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La restauration des sites miniers de l'État
20 M$ y ont été investis
par Johanne Cyr
Direction du développement minéral
Notre passé industriel a laissé
de nombreux vestiges sur le territoire québécois,
des vestiges qui le plus souvent se réconcilient mal avec
l'environnement et les concepts de développement durable.
Il fût une époque où les préoccupations
face aux impacts de nos activités sur l'environnement étaient
quasi inexistantes. Le développement économique, l'abondance
des richesses naturelles, qui alors semblaient inépuisables,
et l'avancement technologique occupaient le premier rang, sans autres
considérations.
| C'est ainsi que l'industrie minière
a hérité d'une image peu flatteuse, ayant laissé
derrière elle nombre de parcs à résidus
miniers soumis à l'érosion éolienne et
hydrique et aux processus d'oxydation conduisant à la
production de drainage minier acide. À ce problème,
il faut ajouter l'abandon de haldes à stériles,
de fosses et autres ouvertures dangereuses, d'infrastructures
mal sécurisées ainsi que de machinerie et de produits
plus ou moins toxiques mal entreposés. |
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Pour que de telles situations
ne se reproduisent plus, le gouvernement du Québec est intervenu
en modifiant, le 9 mars 1995, la Loi sur les mines.
Depuis, lorsque des travaux d'exploration ou d'exploitation minière
sont réalisés, un plan de restauration et une garantie
financière couvrant 70 % du coût prévu
des travaux de restauration sur les aires d'accumulation doivent
être déposés par les compagnies minières.
Le programme de restauration
des sites miniers de l'État
Entre 1967 et 1985, 11 sites miniers, d'une superficie
totale de plus de 500 hectares, ont été rétrocédés
à l'État par l'industrie minière. Ces sites
sont localisés en Abitibi-Témiscamingue
(East Sullivan, Sullivan, Terrains Aurifères A, Canadian
Malartic, Wood Cadillac, Preissac, Stadacona et Lorraine), en Mauricie
(Somex) et en Gaspésie (Candego et Les Mines Madeleines).
Devant l'ampleur du problème environnemental engendré
par la présence de ces sites miniers, le ministère
des Ressources naturelles du Québec a amorcé en 1987
un programme de restauration des sites miniers de l'État.
Depuis 1991, 20 M$ y ont été investis.
Des efforts importants ont été consentis
afin de développer des méthodes de restauration efficaces
et économiques. De nombreux experts des milieux universitaires
et du génie-conseil ont collaboré aux
travaux entrepris par le MRN. Dans plusieurs cas, une caractérisation
exhaustive des sites a conduit à l'élaboration de
technologies innovatrices mettant à profit différentes
matières résiduelles, telles que les résidus
forestiers, les boues d'usine d'épuration, les boues de fosses
septiques, les boues de papetières et les cendres d'usines
de cogénération. Ces technologies ont permis de réduire
les coûts et de solutionner du moins en partie, la problématique
d'entreposage de ces résidus. Diverses études ont
été réalisées afin de développer
des systèmes de traitement passif adaptés aux conditions
particulières des effluents miniers (biofiltre, marais épurateurs,
drains calcaires, barrières humides, etc.).
Afin d'illustrer les résultats de
ces efforts, voici quelques projets de restauration minière
réalisés.
Une expertise reconnue
La restauration des sites de l'État aura permis de développer
au Québec une expertise reconnue dans la caractérisation
des sites, la compréhension des processus d'altération
des résidus miniers et l'élaboration de technologies
efficaces et économiques. De plus, l'utilisation et la revalorisation
de matières résiduelles, la conception de systèmes
de traitement passif et finalement l'intégration des concepts
d'aménagement d'habitats fauniques aux travaux de restauration
des sites miniers s'intègrent parfaitement au concept de
développement durable.
Le MRN se doit maintenant de favoriser le transfert
technologique et la diffusion des connaissances auprès des
intervenants concernés et de mettre à profit cette
expertise tout en poursuivant les efforts de recherche et d'innovation
technologique. Si la restauration des sites rétrocédés
à l'État est à toute fin complétée,
il reste de nombreux sites qui ont été abandonnés
au fil des ans et qui devront être restaurés.
Les exploitations minières dont les activités
ont cessé avant que la Loi sur les mines ne soit modifiée
ne sont pas tenues de fournir un plan de restauration ni de garanties
financières. Ces compagnies demeurent responsables des résidus
qu'elles ont produits. Toutefois, on dénombre environ 70 sites
où les compagnies sont soit introuvables, soit non solvables.
Par conséquent, ces compagnies ne sont pas en mesure de réaliser
les travaux requis. On considère que 15 d'entre eux ont des
impacts majeurs sur l'environnement et qu'ils devront faire l'objet
d'interventions prioritaires. Les coûts estimés pour
la restauration de ces 15 sites se situent aux environs de
40 M$ et pourraient dépasser les 70 M$ pour l'ensemble
des sites abandonnés.
Bibliographie
- Bertrand, P., J. Cyr, Restauration du site minier Sullivan :
un concept écologique d'aménagement. Vecteur Environnement
- Volume 34, numéro 4, juillet 2001.
- Isabel, D., N., Tassé, C., Dufour, F., Bergeron. Traitement
des résurgences d'un parc à résidus miniers
au moyen d'un biofiltre réducteur. Colloque Nedem 2000,
3-5 octobre 2000. Sherbrooke.
- Dagenais, A.M., M., Aubertin, B., Bussière, L., Bernier,
J. Cyr, Monitoring at the Lorraine mine site: a follow up on the
remediation plan. 2001 national Association of Abandoned Mine
Lands Annual Conference, August 19-22, 2001, Athens, Ohio.
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