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Bilan et faits saillants de l'industrie minière en 2001
La majorité des analystes
avait prédit que l'économie mondiale subirait un ralentissement
en 2001. Cependant, celui-ci s'est avéré beaucoup
plus important que prévu. Le ralentissement de l'activité
économique, d'abord entamé aux États-Unis,
s'est étendu à presque toutes les régions du
monde. Ce ralentissement, déjà perceptible avant les
attentats terroristes du 11 septembre, s'est amplifié
depuis, de sorte que les révisions à la baisse des
prévisions de croissance pour 2001 ont été
supérieures à ce qu'elles auraient été
autrement, et ce, à l'échelle mondiale. C'est d'ailleurs
la première fois depuis vingt ans que les pays de la zone
de l'OCDE connaissent un ralentissement économique aussi
synchronisé. Le taux de croissance de l'économie mondiale
aurait été de 2,4 % en 2001.
Le déclin de l'économie américaine,
qui a débuté au troisième trimestre de 2000,
s'est accentué considérablement cette année.
À ce chapitre, la production industrielle a poursuivi sa
décroissance, tandis que les investissements des entreprises
et les exportations se sont fortement contractés. L'économie
des États-Unis a été particulièrement
touchée par la chute de la demande de biens liés aux
technologies de l'information et des communications. Les événements
du 11 septembre, quant à eux, sont venus ébranler
la confiance des agents économiques, notamment celle des
consommateurs dont les dépenses demeuraient alors le principal
moteur de l'économie américaine. Les États-Unis,
après leur plus long cycle d'expansion, ont vu leur PIB réel
se contracter de 1,3 % au troisième trimestre, et le
National Bureau of Economic Research (NBER) annonçait, le
26 novembre, que le pays était officiellement en récession.
Pour l'ensemble de 2001, la croissance du PIB réel est
estimée à 1,1 %.
La croissance dans la zone euro, qui manifestait
déjà des signes de fléchissement à la
fin de 2000, a été touchée plus solidement
que prévu. La demande intérieure, surtout au chapitre
des investissements, s'est affaiblie, tandis que ses exportations
ralentissaient. D'ailleurs, la croissance du PIB réel aux
deuxième et troisième trimestres n'a été
que très légèrement supérieure à
zéro. Les attentats terroristes ont détérioré
davantage la situation économique de la zone euro, qui devrait
pouvoir éviter, néanmoins, la récession.
Le Japon, quant à lui, est entré
en récession, et ce, pour la troisième fois au cours
des dix dernières années. En fait, l'économie
japonaise est au ralenti depuis la mi-2000, en raison
de l'affaissement du secteur des technologies de l'information et
des communications ainsi que de la baisse de la demande extérieure.
Le Japon est également aux prises avec d'importants problèmes
structurels, dont un endettement public fort élevé
et un secteur bancaire affecté par d'énormes pertes
sur prêts.
Dès le quatrième trimestre de 2000,
l'activité économique était en déclin
au Canada. Ainsi, la croissance de l'économie canadienne
a été grandement affectée par le fléchissement
de ses exportations, principalement vers les États-Unis.
Les dépenses des ménages, quant à elles, sont
demeurées relativement élevées, tandis que
l'investissement des entreprises, surtout en machines et matériel,
a chuté. Après la contraction de son PIB au troisième
trimestre, attribuable en partie aux attentats terroristes, le Canada,
selon la plupart des prévisionnistes, pourrait bien être
entré aussi en récession. Pour l'ensemble de l'année,
le PIB réel du Canada devrait croître d'environ 1,3
%. Pour sa part, le Québec ne pouvait échapper aux
répercussions des difficultés de ses deux principaux
partenaires commerciaux, les États-Unis et le Canada. D'ailleurs,
l'économie québécoise, grandement affectée
par la chute de ses exportations vers les États-Unis, notamment
dans le domaine des technologies de l'information et des communications,
est passée près de la récession au premier
semestre. Le taux de croissance du PIB réel du Québec
devrait se situer à 1,1 % en 2001.
Ce fort ralentissement de l'économie mondiale
a évidemment réduit la demande de la plupart des substances
minérales, contribuant à gonfler les inventaires et
à déprimer des prix qui avaient déjà
amorcé un repli dans les derniers mois de 2000. Ce fut
notamment le cas des métaux usuels, dont les prix moyens
en décembre 2001 étaient inférieurs de
plus de 20 % à ceux enregistrés au cours du même
mois de l'an dernier. Par contre, l'or a constitué une exception,
en raison des événements du 11 septembre, mais la
hausse de son prix fut, somme toute, relativement limitée.
Perspectives 2002
La reprise de l'économie mondiale sera largement
tributaire de la performance des États-Unis. Or, selon la
plupart des prévisionnistes, la récession aux États-Unis
sera brève. En effet, le fort assouplissement de la politique
monétaire en 2001 ainsi que la mise en uvre d'importantes
mesures budgétaires de la part du gouvernement, tant au plan
de la fiscalité que des dépenses, devraient permettre
à l'économie américaine de se redresser graduellement
au premier semestre de 2002 pour prendre pleinement son envol en
deuxième moitié d'année, dans la mesure, évidemment,
où le contexte géopolitique et le climat de confiance
ne se détériorent pas davantage. Ainsi, le taux de
croissance du PIB mondial devrait se situer aux environs de 2,5
%.
L'assouplissement de sa politique monétaire, jumelé
à une forte reprise aux États-Unis devrait
permettre à l'économie de la zone euro de reprendre
de la vigueur d'ici la fin de 2002. En ce qui concerne le Japon,
non seulement la récession se poursuivra au premier semestre,
mais la reprise ne s'effectuera vraisemblablement pas avant la fin
de l'année. Or, cette dernière ne se fera qu'à
la condition d'un redressement préalable aux États-Unis
ainsi que d'un règlement des problèmes structurels
de l'économie japonaise. Les économies canadienne
et québécoise bénéficieront évidemment
de la reprise anticipée aux États-Unis, mais aussi
de facteurs internes, notamment de l'ensemble des instruments macroéconomiques
adoptés par les deux paliers de gouvernement. Elles devraient
donc renouer progressivement avec la croissance en première
moitié d'année.
En 2002, la demande de produits minéraux
profitera de la reprise de l'économie mondiale. Les prix
des métaux usuels devraient amorcer un redressement, tout
particulièrement au deuxième semestre. Toutefois,
la vitesse et la vigueur de ce redressement seront aussi largement
tributaires du processus d'ajustement de la production à
la demande.
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