| Pourquoi protéger les écosystèmes
forestiers exceptionnels?
Préserver les écosystèmes
forestiers exceptionnels contribue à maintenir une
composante cruciale de la diversité biologique :
la diversité des écosystèmes forestiers.
C'est l'hypothèse du « filtre brut »
mise en avant par plusieurs scientifiques au cours des dernières
décennies.
L'appliquer permettrait de maintenir dans
le temps et l'espace la diversité des écosystèmes
qui servent d'habitat pour la majorité des espèces
qui vivent sur un territoire donné. Les scientifiques
pensent cependant que le filtre brut ne permettrait pas de
préserver les espèces qui y seraient menacées.
Ils ont alors désigné de « filtre
fin » toute action qui permettrait de le faire.
À cet effet, protéger les écosystèmes
forestiers exceptionnels vient aussi jouer un rôle dans
la préservation des espèces menacées.
En effet, nombre de ces écosystèmes contiennent
des espèces menacées ou vulnérables.
De plus, ils constituent des habitats particuliers susceptibles
d'abriter des espèces rares actuellement inconnues.
Certains scientifiques estiment qu'on ne connaîtrait
que 50 % des espèces existantes !
Par ailleurs, la conservation de la diversité biologique
est l'un des six critères d'aménagement durable
des forêts. Ces critères sont inscrits dans la
disposition préliminaire de la Loi sur les forêts.
En protégeant les écosystèmes forestiers
exceptionnels, le Québec favorise donc l'aménagement
durable de ses forêts au profit des générations
actuelles et futures.
Qu'est-ce qu'un écosystème
forestier exceptionnel?
Cette appellation réfère à
trois catégories d'écosystèmes forestiers :
- les forêts rares;
- les forêts anciennes;
- les forêts refuges d'espèces menacées
ou vulnérables.¹
Les forêts rares
Les forêts rares sont des écosystèmes
forestiers qui occupent un nombre restreint de sites et couvrent
une superficie réduite. La rareté est généralement
d'origine naturelle, mais elle peut aussi résulter
de l'activité humaine : on dit alors qu'elle est
anthropique. La rareté est évaluée autant
à l'échelle du Québec qu'à l'échelle
d'unités de territoire plus petites. Par exemple, les
peuplements de pins rigides sont rares dans tout le Québec,
alors que ceux de chênes rouges sont communs dans le
sud-ouest de la province, mais rares dans la péninsule
gaspésienne.
Les forêts anciennes
Cette expression désigne les peuplements qui n'ont
pas été modifiés par l'Homme, qui n'ont
subi aucune perturbation majeure récente et dans lesquels
on trouve de très vieux arbres. Ces forêts ont
comme particularité de renfermer à la fois des
arbres vivants, sénescents et morts et un sol parsemé
de gros troncs à divers stades de décomposition.
On dénombre peu de forêts anciennes au Québec.
Dans le sud de la province, la plupart des forêts ont
en effet été considérablement affectées
par la colonisation, puis par l'urbanisation. Plus au nord,
ce sont les épidémies d'insectes et les feux
qui les ont raréfiées.
Les « forêts refuges »
Ces forêts abritent une ou plusieurs espèce(s)
végétale(s) menacée(s) ou vulnérable(s).
On peut, selon le cas, y trouver une espèce d'une grande
rareté, une population remarquable de l'une ou l'autre
de ces espèces ou une concentration significatives
(au moins trois) de ces mêmes espèces.
Le Ministère et la protection
des écosystèmes forestiers exceptionnels
Depuis 1996, le Ministère caractérise et inventorie les territoires qui renferment des écosystèmes forestiers exceptionnels, et ce, dans le but de les protéger. Sur les terres du domaine de l'État, plus d'une centaine de sites sont en voie de bénéficier d'une protection légale. À cette fin, il s'est doté d'outils législatifs pour les protéger à long terme. En effet, depuis le 27 juin 2001 (décret 825-2001), la Loi sur les forêts permet de classer « écosystèmes forestiers exceptionnels » certains territoires qui présentent des caractéristiques particulières. Ces forêts sont alors protégées légalement contre toute activité susceptible de les modifier.
En 2002, le Ministère conférait le statut d'« exceptionnel » à une première série de 26 écosystèmes forestiers. Depuis, il a procédé à six autres classements, pour un total de 208 territoires classés « écosystèmes forestiers exceptionnels ». Ceux-ci sont régis fort différemment des territoires forestiers publics environnants puisque les activités d'aménagement forestier n'y sont pas permises. De plus, les activités minières y sont interdites ou assujetties à des modalités particulières.
Par ailleurs, le Ministère joue un rôle continu d'agent d'information et de sensibilisation auprès de ses partenaires (publics et privés) afin de les épauler dans leurs efforts pour conserver les écosystèmes forestiers exceptionnels dont ils sont responsables. Le Ministère ne dispose cependant d'aucun outil juridique qui lui permette d'appliquer une protection légale sur les terres privées. Toutefois, il soutient les efforts de protection des acteurs de la forêt privée, notamment les propriétaires forestiers, les conseillers forestiers et les agences régionales de mise en valeur de la forêt privée. L'inclusion d'une procédure de prise en compte d'éléments de la biodiversité dans les « programmes verglas » du Ministère en est un exemple probant.
Où sont les écosystèmes
forestiers exceptionnels?
Le Ministère a déjà
répertorié pour l'ensemble du Québec
méridional des centaines de sites. Ces sites présentent
les caractéristiques requises pour recevoir le statut
d'écosystème forestier exceptionnel.
Il est intéressant de noter que les terres privées
du Québec abritent plus de la moitié de ces
écosystèmes forestiers exceptionnels potentiels,
même si elles ne représentent que 8 % du
territoire québécois. L'autre moitié
se trouve sur le territoire public et nombre d'entre eux sont
déjà protégés par une loi puisqu'ils
sont situés dans des parcs, réserves écologiques
ou autres aires qui bénéficient déjà
d'un niveau de protection élevé.
Voir également
|