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Le Témiscamingue : un secteur au
potentiel élevé pour le nickel, le cuivre, le cobalt
et les éléments du groupe du platine
Pierre Doucet
Géologie Québec
Une ruée de jalonnement a marqué
la sous-province géologique du Pontiac, plus particulièrement
le secteur sud du Témiscamingue, au début de 2001,
à la suite de l’annonce, le 11 décembre 2000,
par Aurora Platinum Corporation, de l’intersection en forages
de minéralisation importante de Ni-Cu-Co-ÉGP (éléments
du groupe du platine) sur la propriété Midrim-Belleterre-Angliers,
à 20 km au nord-est de Ville-Marie. À la suite
du communiqué de presse, plusieurs prospecteurs et compagnies
ont rapidement acquis, par désignation ou par ententes de
coparticipation, des propriétés dans la ceinture de
roches vertes de Baby-Belleterre. La partie méridionale de
la sous-province du Pontiac s’ajoute donc aux secteurs potentiels
de la fosse de l’Ungava, de la partie orientale de la fosse
du Labrador et de l’ouest de Chibougamau pour la recherche
de Ni, Cu, Co, ÉGP. À cet effet, vous pouvez consulter
la carte du MRN à l’échelle de 1 / 2 500 000
des minéralisations en Ni-Cu-ÉGP au Québec
(DV-2002-04).
Historique
L’exploration minérale au Témiscamingue
remonte aux années de la colonisation du Nord-Ouest québécois.
D’abord, entre 1887 et 1902, un dépôt
de plomb, zinc et argent fut exploité de façon intermittente,
sur la rive est du lac Témiscamingue. Par la suite, de la
minéralisation aurifère avait été signalée
dans la région de Belleterre en 1933 et le gisement
du même nom a été exploité entre 1936
et 1959. La mine de cuivre et nickel de Lorraine, plus à
l’ouest, découverte en 1961, est exploitée
entre 1964 et 1968. Elle a produit 600 000 tonnes
de minerai, à des teneurs de 1,08 % Cu et 0,48 % Ni.
Au cours des années 1980 et au début des années 1990,
l’exploration pour le diamant dans le secteur de Saint-Bruno-de-Guigues,
qui impliquent d’importants participants, tels Canabrava Diamond
Corporation et Monopros Limited, mène à l’identification
de quatre cheminées de kimberlite. Malgré la découverte
de quelques diamants, l’engouement s’essouffle et l’exploration
diamantifère dans l’Abitibi-Témiscamingue devient
essentiellement inexistante pendant plusieurs années.
L’annonce récente de la découverte de minéraux
indicateurs de kimberlites à la Baie-James et de deux corps
kimberlitiques diamantifères aux monts Otish, dans le Moyen-Nord
québécois, en décembre 2001, ont relancé
l’exploration dans plusieurs autres secteurs de la province
du Supérieur, y compris au Témiscamingue. Finalement,
de nombreuses carrières de minéraux industriels, telles
la silice et la chaux, et de pierres architecturales ont été
exploitées au Témiscamingue au cours de XXe
siècle.
Géologie
La sous-province métasédimentaire
du Pontiac comprend 55 % d’intrusions de granitoïdes
et d’orthogneiss, localisées dans sa partie centrale,
40 % de roches sédimentaires détritiques et de
paragneiss ainsi que 5 % de roches volcaniques (figure 1,
Format PDF, 0,97 mo). Ces dernières forment
des assemblages ultramafiques, mafiques et localement felsiques
dans la partie sud-ouest du Pontiac. Quelques minces bandes de roches
volcaniques mafiques à ultramafiques sont présentes
dans sa partie nord. La sous-province du Pontiac est séparée
de la sous-province de l’Abitibi par la faille de Cadillac
– Larder Lake, une structure importante qui s’étend
d’est en ouest, au Québec et en Ontario, sur une distance
de plus de 100 kilomètres. Les roches sédimentaires
non déformées d’âge protérozoïque
du Groupe de Cobalt recouvrent, en discordance d’érosion,
le sud-ouest du Pontiac et, plus au nord, un segment de la faille
de Cadillac – Larder Lake. À l’est, la sous-province
du Pontiac est limitée par le Front du Grenville, une zone
tectonique protérozoïque majeure qui possède,
au Québec, une longueur de près de 1 200 kilomètres.
