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En 1983, le gouvernement du Québec lançait un programme de reboisement ambitieux. La production annuelle de plants, qui se chiffrait à 33 M en 1979-1980, a alors grimpé de façon exponentielle pour se stabiliser à quelque 150 M. On a également consacré de sérieux efforts pour améliorer la qualité des plants mis en terre de même que leur taux de survie. Les plants forestiers requis chaque année pour mettre le programme de reboisement en œuvre sont cultivés dans 18 pépinières privées et 6 pépinières gouvernementales.
L'amélioration des espèces forestières
Le Ministère effectue des travaux d’amélioration des arbres forestiers depuis 1969. Les recherches se poursuivent dans un réseau de plus de 1 700 dispositifs expérimentaux installés dans les forêts naturelles, dans des arboretums et dans les pépinières gouvernementales. Les travaux qui y sont effectués ont permis au Ministère de mettre en place le réseau actuel composé de 77 vergers à graines de première génération et de 14 vergers à graines de deuxième génération. Ce réseau, qui renferme environ 500 000 arbres semenciers de 15 essences distinctes, permet de produire plus de 80 % des semences nécessaires pour le reboisement.
La récolte et le traitement des semences
Pour atteindre les objectifs du programme québécois de reboisement, le Ministère doit fournir aux pépiniéristes des semences de qualité, en quantité suffisante et au meilleur coût possible. Actuellement, il doit donc récolter, en moyenne, 1 800 hectolitres de cônes de résineux et près de 250 hectolitres de semences de feuillus chaque année. Toutes les semences récoltées sont acheminées au Centre de semences forestières de Berthier, où elles sont soumises à divers traitements et à des tests de germination.
Les semences de feuillus
Les semences de feuillus sont surtout récoltées dans le sud du Québec. C'est la maturité des fruits qui dicte le moment opportun pour la cueillette. Ainsi, les semences de l'érable argenté, de l'érable rouge et de l'orme d'Amérique sont cueillies au printemps, et celles des autres espèces, à l'automne.
Les semences de résineux
Les cônes de résineux sont récoltés à l'automne, quand ils sont encore fermés. Ils proviennent surtout des vergers à graines, mais on en cueille aussi sur les parterres de coupe et dans les forêts naturelles. Les cueilleurs doivent évidemment s'en tenir aux arbres les plus beaux. Les normes de récolte sont en effet très strictes.
Les plants de résineux
Les principales essences de résineux cultivées au Québec sont les épinettes (blanche, noire et rouge) les pins (blanc, rouge et gris) et certaines variétés de mélèzes. Comme dans d'autres provinces canadiennes, en Finlande et en Suède, ces plants sont surtout produits dans des récipients (près de 90 %). La culture à racines nues et celle de boutures complètent la production totale.
Culture à racines nues
La culture de plants résineux à racines nues demande de trois à quatre années, mais elle comporte plusieurs avantages : comme les plants ont un système racinaire bien développé, ils sont moins sujets au déchaussement et au soulèvement par le gel et ils résistent mieux à l'écrasement par la végétation concurrente et par la neige. De plus, ils sont moins lourds et plus faciles à manutentionner que les plants cultivés en récipients.
Culture en récipients
Les plants de résineux cultivés en récipients sont livrés à l'âge de deux ans environ. Ils sont plus faciles à mettre en terre que les plants cultivés à racines nues et la productivité des planteurs est supérieure. Par ailleurs, comme ces plants sont expédiés dans les récipients de culture ou des bacs, ils ne nécessitent aucune réfrigération ou mise en jauge. De plus, leur mise en terre peut être étalée jusqu'en août.
Plants de fortes dimensions
Dans la Stratégie de protection des forêts qu'il a adoptée en 1994, le gouvernement du Québec s'engageait à éliminer le recours aux phytocides chimiques dans le milieu forestier au plus tard en 2001. Cette décision a amené les chercheurs à mettre au point une création typiquement québécoise, le plant de fortes dimensions (PFD), qui est destiné aux aires de reboisement où la végétation concurrente est très abondante et risque d'étouffer les jeunes plants. Comme son nom l'indique, le PFD est plus haut que les plants traditionnels en récipients, et il a un diamètre supérieur.
Les plants de feuillus
Les principales essences de feuillus cultivées dans les pépinières québécoises sont : le bouleau jaune, le chêne rouge, l'érable à sucre et le frêne d'Amérique. Ces feuillus nobles sont cultivés en récipients ou à racines nues, à partir de semences. L'objectif annuel de production est de 1,5 M de plants. Quelle que soit leur destination finale, tous ces plants sont produits à la pépinière de Berthier.
Essences à croissance rapide
Les essences à croissance rapide, comme les peupliers, sont intéressantes parce qu'elles permettent d'obtenir des rendements annuels de 5 tonnes à 15 tonnes de matière sèche à l'hectare. Un programme axé sur le peuplier hybride a permis de sélectionner 45 clones qui avaient un taux de croissance supérieur, qui étaient plus rustiques et plus résistants aux maladies. Le Ministère livre chaque année environ 1,5 M de plants de peupliers hybrides issus de boutures. Ces plants sont tous cultivés à racines nues.
Des normes strictes
Les plants livrés sur les aires de reboisement doivent satisfaire à des critères de qualité aussi précis que stricts. Soulignons que les normes québécoises de qualité ont la réputation d'être très élevées. Ces exigences sont essentielles si l'on veut que les plants mis en terre aient un bon taux de survie et une croissance optimale.
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