, en partie recristallisé. Dans le Bas-Saint-Laurent, les calcaires des formations de Témiscouata, Sayabec, Rivière-Ouelle et de Romieu offrent un bon potentiel pour la pierre industrielle. Les argilites de la Formation de l’orignal, dans le canton de Lepage (secteur de Mont-Joli), ont déjà été exploitées pour des produits d’argile. Un gîte d’obsidienne dans le secteur des monts Tuzo et Squaw Cap se retrouve à l’extrémité est de la région. En Gaspésie, d’importants gîtes de calcaire pur, associés aux formations de West Point et de la Vielle (Groupe de Chaleur), ont été identifiés dans le canton Lefrançois au sud de Rivière-Madeleine, ainsi que dans le secteur de Port-Daniel dans la baie des Chaleurs.

Dans le Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie, les grès quartzitiques des formations de Val-Brillant et de Kamouraska renferment des teneurs en silice supérieures à 96 % et constituent des sources potentielles de silice. Ces deux unités de grès ont été exploitées comme source de fondant siliceux.

Le Bas-Saint-Laurent occupe une place majeure dans l’industrie de la tourbe au Québec. Il existe dans la région au moins une vingtaine de dépôts de tourbe, situés pour la plupart le long du fleuve Saint-Laurent. Sa production représente 50 % de la tourbe produite au Québec. La majorité du volume récolté alimente une quarantaine de pays.

Le bassin permo-carbonifère des Appalaches (Îles-de-la-Madeleine) est l’hôte de gîtes de sel et de gypse et constitue aussi une source de dépôts de sable siliceux. Sept gîtes importants de sel avec, dans certains cas, des teneurs intéressantes en potasse, ont été découverts dans le sous-sol des îles à des profondeurs variant entre 30 et 300 mètres. Le plus important, celui du Rocher-au-Dauphin, est exploité depuis 1982 par les Mines Seleine inc.

Les dunes et les tombolos des Îles-de-la-Madeleine, ainsi qu’une partie de la plate-forme continentale en bordure est de l’archipel, sont constitués de sables siliceux dont la source principale sont des grès. Ce dépôt de sable, situé dans le chenal de Sandy Hook entre l’Île-d’Entrée et l’Île-du-Havre-Aubert, a fait l’objet d’évaluation comme source de sable de silice pour la fonderie et le verre. Ce sable contient, toutefois, une proportion appréciable de feldspath qui doit être enlevée.

Les bassins sédimentaires de la Ceinture orogénique des Appalaches renferment quelques dépôts de barytine. Le gisement d’Upton (Robex), associé au Groupe d’Upton et celui de Saint-Fabien, localisé dans la Formation de Saint Damase (Groupe de Trois Pistoles) constituent actuellement les deux plus importants dépôts de barytine identifiés au Québec. Ces dépôts n’ont pas encore fait l’objet d’exploitation.

Les complexes ophiolitiques des Appalaches (secteurs de Thetford Mines, d’Asbestos et d’Orford) renferment de nombreux gîtes de chromite de type podiforme. Ceux-ci sont contenus dans des lentilles de dunite au sein des harzburgites tectonisées et dans des horizons de dunite au sein des séquences à cumulats sus-jacents à l’harzburgite. Plusieurs de ces gîtes ont été exploités au cours des deux dernières guerres mondiales.

Les principaux gîtes de gypse forment des couches de 5 cm à 5 m d’épaisseur dans une brèche à fragments de mudstone et de grès de la Formation aux Maisons (Groupe de Windsor). Tiphane (1970) estime à quelque 100 000 tonnes la quantité de gypse de bonne qualité qui pourrait être facilement extraite du sous-sol des îles.

Perspectives et opportunités

Le complexe ophiolitique du sud-ouest de la Ceinture orogénique des Appalaches au Québec constitue un environnement géologique favorable pour la découverte d’autres gîtes d’amiante (chrysotile), de talc et de stéatite. Quant aux bassins sédimentaires, ils présentent un bon potentiel en pierres industrielles (calcaire, silice) et en dépôts de sel et de gypse.

Références


















Retour vers le haut de la page

Retour à la page précédente