Selon les données du ministère des Ressources naturelles,
20 indices de Ni-Cu se trouvent dans la sous-province du Pontiac
(figure 1,
Format PDF, 0,97 Mo). Dans le segment nord de
la sous-province, cette minéralisation est généralement
associée aux bandes des roches mafiques-ultramafiques, tel
le secteur du lac Opasatica, tandis que la minéralisation
dans la partie sud de la sous-province est principalement associée
à des horizons ou filons-couches de gabbro dans les séquences
volcaniques mafiques de la ceinture de Baby-Belleterre. La ceinture
de Baby-Belleterre s’étend d’est en ouest sur
près de 60 km et atteint plus de 5 km de large.
Exploration pour le Ni-Cu-Co-ÉGP
Tout au long de 2001, Aurora Platinum annonçait
des résultats de sa campagne d’exploration sur le projet
Midrim-Belleterre, qui regroupe les propriétés Midrim
(indices Midrim, Midrim Ouest et Lac Croche) et Belleterre (indices
Alotta, Delphi, Patry, Zullo et Duchesne). La minéralisation
de Ni-Cu-Co-ÉGP recherchée est généralement
associée à des filons-couches de gabbro riche en magnétite
et à des roches ultramafiques qui contiennent des sulfures
disséminés dans la partie supérieure et des
accumulations de sulfures massifs à la base des filons-couches.
Les travaux réalisés comprennent la cartographie,
des levés géochimiques ainsi que des levés
géophysiques aériens et au sol, l’excavation
de plusieurs tranchées, plus de 120 forages au diamant
et des études pétrologiques. Ces travaux ont nécessité
des investissements de plus de 2,5 M$ et un montant similaire
était prévu pour les travaux de 2002.
Les premiers sondages à l’automne 2000
avaient retourné des teneurs significatives à proximité
de la surface. Au printemps et à l’été 2001,
la compagnie communiquait de nouveaux résultats de forage,
tous aussi impressionnants que les premiers, sur les zones Midrim,
Midrim Ouest et Alotta. La compagnie notait aussi avoir découvert
une nouvelle zone minéralisée en profondeur sur l’indice
Midrim et a aussi révélé la découverte
d’une cheminée de kimberlite.
Exploration Tom inc. annonçait, à la fin de janvier,
les résultats encourageants d’un premier sondage sur
la propriété Laverlochère, adjacente aux propriétés
Midrim-Belleterre-Angliers, détenues par Aurora
Platinum Corp. En août 2001, Exploration Loubel et Tom
Exploration communiquaient les premiers résultats des travaux
de prospection sur la propriété Kelly Lake, dans le
canton Blondeau, où des indices de Cu-Ni avaient été
mis au jour par décapage. Des forages complétés
sur ces indices au cours des premiers mois de 2002 ont permis de
couper des intersections encourageantes, dont le trou K-02-117 a
donné 14,8 m titrant 1,01 % Ni, 0,63 % Cu,
0,051 % Co, 0,44 g/t Pt et 0,48 = 9 g/t Pd.
Rappelons que le gisement Kelly Lake contient des ressources minérales
de 2,4 Mt, à une teneur combinée de 1,4 % Ni + Cu.
Perspectives
Les résultats positifs des travaux de Aurora
Platinum Corp. et des partenaires Loubel Exploration et Exploration
Tom confirment le potentiel minéral pour la minéralisation
de Ni-Cu-Co-ÉGP associée aux filons-couches mafiques
de la ceinture de Baby-Belleterre. Les travaux en cours tentent
de délimiter l’extension des zones connues et augmenter
ainsi le volume de ces gisements, ce qui permettra une éventuelle
exploitation minière. Les quantités importantes de
laves et de filons-couches mafiques de la ceinture
de Baby-Belleterre laissent suggérer que les perspectives
pour de nouvelles découvertes sont excellentes. Enfin, le
nouvel engouement pour l’exploration diamantifère au
Québec, notamment au Témiscamingue, et la découverte
d’une nouvelle cheminée de kimberlite à l’est
de Ville-Marie par Aurora Platinum Corp., indiquent que ce secteur
possède également un potentiel non négligeable
pour l’exploration et la découverte de nouvelles cheminées
kimberlitiques.
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