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février 2002
 


La restauration des sites miniers de l'État
20 M$ y ont été investis

par Johanne Cyr
Direction du développement minéral

Notre passé industriel a laissé de nombreux vestiges sur le territoire québécois, des vestiges qui le plus souvent se réconcilient mal avec l'environnement et les concepts de développement durable. Il fût une époque où les préoccupations face aux impacts de nos activités sur l'environnement étaient quasi inexistantes. Le développement économique, l'abondance des richesses naturelles, qui alors semblaient inépuisables, et l'avancement technologique occupaient le premier rang, sans autres considérations.

C'est ainsi que l'industrie minière a hérité d'une image peu flatteuse, ayant laissé derrière elle nombre de parcs à résidus miniers soumis à l'érosion éolienne et hydrique et aux processus d'oxydation conduisant à la production de drainage minier acide. À ce problème, il faut ajouter l'abandon de haldes à stériles, de fosses et autres ouvertures dangereuses, d'infrastructures mal sécurisées ainsi que de machinerie et de produits plus ou moins toxiques mal entreposés.

Pour que de telles situations ne se reproduisent plus, le gouvernement du Québec est intervenu en modifiant, le 9 mars 1995, la Loi sur les mines. Depuis, lorsque des travaux d'exploration ou d'exploitation minière sont réalisés, un plan de restauration et une garantie financière couvrant 70 % du coût prévu des travaux de restauration sur les aires d'accumulation doivent être déposés par les compagnies minières.

Le programme de restauration des sites miniers de l'État

Entre 1967 et 1985, 11 sites miniers, d'une superficie totale de plus de 500 hectares, ont été rétrocédés à l'État par l'industrie minière. Ces sites sont localisés en Abitibi-Témiscamingue (East Sullivan, Sullivan, Terrains Aurifères A, Canadian Malartic, Wood Cadillac, Preissac, Stadacona et Lorraine), en Mauricie (Somex) et en Gaspésie (Candego et Les Mines Madeleines). Devant l'ampleur du problème environnemental engendré par la présence de ces sites miniers, le ministère des Ressources naturelles du Québec a amorcé en 1987 un programme de restauration des sites miniers de l'État. Depuis 1991, 20 M$ y ont été investis.

Des efforts importants ont été consentis afin de développer des méthodes de restauration efficaces et économiques. De nombreux experts des milieux universitaires et du génie-conseil ont collaboré aux travaux entrepris par le MRN. Dans plusieurs cas, une caractérisation exhaustive des sites a conduit à l'élaboration de technologies innovatrices mettant à profit différentes matières résiduelles, telles que les résidus forestiers, les boues d'usine d'épuration, les boues de fosses septiques, les boues de papetières et les cendres d'usines de cogénération. Ces technologies ont permis de réduire les coûts et de solutionner du moins en partie, la problématique d'entreposage de ces résidus. Diverses études ont été réalisées afin de développer des systèmes de traitement passif adaptés aux conditions particulières des effluents miniers (biofiltre, marais épurateurs, drains calcaires, barrières humides, etc.).

Afin d'illustrer les résultats de ces efforts, voici quelques projets de restauration minière réalisés.

Une expertise reconnue

La restauration des sites de l'État aura permis de développer au Québec une expertise reconnue dans la caractérisation des sites, la compréhension des processus d'altération des résidus miniers et l'élaboration de technologies efficaces et économiques. De plus, l'utilisation et la revalorisation de matières résiduelles, la conception de systèmes de traitement passif et finalement l'intégration des concepts d'aménagement d'habitats fauniques aux travaux de restauration des sites miniers s'intègrent parfaitement au concept de développement durable.

Le MRN se doit maintenant de favoriser le transfert technologique et la diffusion des connaissances auprès des intervenants concernés et de mettre à profit cette expertise tout en poursuivant les efforts de recherche et d'innovation technologique. Si la restauration des sites rétrocédés à l'État est à toute fin complétée, il reste de nombreux sites qui ont été abandonnés au fil des ans et qui devront être restaurés.

Les exploitations minières dont les activités ont cessé avant que la Loi sur les mines ne soit modifiée ne sont pas tenues de fournir un plan de restauration ni de garanties financières. Ces compagnies demeurent responsables des résidus qu'elles ont produits. Toutefois, on dénombre environ 70 sites où les compagnies sont soit introuvables, soit non solvables. Par conséquent, ces compagnies ne sont pas en mesure de réaliser les travaux requis. On considère que 15 d'entre eux ont des impacts majeurs sur l'environnement et qu'ils devront faire l'objet d'interventions prioritaires. Les coûts estimés pour la restauration de ces 15 sites se situent aux environs de 40 M$ et pourraient dépasser les 70 M$ pour l'ensemble des sites abandonnés.

Bibliographie

  1. Bertrand, P., J. Cyr, Restauration du site minier Sullivan : un concept écologique d'aménagement. Vecteur Environnement - Volume 34, numéro 4, juillet 2001.
  2. Isabel, D., N., Tassé, C., Dufour, F., Bergeron. Traitement des résurgences d'un parc à résidus miniers au moyen d'un biofiltre réducteur. Colloque Nedem 2000, 3-5 octobre 2000. Sherbrooke.
  3. Dagenais, A.M., M., Aubertin, B., Bussière, L., Bernier, J. Cyr, Monitoring at the Lorraine mine site: a follow up on the remediation plan. 2001 national Association of Abandoned Mine Lands Annual Conference, August 19-22, 2001, Athens, Ohio.
















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